Le projet d'expansion de l'aéroport Roland-Désourdy pourrait poursuivre son chemin si les élus bromontois donnent leur aval à l'achat, par la municipalité, d'un vaste terrain en bordure de piste.

Expansion de l'aéroport Roland-Désourdy: Bromont pourrait dénouer l'impasse

Le conseil municipal de Bromont pourrait dénouer l'impasse dans le projet d'expansion de l'aéroport Roland-Désourdy, récemment stoppé par Granby. Les élus trancheront, en séance extraordinaire lundi, à propos de l'achat par la municipalité du vaste terrain en bordure de piste appartenant à IBM.
La présidente de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-­de-l'Est (RARCE), Sylvie Adam, pilote le dossier d'essor de l'aéroport depuis des mois. Pas question de baisser les bras alors que la ligne d'arrivée se profile à l'horizon. « L'aéroport est un outil de développement économique régional. L'achat de ce terrain est primordial pour sa croissance. C'était donc incontournable de trouver un plan B pour assurer la transaction avec IBM », a indiqué la conseillère du district Adamsville.
La RARCE avait amorcé en 2013 des pourparlers avec le géant informatique pour l'achat d'une parcelle d'environ 1,2 million de pieds carrés adjacent à la piste d'atterrissage, côté est. Le directeur général de la Régie, Robert Blais, avait évoqué en entrevue que l'achat du site était la « seule possibilité » pour l'aéroport de poursuivre son essor.
Le projet d'expansion consiste notamment à inciter de nouvelles entreprises du secteur aéronautique à venir s'implanter sur le vaste site. L'ajout de hangars est aussi dans les cartons. Après un marathon de négociations, IBM a autorisé il y a quelques mois la vente de la parcelle de terrain attenante à son usine, avait dévoilé en primeur­ La Voix de l'Est
La date butoir pour conclure la transaction avec IBM est le 31 décembre.
Obstacle
Toutefois, pour que la vente se concrétise, les élus des trois villes propriétaires de l'aéroport, soit Bromont, Cowansville et Granby, devaient au préalable donner leur aval au règlement d'emprunt de 300 000 $. Bromont et Cowansville ont donné le feu vert, mais les élus de Granby ont brandi le drapeau rouge, prétextant ne plus vouloir soutenir l'aéroport et songer éventuellement à se retirer de la RARCE. 
« Que Granby bloque le projet, ça a été un gros obstacle, a concédé Sylvie Adam. Mais il faut regarder en avant. Et c'est ce qu'on fait. »
Afin de contourner cet obstacle, la RARCE a renoncé à l'achat du terrain pour permettre à Bromont de l'acquérir, sécurisant du coup la transaction puisqu'IBM a accepté de conclure la vente aux mêmes conditions, soit à 0,20 $ du pied carré (un peu plus de 244 000 $), a précisé Sylvie Adam. 
Selon Robert Blais, il s'agit d'une aubaine, car certains aéroports régionaux qui ne disposent que de quelques terrains en bordure de piste les vendent entre 10 $ à 15 $ du pied carré.
« Intelligent et logique »
Le maire de Granby, Pascal Bonin, voit-il cette possible transaction de Bromont comme un pied de nez ? « Pas du tout, répond-il du tac au tac. Je trouve ça très intelligent et très logique. Ça veut dire que Bromont veut perpétuer son aéroport. De toute façon, les taxes engendrées par les immeubles à l'aéroport vont dans leurs coffres. Ça fait partie de leur développement. [...] Et très honnêtement, je pense que Sylvie Adam a fait tout un boulot dans le dossier. Elle croit à la RARCE et à sa ville. Je lui lève mon chapeau. »
De son côté, la mairesse de Bromont est d'avis que l'achat de ce terrain demeure crucial pour l'aéroport Roland-Désourdy. « Ce qu'on veut proposer aux élus, c'est d'acquérir ce terrain, précise Pauline Quinlan. On va voir comment l'aéroport pourrait le racheter de la Ville par la suite. Il faut sécuriser cette transaction pour que l'aéroport puisse vraiment se développer au maximum. Et je pense qu'actuellement, les signaux d'éventuels investisseurs sont très positifs. »