Une ville comme Bromont ou les municipalités avoisinantes sont « très attrayantes ». « Dans un rayon d’une heure de route de Montréal, c’est facile de s’y rendre une à deux fois par semaine tout en ayant des prestations très intéressantes au niveau des prix des résidences, bien inférieurs à ce que l’on retrouve dans un grand centre urbain », relève le directeur du service de l’analyse du marché à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec.
Une ville comme Bromont ou les municipalités avoisinantes sont « très attrayantes ». « Dans un rayon d’une heure de route de Montréal, c’est facile de s’y rendre une à deux fois par semaine tout en ayant des prestations très intéressantes au niveau des prix des résidences, bien inférieurs à ce que l’on retrouve dans un grand centre urbain », relève le directeur du service de l’analyse du marché à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec.

Exode des Montréalais vers les régions: un phénomène bien tangible

On assiste depuis plusieurs mois à un fléchissement marqué des ventes d’habitations à Montréal et en périphérie. La pandémie a accentué le mouvement. Plusieurs de ces ménages migrent vers les régions, confirme l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ). C’est entre autres le cas à Bromont, où les transactions ont bondi de 11 % au second trimestre.

« En mai et en juin, on a senti un engouement pour les propriétés à l’extérieur de la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal. Les zones rurales et de villégiature ont attiré pas mal d’acheteurs, plus qu’en 2019. Le mois dernier, c’était particulièrement flagrant avec une hausse de 79 % des ventes dans ces secteurs », a indiqué en entrevue le directeur du service de l’analyse du marché à l’APCIQ, Charles Brant.

Les statistiques sur la plateforme Centris, qui regroupe la majorité des propriétés à vendre ou à louer par des bannières immobilières au Québec, sont éloquentes : en juin, on y a recensé une hausse de 300 % des clics pour des résidences dans des régions périphériques de Montréal. Concrètement, au 2e trimestre, les ventes d’habitations ont chuté de 36 % dans la région de Montréal. Au cours de la même période, les transactions à l’échelle provinciale ont diminué de 24 %, tandis que les ventes « hors RMR » se sont accrues de 4 % globalement.

De son côté, la région administrative de Granby a enregistré une baisse de 14 % des ventes. La MRC Brome-Missisquoi a toutefois fait bonne figure au cours des trois derniers mois, alors que le nombre d’habitations qui ont changé de mains a augmenté de 2 %. « C’est une agglomération qui a ‘‘surperformé’’ au 2e trimestre », a souligné M. Brant. Outre à Bromont, l’APCIQ a entre autres noté « une explosion des ventes » dans les Laurentides, à Joliette puis à Sorel.

Le directeur du service de l’analyse du marché à l’APCIQ, Charles Brant

Prix, pandémie et télétravail

Selon Charles Brant, l’exode des Montréalais vers les régions est attribuable à trois phénomènes. Le premier est lié à la flambée des prix des habitations, plus marquée depuis 2019, tant sur l’île qu’en périphérie.

Le second point de bascule est la pandémie. « Avec l’arrivée de la COVID, certaines personnes ont décidé de quitter la ville pour chercher la qualité de vie en région. Entre autres en prévision d’une deuxième vague de propagation du virus », a évoqué M. Brant.

Les mesures sanitaires ont également favorisé l’essor du télétravail, ce qui a ouvert la porte à cet exode des grands centres. « Maintenant, il est de plus en plus admis par les corporations de travailler de la maison. La technologie a fait ses preuves et on voit de plus en plus de gens y adhérer », a mentionné le représentant de l’APCIQ.

Dans ce contexte, une ville comme Bromont ou les municipalités avoisinantes sont « très attrayantes ». « Dans un rayon d’une heure de route de Montréal, c’est facile de s’y rendre une à deux fois par semaine tout en ayant des prestations très intéressantes au niveau des prix des résidences, bien inférieurs à ce que l’on retrouve dans un grand centre urbain. »

Selon M. Brant, cet exode pourrait ralentir, mais la tendance devrait se maintenir. « Le travail à distance est là pour rester. Et ce n’est pas à Montréal que les gens trouveront une unifamiliale qui offre plus d’espace, notamment une pièce dédiée au télétravail. Les gens continueront donc de s’orienter vers la banlieue. »

Diversité

À ce jour, aucun type de propriété ne sort du lot comme cible préconisée par les acheteurs de Montréal qui migrent en région. « Certains recherchent une qualité de vie, alors que d’autres cherchent une résidence secondaire, car ils ont été préservés par la crise », a fait valoir Charles Brant.

Ce dernier concède toutefois que le marché des résidences secondaires en région, notamment en Estrie, est très effervescent actuellement. Plusieurs personnes se tournent vers la campagne ou la proximité avec un plan d’eau. Mais le phénomène est trop récent pour dégager des statistiques probantes, a dit M. Brant.

Ressac

Le marché immobilier tourne à plein régime malgré la pandémie. Or, on s’attend à un ressac d’ici la fin de l’année. « On n’a pas encore senti les effets réels de la crise économique. On connaît un phénomène de rattrapage en juin. Plusieurs ménages sont sous perfusion pour le moment avec le PCU (programme canadien d’urgence), mais on assistera malheureusement à des pertes d’emplois. Plusieurs maisons se retrouveront sur le marché. Le plus gros du mouvement devrait avoir lieu en novembre », a indiqué Charles Brant.

On ne s’attend toutefois pas à un « débalancement » du marché, qui avantage actuellement les vendeurs, principalement en raison de la pénurie de maisons à vendre.