L’accusé aurait participé à l’enlèvement d’une jeune fille de 12 ans à Sutton en 2018. La victime avait été séquestrée pendant plusieurs heures dans une demeure alors inhabitée avant de profiter de l’absence de ses ravisseurs pour prendre la fuite.

Enlèvement d'une jeune fille à Sutton: Jean-Pierre Bellemare veut se représenter seul

Malgré la pluie d’accusations dont il fait maintenant l’objet, l’homme accusé d’avoir notamment enlevé une jeune fille de 12 ans à Sutton, en septembre 2018, souhaite se défendre sans avocat.

Jean-Pierre Bellemare, 53 ans, en a fait l’annonce lors de son dernier passage en cour, mercredi. Il dit avoir congédié son précédent avocat parce que ses recommandations lui « causaient préjudice ».

« Je ne veux pas plaider coupable », a précisé l’homme barbu du box des accusés.

Pour la poursuite, Me Valérie Simard-Croteau a divulgué une partie de la preuve à l’accusé. Volubile, M. Bellemare a ensuite fait plusieurs demandes, dont celle d’être entendu devant juge et jury et ailleurs qu’à Granby à cause de la « médiatisation » de l’affaire.

Cette dernière requête devra être formulée au juge de la Cour supérieure qui entendra la cause, lui a indiqué le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec.

L’accusé a également renoncé à son enquête sur caution et à son enquête préliminaire. Il reste donc détenu en attendant la suite des procédures.

Jean-Pierre Bellemare

Nouvelles accusations

Plus tôt cet automne, 23 nouvelles accusations ont été déposées contre M. Bellemare pour des gestes qu’il aurait commis deux mois avant les événements de Sutton.

On lui reproche notamment d’avoir agressé sexuellement deux employées d’une maison de transition de Montréal, en juillet 2018. Les deux victimes auraient été menacées à la pointe d’une fausse arme à feu pendant leur agression, et l’accusé, cagoulé, les aurait ensuite aspergées de poivre de Cayenne avant de s’enfuir. 

Il aurait même demandé à l’une d’elles d’ouvrir les yeux juste avant afin de lui faire plus mal.

Un peu plus tard, M. Bellemare aurait également commis une violente introduction par effraction, doublée d’une séquestration, dans un autre dossier à Montréal. Des accusations de fraudes commises à Longueuil pèsent aussi contre lui.

En tout, il fait présentement face à 38 accusations criminelles et s’expose à une peine de prison à perpétuité.

Son complice allégué dans l’enlèvement de Sutton, Jean-Guy Vallières, s’est pour sa part montré ouvert à plaider éventuellement coupable lors de sa dernière comparution, lundi. L’homme de 55 ans doit revenir devant le tribunal en janvier.

Antécédents

Jean-Pierre Bellemare a passé la majeure partie de sa vie en prison pour sa participation à un rapt similaire à celui de Sutton, mais commis aux dépens du fils d’un policier de Laval en 1986. Là aussi, il avait exigé une rançon, mais la victime avait réussi à s’échapper. Il a aussi commis plusieurs autres infractions.

Depuis sa sortie de prison, il s’était apparemment rangé, écrivant pour des magazines communautaires et faisant du bénévolat. Il a aussi fait l’objet d’un épisode de l’émission Deuxième chance, sur les ondes de Radio-Canada, où il avait demandé pardon au père et à la victime de l’enlèvement de Laval.

À Sutton, la jeune fille de 12 ans, cueillie alors qu’elle attendait l’autobus scolaire, avait été séquestrée et ligotée pendant plusieurs heures dans une maison inhabitée. L’adolescente avait profité de l’absence de ses ravisseurs pour prendre la fuite. Elle avait subi un choc nerveux.

M. Bellemare avait été arrêté au lendemain de ce crime, soit le 20 septembre 2018, alors qu’il tentait de fuir aux États-Unis. La présence de sacs contenant plusieurs objets dont des armes à feu, un couteau et un masque avait mis la puce à l’oreille d’un douanier américain.