Jean Papineau est président de la section locale de Granby de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec.

Entente de principe entre paramédics et employeurs

La Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ) et la Corporation des services d’ambulance du Québec (CSAQ) en sont arrivés à une entente de principe, le 30 décembre, après plus de deux ans de négociations, a annoncé à La Voix de l’Est le président de la FTPQ, section Granby, Jean Papineau. Même s’il n’en connait pas encore les détails, c’est un pas en avant qui le réjouit.

« On ne savait plus comment le conflit allait se terminer, confie M. Papineau, qui représente près d’une soixantaine de paramédics. C’est un des plus longs conflits qu’on avait vus. » Les paramédics sont sans contrat de travail depuis mars 2015. La grève avait été déclenchée en janvier 2017 devant l’impasse dans les négociations.

Une réforme est venue brouiller les cartes au moment d’entreprendre les négociations puisque le gouvernement n’intervient plus, ce qui était le cas auparavant. 

« On était toujours entre deux feux. C’était compliqué de savoir à qui faire nos revendications, déplore le paramédic qui travaille pour l’entreprise Dessercom à Granby. Les employeurs ont réussi à s’entendre avec le gouvernement et ils ont dû avoir une enveloppe pour ensuite régler avec les employés », suppose-t-il.

Selon lui, le ministère de la Santé et des Services sociaux ne reconnaît plus les paramédics comme étant des employés de l’État, à l’exception des employés d’Urgence-Santé à Montréal et à Laval. C’est pourquoi la réforme aurait eu lieu. Pourtant, les employeurs reçoivent un budget de l’État pour ensuite négocier avec les syndicats.

« Le gouvernement a décidé de changer la dynamique de négociation des conventions sous prétexte que les employeurs avaient amplement d’argent pour négocier avec nous parce qu’on n’était pas des employés de l’État. [...] On serait des sous-traitants pour le gouvernement, à part Montréal et Laval. C’est clair qu’il veut faire deux classes de paramédics. À nos yeux, ça n’a pas de sens. »

Vote dans les casernes

Les détails de l’entente de principe ne sont pas encore connus. Ils seront dévoilés dans les différentes casernes représentées par la FTPQ, préalablement au vote des syndiqués. M. Papineau croit que les résultats du vote pourraient être similaires à ceux de Montréal, soit 62 %, parce que les clauses devraient se ressembler.

Même s’il a hâte de voir ce que proposent les employeurs, il se dit très heureux que la FTPQ et la CSAQ en soient venues à une entente de principe. Les négociations « ont pourri l’ambiance. L’employeur et les employés, on travaille ensemble et ça fait des dommages collatéraux. Et on est content de pouvoir passer à autre chose et à un autre combat. Mais dans un an et demi, c’est à recommencer. Il va falloir­ que ce soit plus rapide à régler ».

Certains moyens de pression ont été levés. Par exemple, les employés de Dessercom n’appliqueront plus de gouache sur les ambulances, les communications reviendront à la normale et ils complèteront les documents reliés à la facturation. Par contre, ils conservent pour le moment la peinture déjà appliquée — elle part facilement à l’eau et n’abime pas les véhicules, précise M. Papineau — et les pantalons dépareillés.

Les bureaux de la CSAQ étaient fermés au moment de mettre sous presse.

DEUX AMBULANCES SUPPLÉMENTAIRES DEMANDÉES

Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, cinq ambulances des entreprises voisines sont venues à Granby, selon Jean Papineau. « On a un grand manque ! »

Le combat qu’il faut mener en priorité pour améliorer le secteur préhospitalier est l’ajout de deux ambulances à Granby, selon le président de la section locale de Granby de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ).

Celui-ci déplore qu’il n’y ait que trois ambulances sur la route en journée et deux durant la nuit. « Ce n’est pas normal qu’en 15 ans, on ait le même nombre de ressources ambulancières alors que la région grandit. »

M. Papineau reproche que le manque d’effectifs et d’ambulances autorisés par le ministère de la Santé et des Services sociaux mène à des situations où plus aucun véhicule ne peut répondre aux appels de citoyens. Ce sont alors les collègues de Waterloo, d’Acton Vale ou de Cowansville qui prennent le relais, mais eux-mêmes doivent ainsi délaisser leur territoire lors de ces appels. 

Dessercom s’occupe des territoires de Granby, Sainte-Cécile-de-Milton, Roxton Pond, Saint-Paul-d’Abbotsford et Saint-Alphonse-de-Granby, ce qui représente près de 78 000 personnes. C’est sans compter les centaines de milliers de touristes qui visitent la région et qui ne sont pas pris en compte pour établir le nombre d’ambulances. 

Cette revendication auprès du MSSS se fait en collaboration avec l’employeur depuis un an et demi. « Ce n’est pas néfaste non plus pour l’employeur. La population a besoin d’un meilleur service que ça. »