Une dizaine de patients du CHSLD Vittie-Desjardins seront transférés dans le futur CHSLD de 176 places à Granby.

Errance et démence : transfert de résidents vers le futur CHSLD

Le nouveau CHSLD de Granby accueillera l’ensemble des patients provenant de l’unité prothétique du centre d’hébergement Vittie-Desjardins. Il s’agit d’un ajout au projet de l’établissement de 176 places, qui doit être opérationnel en 2020.

Les problèmes liés à l’errance de gens atteints de démence dans les centres d’hébergement sont monnaie courante, voire en expansion dans plusieurs établissements en raison de l’accroissement du nombre de cas. Le CIUSSS de l’Estrie a donc décidé de centraliser une partie de cette clientèle dans le futur CHSLD qui doit être érigé à Granby.

Une lettre a été envoyée à ce sujet, entre autres, aux proches d’usagers du CHSLD Horace-Boivin (Waterloo). « Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a pris la décision de déménager les services de l’unité prothétique du centre d’hébergement Vittie-Desjardins, au sein du nouveau CHSLD, en plus des résidents du centre Leclerc et du centre d’hébergement de Waterloo », peut-on lire dans une missive de la directrice adjointe du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CIUSSS, Maryse Trudeau, dont La Voix de l’Est a obtenu copie.

Selon nos informations, huit personnes sont hébergées dans cette aile du CHSLD Vittie-Desjardins. L’unité spécialisée pourrait être transformée en espaces de bureau. Il n’a toutefois pas été possible de corroborer cette information, car le CIUSSS de l’Estrie a refusé de commenter le dossier.

« Cette décision fait suite à plusieurs réflexions de la direction, pour améliorer et augmenter l’offre de service auprès de notre clientèle en hébergement, considérant qu’une unité prothétique spécifique sera construite dans le nouveau CHSLD, avec des équipements et un environnement adapté aux besoins particuliers de ces résidents », mentionne également Mme Trudeau via le document remis aux familles d’usagers.

Il n’a pas été possible de valider mercredi si d’autres centres d’hébergement sont touchés par cette centralisation.

Dédales

Initialement, le projet consistait à transférer 64 lits du centre Leclerc, sis à même l’hôpital de Granby, vers le futur CHSLD. On parlait ainsi d’un ajout global de 32 places sur un total de 96. Or, ce nouvel établissement ne répondait pas à l’ensemble des besoins du territoire. Le projet avait donc été bonifié à 198 places, dévoilait La Voix de l’Est en juin 2017.

Toutefois, la construction du centre d’hébergement devait entraîner la fermeture du CHSLD Horace-Boivin, jugé trop vétuste pour une mise à niveau, ce qui avait engendré une vaste levée de boucliers dans la région. Après des mois de tractations, l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a confirmé le 26 janvier que le futur CHSLD à Granby disposera finalement de 176 places. Il a également annoncé le maintien de 22 des 43 lits de soins de longue durée au CHSLD Horace-Boivin, ce qui nécessitera des travaux de l’ordre de 4,8 M $. Si l’on tient compte du transfert de huit personnes de Vittie-Desjardins, ce sont donc un peu plus de 80 nouvelles places qui seront ajoutées à Granby.

Bien que le nouveau CHSLD soit fort attendu, la première pelletée de terre n’est pas au programme avant plusieurs mois. Après de nombreux reports, l’ouverture des enveloppes scellées des deux candidats, soit la Fondation Horace-Boivin et Médifice, a eu lieu à Sherbrooke le 9 octobre. Le CIUSSS de l’Estrie a 90 jours pour octroyer le contrat.

Étant le plus bas soumissionnaire (59,6 M $), la Fondation devrait obtenir le contrat. Le vaste terrain de l’ancienne église Saint-Joseph, situé à l’angle du boulevard Leclerc et de la rue Déragon à deux pas de l’hôpital de Granby, accueillerait donc le centre d’hébergement de six étages.

Toutefois, le dévoilement officiel du gagnant de l’appel d’offres piétine en raison de nombreux dédales administratifs. Le dossier doit au préalable avoir l’aval du CIUSSS. Aucun point concernant le dossier de l’appel d’offres du futur centre d’hébergement n’est prévu à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration de l’organisation, le 12 novembre. Le projet devra ensuite avoir le feu vert de Québec. Selon nos sources, seul l’aspect financier du dossier reste à boucler.

Malgré le prolongement des délais, le président de la Fondation Horace-Boivin, Marc Breton, est d’avis que l’imposant immeuble pourrait être opérationnel pour l’automne 2020. « On ne commencera pas les travaux avant le printemps, c’est certain. Tous les plans mécaniques du bâtiment seront faits cet hiver. Si on a le OK d’ici le début janvier, on pourra respecter l’échéancier. »