Éric Sévigny succédera à Jean Langevin, mort tragiquement dans un accident de kayak en septembre, comme directeur général de Bromont. Il occupe un poste similaire à Waterloo depuis quatre ans.

Éric Sévigny, nouveau directeur général de Bromont

Réunis en séance extraordinaire, mercredi, les élus bromontois ont officialisé l'embauche d'Éric Sévigny au poste de directeur général. Le gestionnaire de 43 ans, qui occupe un poste similaire à Waterloo depuis cinq ans, doit entrer en fonction le 20 mars.
Si le vote du conseil a été unanime, le choix, lui, visiblement ne l'était pas. « Je crois que M. Joyal (NDLR : Richard, qui assurait l'intérim) aurait pu faire un excellent DG », a laissé tomber le conseiller Réal Brunelle. Ce dernier s'est toutefois rallié à la décision de ses collègues, tout en signalant que M. Sévigny « n'était pas son choix au début ».
La mairesse Pauline Quinlan en a remis plus tard en affirmant qu'Éric Sévigny n'était « pas son premier choix » et qu'elle « le lui avait dit » elle-même.
« Quel climat de travail pensez-vous que cela va créer à la Ville ? », l'a questionnée là-dessus le citoyen Robert Désourdy­, en faisant allusion au fait d'étaler ainsi publiquement sa position.
La mairesse a rétorqué en substance que ce n'était pas la première fois qu'elle travaillerait avec un candidat choisi par les élus, et qu'elle le ferait encore.
En entrevue plus tard avec La Voix de l'Est, Pauline Quinlan a refusé de préciser si Richard Joyal avait postulé pour le poste. « Ça fait partie des choses qui sont confidentielles, a-t-elle allégué. Mais je crois aussi qu'il aurait fait un excellent directeur général. »
Feuille de route
Originaire de Magog, le futur DG, Éric Sévigny, est diplômé de l'Université de Sherbrooke en géographie et détient une maîtrise en urbanisme de l'Université de Montréal. Un atout de premier ordre, car Bromont met la touche finale à son plan d'urbanisme pour le faire concorder avec le schéma d'aménagement et de développement de la MRC Brome-Missisquoi. M. Sévigny a également travaillé durant près de 10 ans chez Transports Canada comme analyste, gestionnaire et directeur de programmes de financement, notamment pour les municipalités.
Au terme de l'appel de candidatures qui a pris fin le 21 novembre, une quarantaine de personnes avaient démontré de l'intérêt pour le poste de directeur général de Bromont, avait mentionné la mairesse Pauline Quinlan. « On recherche quelqu'un qui a une scolarité [diplôme universitaire] et une grande expérience dans le monde municipal. On cherche aussi quelqu'un qui est capable de s'exprimer autant en français qu'en anglais. Et évidemment, quelqu'un qui a un intérêt pour une Ville comme la nôtre, qui veut s'améliorer dans sa recherche d'un développement durable. Avec un [slogan] comme « ville branchée », avait-elle fait valoir en entrevue, il va de soi que les candidats doivent maîtriser les technologies. » La municipalité a fait appel à Michel Beaudoin, de la firme de consultants en ressources humaines Beaudoin Jutras, pour épauler les élus dans l'évaluation des postulants. 
Rappelons que le directeur des finances et de l'administration de la Ville, Richard Joyal, assumait l'intérim comme directeur général depuis la mort tragique de Jean Langevin. L'homme de 59 ans a péri le 16 septembre dernier dans un accident de kayak, alors qu'il participait au troisième Circuit bleu Charles-Bruneau pour les enfants atteints de cancer. Il est demeuré coincé sous l'eau plusieurs minutes après que son embarcation eut chaviré dans un secteur de la rivière des Prairies où le courant est très fort. 
Amalgame unique
Éric Sévigny voit le fait d'accéder à la direction générale de Bromont comme une étape charnière dans sa carrière, a-t-il confié en entrevue. Ce qui l'a principalement poussé à proposer sa candidature est « l'amalgame unique » que l'on retrouve au sein de la ville branchée. « Être directeur général de Bromont, c'est le genre de défi qui m'intéresse au plus haut point. C'est une communauté qui offre beaucoup sur le plan de la protection de l'environnement, mais aussi en ce qui concerne l'offre commerciale et touristique. Il y a aussi son complexe industriel qui est très dynamique et bien implanté. En fait, c'est une des rares municipalités qui a ce mix. Et les gestes que les élus ont faits dans tous ces secteurs d'activité au fil des ans, ça me parle. »
Par ailleurs, au cours des dernières années, la direction générale de Bromont a traité plusieurs dossiers tentaculaires aux enjeux de taille. Ce type d'affaires est loin de rebuter Éric Sévigny. « Les enjeux complexes, ça ne m'intimide pas, a-t-il fait valoir. Au contraire, ça me stimule. » En ce qui concerne l'aéroport Roland-Désourdy, sise rue du Ciel à Bromont, le nouveau DG le voit comme « un incontournable outil de développement ». « J'ai travaillé plus de 10 ans chez Transports Canada. Je connais l'importance des infrastructures. Avoir un aéroport régional de cette qualité, c'est un atout majeur et on doit en tirer profit. C'est un facteur d'attraction pour les entreprises qui veulent venir s'établir à Bromont et même dans les villes autour. »
Il ne faut pas s'attendre à tout un remue-ménage lors de l'entrée en poste de M. Sévigny­. Il souhaite plutôt travailler en continuité avec l'équipe en place. « Je ne suis pas le genre de personne à vouloir tout chambouler, a-t-il dit. Je vise une transition en douceur. Je vais devoir m'asseoir rapidement avec Mme Quinlan, le conseil et les cadres pour établir les priorités. »