Chantal Lacroix a clôturé la journée Vivre l’entrepreneuriat en Haute-Yamaska, qui se tenait jeudi dans le cadre de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat, avec sa conférence « N’attends pas le bonheur, crée-le ».

Entrepreneuriat: maintenir le cap malgré l’adversité

Une soixantaine d’entrepreneurs de la région prenait part à la journée Vivre l’entrepreneuriat en Haute-Yamaska, dans le cadre de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat, jeudi. Tout au long de la journée, ils ont pu assister à des conférences, un panel sur la pénurie de main-d’œuvre et un atelier sur la façon de rayonner sur le web.

Cette journée spéciale, qui était tenue sous cette formule pour la deuxième année consécutive, « sert principalement à aider les entrepreneurs à sortir de chez eux, à réseauter, à avoir la possibilité d’entrer en contact entre eux, à créer des liens et ce qu’on appelle des heureux hasards (sérendipité) », explique Andréanne Daigle, conseillère aux entreprises chez Entrepreneuriat Haute-Yamaska, maître d’œuvre de la journée.

La journée se terminait avec la conférence « N’attends pas le bonheur, crée-le » avec Chantal Lacroix et un 5 à 7 de réseautage.

Mme Lacroix en a déjà long à raconter sur son parcours d’entrepreneure et de productrice télé. Et pourtant, elle le dit elle-même, elle continuera à vivre des aventures et à apprendre dans les années à venir.

« Encore à 53 ans, je pars de nouvelles entreprises, je me lance encore des défis, je me challenge

encore même en télé comme productrice, affirme-t-elle en entrevue avec La Voix de l’Est. Mes shows de télé ne durent jamais plus de trois ans à part l’exception de Donnez au suivant que j’ai ramené à quelques reprises. J’ai un besoin de sortir de ma zone de confort, d’oser de nouvelles choses. C’est comme ça qu’on grandit, qu’on se sent en vie. Et qui ne risque rien n’a rien. »

L’histoire qu’elle raconte commence tôt. À huit ans, elle perd l’ouïe de son oreille droite et commence à avoir des problèmes d’élocution. Mais son rêve, c’est d’être animatrice à la télévision. À 14 ans, l’orienteur de son école lui dit que ce sera impossible pour elle puisqu’elle prononçait mal certaines syllabes.

« J’étais arrivée à la maison en pleurant. Mes parents auraient pu me dire que l’orienteur savait ce qu’il faisait. Ma mère m’a plutôt dit : “c’est ça que tu veux faire, on va se serrer la ceinture, on va te payer des cours de prononciation, mais on va faire un pacte. À partir de maintenant, je ne veux plus jamais de ta vie t’entendre dire le mot impossible”. J’ai des gens dans ma famille qui ont été des éléments phares. »

Ces encouragements lui ont permis de réaliser ses rêves.

Se souvenir de ses rêves

La famille de Chantal Lacroix a en effet joué un grand rôle dans ce qu’elle est aujourd’hui.

Son père lui a dit plusieurs choses importantes dans sa vie, mais elle retient surtout deux phrases. La première est « choisie un travail que tu aimes et tu n’auras jamais le sentiment de travailler un seul jour de ta vie. »

« Et ça, il a mauditement raison. Il m’est arrivé beaucoup d’épreuves financières. Quand tu aimes ce que tu fais, t’es tellement plus vite en mode solution parce que t’as juste hâte de recommencer à faire ce que tu aimais faire. »

Elle s’est rappelé cette maxime chaque fois qu’elle a « mangé des claques sur la gueule. Et j’en ai mangé une coupe financièrement. On dirait que j’ai un karma », ajoute-t-elle en riant.

Son plus grand revers financier est une dette de 1.3 M $ qui a découlé de la faillite de TQS. Elle avait une émission hebdomadaire en ondes et devait continuer de la réaliser et de payer son personnel.

Durant sa conférence, elle relate à quel point plusieurs de ses projets télévisuels l’ont endettée, même temporairement, à commencer par Parti pour l’été et SOS beauté. Même la production de son premier livre, Maigrir 1, l’a laissée avec des dettes en raison de la faillite du distributeur. Or, elle s’est toujours relevée.

La deuxième phrase de son père est « quand ça devient difficile, souviens-toi pourquoi tu as commencé ».

« Si tu as commencé quelque chose au départ, c’est parce que ça t’allumait, t’avais envie de te lancer ce défi-là. Tu en rêvais et personne n’a dit que d’accéder à ses rêves se faisait les deux doigts dans le nez. »

Rencontre marquante

Elle était aussi à la journée Vivre l’entrepreneuriat en Haute-Yamaska pour partager des leçons de vies qu’elle a pu tirer de certaines rencontres marquantes. La femme d’affaires, productrice et animatrice assure que les gens qu’elle rencontre lui en apprennent souvent beaucoup.

Mme Lacroix donne en exemple Jolyane Fortier, jeune maman en fin de vie. Elle l’a rencontrée pour le tournage de la première émission de On efface et on recommence, une émission créée à l’intention des propriétaires qui ont dû abandonner des travaux de rénovation en raison de dures épreuves. L’épreuve de Jolyane Fortier était de taille puisqu’elle était en phase terminale d’un cancer.

« Elle est venue ébranler quelque chose chez moi. Elle est décédée avant qu’on ait eu la chance de lui montrer le projet terminé. La raison pourquoi elle m’a le plus marquée, c’est qu’elle était en fin de vie et elle avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles. La première chose qu’elle m’a dite, c’est qu’elle voulait que personne ne pleure en sa présence. Elle voulait que sa vie soit belle jusqu’à la dernière seconde. »

Mme Lacroix disait déjà en conférence qu’on a toujours le choix dans la vie. La façon de voir les choses de Mme Fortier a ajouté une profondeur puisque « même quand on pense qu’on n’en a pas, on a toujours le choix de l’attitude qu’on a. Jusqu’à notre dernier souffle. Elle a été incroyable. »