À la suite de la ratification de l’AECG avec l’Europe et de l’Accord de PTPGP avec l’Asie, le gouvernement libéral fédéral avait annoncé des mesures compensatoires totalisant 3,9 milliards de dollars pour les producteurs agricoles canadiens pénalisés par ces brèches dans la gestion de l’offre.
À la suite de la ratification de l’AECG avec l’Europe et de l’Accord de PTPGP avec l’Asie, le gouvernement libéral fédéral avait annoncé des mesures compensatoires totalisant 3,9 milliards de dollars pour les producteurs agricoles canadiens pénalisés par ces brèches dans la gestion de l’offre.

Entrée en vigueur de l’ACEUM: des députés bloquistes exigent des compensations

Alors que le nouvel accord de libre échange liant le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) est entré en vigueur ce mercredi, les députés bloquistes de Shefford et de Saint-Hyacinthe-Bagot, Andréanne Larouche et Simon-Pierre Savard-Tremblay, réclament d’Ottawa qu’il verse enfin les compensations monétaires promises aux producteurs agricoles québécois, pénalisés par le remplacement de l’ALENA.

Les deux élus joignent leur voix à celle de leur collègue de Berthier-Maskinongé et porte-parole en matière d’agriculture, d’agroalimentaire et de gestion de l’offre, Yves Perron. Tous trois demandent à ce que les producteurs agricoles de la belle province soient indemnisés à la hauteur des pertes qu’ils subiront en raison de l’entrée en vigueur du nouvel accord de libre-échange.

«Dans un monde idéal, on en serait venus à une entente qui n’aurait pas pénalisé nos producteurs, ce qui n’aurait pas nécessité des compensations», indique M. Savard-Tremblay.

À la suite de la ratification de l’Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Europe et de l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) avec l’Asie, le gouvernement libéral fédéral avait annoncé des mesures compensatoires totalisant 3,9 milliards de dollars pour les producteurs agricoles canadiens pénalisés par ces brèches dans la gestion de l’offre, dont tout près de deux milliards de dollars destinés spécifiquement aux producteurs laitiers.

Cet hiver, ceux-ci ont bel et bien reçu un chèque, dont le montant était proportionnel à la taille de leur cheptel, pour une somme moyenne de 28 000$, mais le second versement de leur indemnité ne leur a toujours pas été versé à ce jour, déplorent les députés, dont les circonscriptions comptent un nombre important de producteurs agricoles de tout acabit. Les autres producteurs n’ont pas encore touché leur compensation.

«Depuis plusieurs mois, des producteurs de ma circonscription me font part de leur déception et de leurs angoisses, et ils ne doivent pas être les seuls dans une telle situation. Il serait temps que le gouvernement tienne sa promesse et remplisse son engagement envers nos producteurs, qui attendent leur dû. C’est sans compter qu’ils devront également être compensés pour les pertes à prévoir par l’ACEUM», indique Mme Larouche.

Pertes importantes

Ces pertes ne sont pas encore chiffrées, mais les deux bloquistes s’attendent à un montant égal, sinon supérieur à celui des compensations annoncées pour l’AECG et le PTPGP. «Le gouvernement s’était engagé à donner des compensations, mais on n’a toujours pas les détails, rappelle la députée de Shefford. On parle d’une perte de parts de marchés d’environ 3,5% qu’il faudra compenser.»

«C’est très long compenser les producteurs, si on se fie aux accords précédents, alors il faut arrêter de niaiser», renchérit M. Savard-Tremblay.

Déjà, dit-il, l’ACEUM entraîne des pertes de 100 millions de dollars aux transformateurs de produits laitiers du pays, une somme astronomique dont une partie aurait pu être épargnée, n’eût été l’empressement du gouvernement fédéral à ratifier l’entente. «Si on avait attendu ne serait-ce que quelques jours pour la ratifier, on aurait pu s’arrimer avec le début de l’année financière des producteurs, qui commence le 1er août», clame-t-il.

Outre les producteurs laitiers, les producteurs d’oeufs et de volaille devront être dédommagés pour les pertes entraînées par l’entente commerciale nord-américaine, qui demeurent elles aussi à être chiffrées, martèle le porte-parole en matière de commerce international.

Les élus bloquistes invitent la population à  favoriser les produits laitiers canadiens. Environ 40% du volume canadien de lait est produit au Québec, où «l’industrie de la production laitière emploie 83 000 personnes et génère des revenus de 1,3 milliard à l’État, calcule M. Savard-Tremblay. Notre industrie est également l’une des plus écoresponsables du monde et notre système est un modèle.»