Des élèves de 3e secondaire de l’option génie science à l’école J.-H.-Leclerc ont eu l’occasion de plonger dans l’univers de la robotique industrielle, soutenus par une dizaine de professeurs du Cégep en techniques d’ingénierie.

Éveil à l’ingénierie pour des élèves de J.-H.-Leclerc

Vingt-huit élèves de 3e secondaire de l’école Joseph-Hermas-Leclerc ont plongé, jeudi matin, dans l’univers de l’ingénierie et de la robotique. Encadrés par une dizaine d’enseignants en techniques d’ingénierie du Cégep de Granby, ils ont pris goût à ces sciences en manipulant de véritables robots industriels. « C’est vraiment plus l’fun que ce que je pensais », s’est d’ailleurs étonné Ariel Gévry, avec la console de commande d’un robot jaune dans les mains.

Concrètement, il s’agissait pour eux de « simuler une opération de base, consistant à prendre un objet et à le déplacer [avec le robot]. En industrie, à la place de ces petits blocs de bois, le robot permettrait de prendre et de déplacer une carcasse d’auto, par exemple, ou encore de projeter de la peinture », a expliqué Étienne Gévry, enseignant en technologie de l’électronique industrielle, qui est à l’origine de l’activité.

Et les élèves ont visiblement embarqué. « Je ne pensais pas que ça m’intéresserait autant de savoir comment un robot fonctionne », a concédé Ulrig Walkenaere-Foucher. Un peu plus loin, Élizabeth Verville ne laissait pas sa place : « On s’amuse, c’est comme un jeu ! »

Il faut dire que le Cégep dispose d’outils de pointe pour intéresser les élèves à l’univers de la robotique. À 30 000 $ le robot, plus de 250 000 $ d’équipements étaient à la disposition des jeunes. Et avec tous les enseignants présents, les élèves étaient bien pris en charge.

« Je suis toujours impressionnée par l’implication des différents départements d’ingénierie auprès de mes élèves », a indiqué Johanne Villiard, enseignante en 3e secondaire en option génie science à l’école Joseph-Hermas-Leclerc, qui est associée avec le Cégep depuis trois ans.

Plongée dans l’industrie

L’atelier de jeudi matin a permis à ces élèves âgés de 15 à 16 ans de découvrir les trois programmes techniques d’ingénierie du Cégep — électronique industrielle, génie industriel et génie mécanique.

« On veut en faire une activité qui est multiprogramme », a expliqué Richard Robert, enseignant et coordonnateur des programmes de génie industriel et génie mécanique au Cégep.

Ces robots sont typiques de ceux que l’on retrouve dans les entreprises industrielles, précise M. Gévry. « Ce sont les mêmes qu’on trouve chez General Electric ou sur les lignes d’assemblage de BRP à Valcourt, assure-t-il. Pour organiser une activité d’éveil aux sciences, ce n’est pas évident pour les écoles secondaires de disposer de ce type de matériel. »

De plus, les élèves étaient arrivés préparés, puisqu’un professeur d’électronique industrielle était allé les rencontrer pour leur expliquer les différentes utilisations de la robotique en industrie.

L’activité de jeudi matin concentrait des aptitudes faisant référence aux trois programmes proposés par le Cégep de Granby. « Programmer le robot est une des choses que font nos étudiants en électronique industrielle, a indiqué Yannick Cormier, enseignant en électronique industrielle. On leur fait faire aussi des choses en génie industriel — qui consiste à optimiser l’opération en faisant plus vite et mieux. Et il y a la portion génie mécanique, avec la pince ajoutée au bras du robot et la cage de sécurité. »

Besoins criants

Les élèves de J.-H.-Leclerc semblaient reconnaissants de l’opportunité qui leur était offerte. « On est pas mal jeunes pour apprendre ce qu’on fait en ce moment, mais ces sorties nous préparent à plus tard dans la vie », a remarqué Mikiel Ducharme, qui s’imagine ensuite devenir électromécanicien chez General Electric.

Certes, les responsables de ces programmes au Cégep ne comptent pas directement sur ce type d’atelier pour recruter de futurs étudiants. Toutefois, l’établissement est en forte période de recrutement, car les entreprises en ingénierie s’arrachent les étudiants.

« On a un heureux problème, a constaté Marie-France Lortie, enseignante en génie industriel. On a trop de stages (une quarantaine) pour la quantité d’étudiants qu’on peut offrir (une quinzaine). »

L’enseignant Étienne Gévry confirme : « Au lieu d’aller flipper des burgers la fin de semaine, des jeunes se font embaucher par IBM, Teledyne DALSA ou General Electric juste après leur stage de 1re année, pour se faire offrir du travail la fin de semaine. Cette année, les entreprises se rendent tellement compte qu’il y a peu de stagiaires que quand certaines d’entre elles nous ont appelés en janvier, il n’y avait déjà plus d’étudiants de disponibles pour les stages. »

Bref, les débouchés ne manquent pas, et les techniques en ingénierie ont des atouts à faire valoir.

« Dans la région, les ingénieurs qui sont passés par une technique sauvent du temps, gagnent des responsabilités et du salaire aussitôt qu’ils sortent de l’école, mais c’est peu véhiculé comme message », a martelé M. Cormier.

À noter que la date limite pour compléter son dossier de demande d’admission au DEC afin d’être des cohortes de l’automne 2019 est le 29 mai.