La ferme Porc-Mignon de Brigham a procédé lundi à un épandage de lisier, en contravention du Règlement sur les exploitations agricoles.

Épandage illégal de lisier à Brigham

Le propriétaire de la ferme Porc-Mignon de Brigham devra expliquer au ministère de l’Environnement pourquoi il a épandu lundi du lisier sur des terres agricoles du chemin Magenta alors que la période d’épandage est terminée depuis le 30 septembre.

« On voit très bien qu’il y a de la neige au sol. Et avec les températures froides qu’on a depuis quelques semaines, c’est clair que le sol est gelé. C’est impossible que le lisier soit absorbé par le sol », soutient un citoyen qui a communiqué avec La Voix de l’Est pour dénoncer la situation. L’homme, qui a demandé qu’on ne révèle pas son nom, a porté plainte la journée même auprès du ministère de l’Environnement.

L’article 31 du Règlement sur les exploitations agricoles stipule que l’épandage « ne peut être fait que du 1er avril au 1er octobre de chaque année » et qu’il « doit être réalisé sur un sol non gelé et non enneigé », peut-on lire. Des matières fertilisantes peuvent être épandues en dehors de cette période, mais un agronome doit approuver le tout.

Or, des épandages tardifs sont parfois autorisés par des agronomes en octobre lorsque les conditions météorologiques des semaines précédentes étaient défavorables, nous a expliqué un agronome. « Des fois, les agriculteurs n’ont pas eu de bonnes fenêtres météo pour épandre. On fait donc le travail plus tard dans l’année, en octobre. Au début du mois de novembre. Mais en décembre! Je n’ai jamais vu ça », a-t-il dit.

Environnement Canada annonce 25 millimètres de pluie vendredi, a ajouté le professionnel.

L’épandage de matières fertilisantes est interdit entre le 30 septembre et le 30 avril parce que les conditions de sol ne sont pas propices à les absorber, explique un agronome consulté. Les risques de ruissellement de ces matières vers des cours d’eau sont très élevés, a-t-il dit.

Plusieurs agriculteurs de la région ont obtenu des plans agroenvironnementaux d’épandage en octobre, indique notre source. « On a des producteurs dont les fosses commençaient à être pleines. Ils ont pu les vider un peu en octobre parce que la température s’y prêtait. On a des années comme ça. »

Rapport attendu

Au ministère de l’Environnement, on confirme avoir reçu une plainte, mais on n’était pas en mesure mercredi de commenter. Le rapport d’inspection était attendu, a dit Daniel Messier, porte-parole du Ministère.

L’épandage de matières fertilisantes est interdit entre le 30 septembre et le 30 avril parce que les conditions de sol ne sont pas propices à les absorber, explique l’agronome consulté. Les risques de ruissellement de ces matières vers des cours d’eau sont très élevés, a-t-il dit.

On ignore quelle quantité de lisier a été épandue ainsi que la superficie touchée.

Le propriétaire de la ferme porcine concernée s’expose à une sanction administrative pécuniaire (SAP) de 750 $ pour une personne physique et à 3500 $ pour une personne morale pour avoir épandu des matières fertilisantes en dehors de la période autorisée, selon le Règlement sur les exploitations agricoles. Il pourrait aussi écoper d’une SAP de 250 $ à 1000 $ s’il ne détenait pas « un plan agroenvironnemental de fertilisation signé par une personne autorisée ».

Les montants recueillis par les SAP sont versés au Fonds vert du gouvernement du Québec.

La ferme porcine appartient à Daniel Bonneau, un producteur agricole de Saint-Ignace-de-Stanbridge. Il n’a pas rappelé La Voix de l’Est mercredi.

Ce que dit l’article 31

« L’épandage de matières fertilisantes doit être réalisé sur un sol non gelé et non enneigé. L’épandage de matières fertilisantes ne peut être fait que du 1er avril au 1er octobre de chaque année. Toutefois, les matières fertilisantes peuvent être épandues après le 1er octobre sur un sol non gelé et non enneigé si l’agronome qui conçoit le plan agroenvironnemental de fertilisation y précise une nouvelle période d’interdiction. De plus, si les matières fertilisantes à épandre sont des déjections animales, la proportion de celles-ci doit être inférieure à 35% du volume annuel produit par le lieu d’élevage. »

Source: Règlement sur les exploitations agricoles