Jean-Pierre Bellemare aurait enlevé une fillette de 12 ans et l'aurait séquestrée dans une maison inhabitée de Sutton avant de demander une rançon.

Enlèvement à Sutton: le ravisseur présumé comparaîtra mardi

Le présumé ravisseur qui aurait kidnappé une fille âgée de 12 ans, en septembre dernier à Sutton, a finalement été arrêté vendredi par la Sûreté du Québec. Jean-Pierre Bellemare a été accusé d’enlèvement, de séquestration et d’extorsion. Il devra faire face à la justice mardi prochain au palais de justice de Granby.

L’homme de 52 ans est connu à la fois des policiers, pour sa carrière criminelle bien remplie, mais également dans le milieu du journalisme communautaire.

Jean-Pierre Bellemare serait ainsi au centre de l’enlèvement survenu à Sutton le 19 septembre dernier.

Une jeune fille de 12 ans avait alors été enlevée à bord d’un véhicule de type Econoline par deux suspects.

Ceux-ci auraient séquestré l’enfant pendant quelques heures dans une résidence inhabitée du chemin des Fougères. La jeune fille aurait réussi à s’échapper. Elle aurait subi un choc nerveux, mais elle n’aurait pas été agressée lors de l’événement.

Le motif de cette affaire demeure nébuleux. Les premières hypothèses de l’enquête laissent croire que les ravisseurs auraient demandé une rançon à la famille de la jeune fille. Sa mère est une employée de la Banque CIBC de Knowlton. Un élément que la Sûreté du Québec ne confirme pas pour le moment.

Cueilli à la frontière

L’accusé, Jean-Pierre Bellemare, a été cueilli à la frontière américaine par la SQ vendredi. 

Selon La Presse, il aurait quitté le Canada le lendemain de l’enlèvement, le 20 septembre. Les agents frontaliers américains, au Vermont, avaient alors fouillé son véhicule. Ils y avaient trouvé une arme, une réplique d’arme à feu, ainsi que des objets qui auraient pu servir à l’enlèvement, comme un masque d’Halloween. Il a plaidé coupable à une accusation d’avoir apporté illégalement une arme à feu et des munitions aux États-Unis. 

Ce sont d’ailleurs les autorités américaines qui ont remis l’homme aux enquêteurs canadiens à la fin de sa peine, vendredi, en vertu d’un mandat d’arrêt.

Déjà vu

Cette affaire impliquant Jean-Pierre Bellemare donne une impression de déjà vu. L’homme originaire de Montréal possède un casier judiciaire à faire rougir bien des malfaiteurs.

C’est d’ailleurs une affaire semblable à celle survenue à Sutton qui l’aurait conduit pour la première fois derrière les barreaux. En 1986, alors qu’il n’avait que 19 ans, il avait été arrêté avec un complice pour l’enlèvement du fils d’un policier à Laval. Selon La Presse, il aurait à l’époque demandé une rançon de 30 000 $, mais l’enfant de 13 ans se serait échappé.

Il a d’abord écopé d’une sentence de 12 ans, aggravée par son évasion de prison puis par un vol de banque. Au final, il devait purger 26 ans derrière les barreaux.

Il aurait été emprisonné à l’Institut Leclerc ainsi qu’à la prison de Cowansville.

L’enquête des crimes majeurs de la SQ concernant l’enlèvement de la jeune fille en septembre se poursuit. « On n’exclut pas le dépôt d’autres accusations », a indiqué le sergent Daniel Thibodeau, porte-parole de la SQ.

Poète

Son arrestation en a surpris plusieurs, car Jean-Pierre Bellemare semblait avoir les outils nécessaires pour reprendre sa vie en main.

En prison, l’homme avait appris à manier les mots. Sous les conseils de Raymond Viger, poète, essayiste et travailleur de rue lié à plusieurs projets communautaires montréalais, il a collaboré au journal de la rue Reflet de société.

La qualité de ses chroniques lui a même valu plusieurs mentions lors des congrès de l’Association des médias communautaires du Québec (AMECQ), notamment en 2008 et 2012.

L’auteur y relate entre autres sa vie en prison, ses espérances et ses inquiétudes.

Le chroniqueur Patrick Lagacé a même consacré deux chroniques au prisonnier de Cowansville, en septembre 2008 et avril 2009.

Raymond Viger n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de La Voix de l’Est.

— Avec La Presse

Jean-Pierre Bellemare a contribué au journal Reflet de société.