La ministre du Développement économique, Mélanie Joly (au centre) a pu se familiariser avec les différentes étapes de production du Fat Truck.
La ministre du Développement économique, Mélanie Joly (au centre) a pu se familiariser avec les différentes étapes de production du Fat Truck.

Engouement pour le Fat Truck: Zeal Motor tourne à plein régime

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Près d’un an après le lancement officiel du Fat Truck, l’usine de Zeal Motor a des allures de fourmilière, a pu constater la ministre du Développement économique Mélanie Joly, lors de son passage mercredi dans les locaux de la jeune entreprise établie à Bromont. Alors que le carnet de commandes pour le véhicule tout-terrain aux roues surdimensionnées se remplit à vitesse grand V, l’équipe planche déjà sur de nouveaux projets.

La dernière année a été ponctuée de tests pour peaufiner le véhicule jusque dans les moindres détails. En parallèle, l’équipe de Zeal Motor a mis en place la chaîne de fabrication, qui s’est mise en branle il y a trois mois.

« Depuis septembre, on est en phase d’accélération. Ça devrait se poursuivre jusqu’à la fin janvier. Notre objectif est de construire un véhicule par jour », a indiqué en entrevue le président et cofondateur de la compagnie, Maxim O’Shaughnessy.

Le lancement de l’entreprise a par ailleurs été possible grâce au support des deux paliers gouvernementaux. Québec a octroyé, via le Programme Exportation, une subvention de 54 300 $, tandis qu’Investissement Québec a accordé une garantie de prêt de 150 000 $. Ottawa a donné 150 000 $, via le Conseil national de recherches du Canada, pour le développement du prototype du véhicule. À cela s’ajoute un prêt de 219 000 $ de Développement économique Canada (DEC), notamment pour la commercialisation des produits de l’entreprise.

Par ailleurs, des pourparlers sont en cours pour que l’aide de DEC soit bonifiée afin de permettre à Zeal Motor de poursuivre son essor, a confirmé en mêlée de presse la ministre Joly, qui était également à Bromont pour discuter des enjeux économiques régionaux avec des gens d’affaires et des représentants d’organismes œuvrant dans ce créneau.

Réseau

Le volet logistique prend une place prépondérante dans les opérations de Zeal Motor. En fait, les quelque 1000 pièces à assembler pour construire un Fat Truck proviennent de 12 fournisseurs différents.

« Notre modèle d’affaires est basé sur le réseautage dans la grappe industrielle au Québec. Ce sont des partenariats qui contribuent à créer plusieurs emplois », a mentionné M. O’Shaughnessy.

D’ailleurs, les effectifs ont également connu un boom au sein de la compagnie. « Au départ, on était une dizaine et on est maintenant 30. En trois semaines, on a embauché 18 mécaniciens-assembleurs. »

Le président de Zeal Motor, Maxim O’Shaughnessy

Yves Letarte, qui fait partie de l’aventure depuis le jour un, a été témoin de cette croissance. On peut même dire qu’il a été un acteur privilégié de l’éclosion du projet, car il a construit la première maquette en bois à l’échelle, à l’aide d’un plan 3D. C’est avec fierté qu’il prend la mesure du chemin parcouru.

« C’est formidable de voir la progression de la compagnie depuis près d’un an et demi, a-t-il confié. C’est vraiment génial de travailler pour une belle entreprise comme celle-là. Tout est réuni pour avoir du succès. On va augmenter la cadence parce que les ventes sont là. Ça bouge vraiment très vite. »

À ce jour, Zeal Motor a conclu des ententes de distribution avec 16 concessionnaires. L’un d’eux est en Norvège. Une dizaine sont implantés aux États-Unis, le principal marché (80 %) de la compagnie. Puis le Canada est « couvert d’est en ouest », a indiqué le président de l’entreprise.

Selon Maxim O’Shaughnessy, Hydro-Québec « a une intention ferme » d’acquérir une flotte de Fat Truck. Par ailleurs, 80 % de la clientèle évolue dans le domaine industriel. L’engouement pour le flamboyant véhicule tout-terrain est aussi bien présent dans la sphère récréative, a-t-il fait valoir.

Projets

Plusieurs points font en sorte que le Fat Truck est unique. Tout d’abord, sur le plan de la logeabilité, il peut accueillir huit passagers. L’équipe de Zeal Motor a aussi intégré des portions coulissantes à même la grande surface vitrée, offrant ainsi une bonne visibilité à 360 degrés. De plus, on le dirige par le biais d’une manette lorsqu’on prend place à son bord. On peut également le télécommander.

Notons aussi que le véhicule, capable de gravir ou descendre des pentes de 35 degrés, est propulsé par un moteur quatre cylindres turbo diesel de 2,2 litres développant 67 chevaux. Ce dernier est couplé à une transmission hydrostatique, contrairement aux boîtes manuelles offertes sur le marché.

La décélération se fait par l’entremise du rouage d’entraînement. Des freins à disque immobilisent le véhicule. Autre fait saillant, le mastodonte de 4900 livres (à vide) offre une pression au sol extrêmement basse. On parle de 1,4 psi avec une charge de 2000 livres, précise l’entreprise.

Parmi les projets « d’ici deux à trois ans », Zeal Motor veut développer une gamme complète de véhicules. Une étude de marché a été lancée en ce sens. « On a aussi d’autres idées pour des produits différents du Fat Truck, a souligné Maxim O’Shaughnessy. On veut écouter nos clients industriels pour trouver des avenues inexplorées. »

Plusieurs points font en sorte que le Fat Truck est unique, entre autres sur le plan de la logeabilité, alors qu’il peut accueillir huit passagers.

La compagnie pourrait également devoir déménager dans un avenir rapproché. « Aussitôt qu’on aura un nouveau produit, on devra trouver un plan B. » Or, pas question de quitter la région, a assuré le président. « On est aussi ici pour la qualité de vie. »