L’école secondaire de la Haute-Ville pratique déjà l’enseignement à distance un jour sur deux. «Le côté humain, le social, reste l’élément le plus manquant», dit la directrice Hélène Deslandes. Mais les élèves «en sont venus à la réflexion qu’en le faisant, ils protégeaient leurs proches», ajoute l’enseignante Isabelle Chevrette.
L’école secondaire de la Haute-Ville pratique déjà l’enseignement à distance un jour sur deux. «Le côté humain, le social, reste l’élément le plus manquant», dit la directrice Hélène Deslandes. Mais les élèves «en sont venus à la réflexion qu’en le faisant, ils protégeaient leurs proches», ajoute l’enseignante Isabelle Chevrette.

Enseignement hybride : l’école de la Haute-Ville comme en zone rouge

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Confrontée à un manque d’espace, l’école de la Haute-Ville, à Granby, fonctionne déjà comme le feront bientôt les établissements secondaires situés en zone rouge : les élèves de niveau 4 et 5 font l’école à distance un jour sur deux.

«Dans un monde idéal, on serait à 100 % avec nos élèves en classe», souligne la directrice de l’école, Hélène Deslandes. Mais cette décision a été prise en début d’année scolaire parce que les locaux se faisaient rares pour respecter toutes les consignes sanitaires.

«J’ai converti des salles d’informatique, de technique et de danse en salles de classe, mais malgré tout, on manquait d’espace», indique Mme Deslandes.

L’idée fut donc retenue de faire «l’enseignement à distance partiel», ou enseignement hybride, ce que ne fait aucune autre école secondaire du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.

«Au début, les élèves n’étaient pas contents», admet l’enseignante Isabelle Chevrette, qui est aussi personne-ressource en informatique à Haute-Ville, des employés appelés Répondants en application pédagogique des ordinateurs (ou REAPO pour les intimes).

«Mais ils en sont venus à la réflexion qu’en le faisant, ils protégeaient leurs proches.»


« Le côté humain, le social, reste l’élément qui manque le plus aux élèves. C’est pas pareil. On le fait parce qu’on veut éviter d’aller en fermeture complète d’école. »
La directrice de l’école de la Haute-Ville, Hélène Deslandes


Défis

Pour les enseignants, cette formule nécessite plus de préparation. Et la direction préfère qu’ils travaillent de l’école lorsque leurs élèves sont à distance, dans un local aménagé pour ça, ce qui ne fait pas l’affaire de tous. Et gérer une classe de cette façon apporte son lot de défis.

«À l’écran, c’est un autre monde», dit Mme Deslandes.

La vigilance est de mise. Cela dit, la plupart des professeurs y voient un avantage pour leurs élèves, mentionne Mme Chevrette. À l’aube de leur passage au cégep, ceux-ci seront déjà rompus à l’exercice du travail à distance — une réalité qui ne disparaîtra pas de sitôt.

«C’est une belle opportunité de s’adapter avant tout le monde», dit la REAPO. Mais elle convient que le rythme d’apprentissage est «beaucoup plus lent» de cette façon, quoiqu’il l’est aussi dans les classes régulières compte tenu des mesures sanitaires à respecter et du rattrapage à faire après le confinement du printemps dernier.

Les distractions sont partout, même en classe, mais à distance les élèves sont «maîtres de leur attention».

«Il faut faire preuve d’adaptation et les garder impliqués, dit Isabelle Chevrette. Ils préfèrent être en présentiel, mais certaines choses se font très bien virtuellement, comme regarder un vidéo et en faire l’analyse. Il y a des bons et des mauvais côtés.»

Au besoin, le retour en classe, le lendemain, permet d’éclaircir les apprentissages.

Horaire

L’horaire ainsi fractionné — avec rotation entre les jours en classe et à distance après chaque cycle de neuf jours — n’a semble-t-il pas amené plus de problèmes que d’habitude. «Je pensais que ça serait plus complexe, mais les élèves sont pas mal bons, dit la REAPO. J’ai pas constaté plus d’oublis ou que beaucoup d’élèves se soient trompés de jour. C’est pas pire qu’avant!»

«La routine finit par s’installer, dit Hélène Deslandes. Mais le côté humain, le social, reste l’élément qui manque le plus aux élèves. C’est pas pareil. On le fait parce qu’on veut éviter d’aller en fermeture complète d’école.»

Si ça arrive, Haute-Ville aura une certaine avance, dit la directrice. «Pour nous, ça ne serait pas stressant!»