Après les quelques mois passés à Whistler, Stéphanie Jean et Gabriel Piette prendront la route vers le Mexique afin de suivre des cours d’espagnol et de plongée.
Après les quelques mois passés à Whistler, Stéphanie Jean et Gabriel Piette prendront la route vers le Mexique afin de suivre des cours d’espagnol et de plongée.

Être nomade... à deux

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Depuis quatre ans, Stéphanie Jean et Gabriel Piette vivent sur la route. Si auparavant le couple partait à l’aventure à bord d’un van, c’est maintenant en campeur qu’il se déplace depuis octobre. Le duo a d’ailleurs mis le cap sur Whistler en Colombie-­Britannique pour travailler afin d’économiser de l’argent et mieux repartir... vers l’Amérique du Sud.

Cet attrait pour l’inconnu ne date pas d’hier pour Stéphanie, qui voyage depuis plusieurs années. C’est en revenant d’un périple de deux ans en Australie qu’elle a rencontré Gabriel, originaire d’East Farnham.

« Je travaillais comme serveuse à Baie-Comeau et Gabriel avait un contrat en foresterie dans la région », se remémore-t-elle. 

Leur rencontre n’a fait que concrétiser le projet qui leur trottait dans la tête depuis quelque temps.

« Sans se connaître, on avait déjà envie de ce mode de vie là. On s’est rapproché comme ça » dit-elle. 

Depuis, le couple travaille de façon intensive durant certaines périodes de l’année pour amasser de l’argent et vivre leur passion à fond de train avec l’amour dans leurs bagages.

Des projets plein la tête

Leur première année de vie commune aura été plutôt stimulante.

Stéphanie et Gabriel ont planifié un trajet de 20 000 kilomètres pour traverser le Canada et les États-Unis au volant d’un Dodge Caravan, affectueusement surnommé Grace.

« On avait seulement un lit en arrière et on n’avait pratiquement rien investi », relève Stéphanie. 

Le couple s’est plus tard envolé vers la Nouvelle-Zélande. Stéphanie et Gabriel y séjourneront près de 10 mois, dans leur tout nouveau bolide — Hope... qui a rendu l’âme avant la fin du périple.

Après avoir économisé suffisamment d’argent, Stéphanie et Gabriel ont fait une immersion en Asie en y visitant sept pays en six mois.

« On a fait 11 000 km en moto », indique Stéphanie alors que le reste du temps, ils l’ont passé sur la route avec leur GMC Savannah qu’ils ont complètement converti pour être autonomes à 100 %.

Au total, ils auront parcouru plus de 100 000 kilomètres à bord de quatre « maisons sur roues » différentes.

La petite dernière ? Un campeur de 26 pieds. 

L’idée d’avoir un espace plus grand est venue lorsque le couple a voulu adopter deux chiens à la SPA de Cowansville : Jack et Wilo.

« À notre retour d’Asie en 2017, on savait que c’était la dernière fois qu’on prenait l’avion avant un bon bout de temps », explique Stéphanie.

« Un tout »

La philosophie de cette vie de nomade embrasse plusieurs intérêts et valeurs pour le duo. 

Elle l’amène non seulement à voyager, mais aussi à dépendre de personne. En étant en mobiles, Stéphanie et Gabriel jouissent de la liberté de profiter du grand air, quand bon leur semble.

« C’est un tout », tranche Stéphanie.

« On pourrait avoir un appartement... partir et revenir, mais on sait que ça ne marcherait pas parce qu’on est des voyageurs lents, poursuit-elle. Avoir un véhicule vient avec la liberté de ne pas avoir de date de retour. »

Gabriel a connu des ennuis de santé qui les ont ramenés au Québec pour quelques mois, en plein hiver. Vivre dans leur van n’aura cependant pas été aussi ardu qu’ils ne l’auraient cru.

« On habitait à Sutton et on avait un bon système de chauffage. Le fait qu’on avait beaucoup de connaissances autour a aussi aidé pour notre approvisionnement en eau », explique Stéphanie, qui travaillait chez Auberge Sutton Brouërie à l’époque.

Vers l’Amérique du Sud

Après les quelques mois passés à Whistler, le couple prendra la route vers le Mexique afin de suivre des cours d’espagnol et de plongée.

« Le but c’est de pouvoir travailler là-dedans et d’aller en Amérique du Sud avec le campeur », indique Stéphanie, estimant que ce projet occupera leur prochaine année.

« On planifie à l’année et jusqu’à présent nos projets ont toujours bien fonctionné en équipe. »

Ensemble

Vivre autant d’expériences à deux dans un espace restreint est évidemment euphorisant, mais implique des compromis.

« Il faut savoir dire à l’autre quand on veut notre espace », rapporte Stéphanie.

Mais le jeu en vaut la chandelle selon eux.

« Tous les souvenirs qu’on a créés ensemble en cinq ans, ça fait des moments intenses et quelqu’un avec qui les partager. »

À ceux qui hésitent à tout abandonner pour vivre sur la route, Gabriel lance d’emblée : « Faites-le ».

« Ça ne convient peut-être pas à tout le monde, mais revenir en arrière est beaucoup plus facile que de faire le grand saut vers l’inconnu. »

Visiblement, pour Stéphanie et Gabriel, le pari a été gagnant.