Le maire de Bromont, Louis Villeneuve.

Étude sur les sources d'eau potable: Bromont demande l’aide de Québec

L’approvisionnement en eau potable de Bromont suivra-t-il la cadence de la croissance soutenue de sa population, ainsi que des commerces et entreprises situés sur son territoire ? Afin d’obtenir un état de la situation, la municipalité compte mandater l’organisme de bassin versant (OBV) de la Yamaska pour analyser la vulnérabilité de sa source d’eau, en terme de qualité et de quantité. Une demande de subvention auprès du ministère de l’Environnement pour la réalisation de cette étude a été autorisée par les élus, lundi, lors de la séance du conseil.

« Pour l’instant, notre usine de traitement des eaux est à 50 % de sa capacité. Je ne suis pas inquiet. On veut regarder en avant pour être certains que la quantité d’eau sera adéquate pour les années à venir », a indiqué le maire de Bromont, Louis Villeneuve, préconisant le fait d’être proactif dans ce dossier.

En fait, le gouvernement provincial oblige « les municipalités responsables d’un système de distribution d’eau alimentant plus de 500 personnes à transmettre [au ministère de l’Environnement], au plus tard le 1er avril 2021, un rapport présentant les résultats de l’analyse de la vulnérabilité de leurs sources et sites de prélèvement d’eau potable, qu’ils soient alimentés par des eaux souterraines ou par des eaux de surface. »

Cette exigence est liée au Programme pour une protection accrue des sources d’eau potable (PPASEP). Québec dispose d’une enveloppe de 21 millions de dollars pour épauler les municipalités dans la réalisation de ces études, qui devront être renouvelées tous les cinq ans. De son côté, Bromont est assujettie à une aide pouvant atteindre la moitié de la facture globale, jusqu’à concurrence de 90 000 $. Les coûts estimés de l’analyse par l’OBV Yamaska se situent entre 30 500 $ et 38 000 $. Notons que le contrat pourrait être attribué de gré à gré, car il s’agit d’un organisme sans but lucratif.

Changements climatiques

Les conséquences des changements climatiques figurent parmi les principaux points d’interrogation concernant l’approvisionnement en eau potable de Bromont. Les « étiages estivaux de la rivière devraient être plus sévères et devraient durer plus longtemps, selon l’Atlas hydroclimatique 2015 du Québec méridional produit par le Centre d’expertise hydrique du Québec », rapportait La Voix de l’Est en avril dernier. « Il y a des enjeux à plusieurs endroits sur la rivière Yamaska, à Granby, à Cowansville et à Saint-Hyacinthe. Mais il y a une urgence pour la section entre Lac-Brome et Brigham. Il faut trouver des solutions », avait alors indiqué en entrevue Alex Martin, directeur général de L’OBV Yamaska.

Une préoccupation partagée par le professeur Robert Leconte, de l’Université de Sherbrooke. « Toutes les municipalités du sud du Québec qui puisent leur eau brute dans des rivières doivent se préparer à faire face à des approvisionnements plus difficiles, conséquence des changements climatiques », avait expliqué le spécialiste en hydrologie. « Il y a présentement une marge de manœuvre pour assurer l’approvisionnement de la ville, mais la prudence est de mise par l’implantation de stratégies d’adaptation », a fait valoir M. Leconte.

Réservoir

L’idée d’aménager un réservoir d’eau potable à Bromont, le « lac Marchessault », a été évoquée il y a une trentaine d’années. Québec avait toutefois rejeté le projet. Robert et Gérald Désourdy ont néanmoins remis l’initiative à l’avant-scène, interpellant les élus en septembre 2016, se disant notamment inquiets du niveau de la rivière Yamaska. Plusieurs autres citoyens avaient fait de même au fil des ans.

La municipalité de Lac-Brome est également d’avis que Bromont devrait ériger des infrastructures permettant d’emmagasiner l’eau potable, ou du moins trouver une source alternative. « On a une grande responsabilité pour s’assurer que Bromont ait assez d’eau. On essaie de garder le niveau de notre lac le plus haut à l’approche de l’été pour être capable de faire face à des périodes de sécheresse, avait mentionné en entrevue le directeur général de Lac-Brome, Gilbert Arel. Mais on doit faire attention de ne pas inonder nos riverains. [...] Ça serait plus facile pour nous si Bromont avait son propre réservoir. On serait toujours là pour l’aider lors des périodes d’étiages, mais notre marge de manœuvre serait plus confortable. »