Christiane Pépin et Marcel Hervieux, propriétaires des Fours du Roy, affirment que la clientèle cherche plus que jamais à participer au mouvement zéro déchet.

Engouement grandissant pour le zéro déchet à Granby

La Ville de Granby pourrait-elle être partenaire ou promouvoir le Circuit zéro déchet (CZD), ce regroupement de commerces québécois où il est possible d’apporter ses contenants réutilisables pour acheter certains produits ? Le sujet sera prochainement analysé par le comité environnement de la Ville.

« Ça semble intéressant à première vue, mais il faut en discuter. On va voir quelle pourrait être notre participation », a affirmé le coordonnateur en environnement à la Ville, Serge Drolet.

C’est à la demande du regroupement Demain Granby que le comité environnement se penchera sur le sujet. S’il n’en tient qu’au cofondateur et porte-parole du groupe, Jean-François Petit, la Ville de Granby pourrait s’inspirer de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu qui est devenue partenaire en juin dernier du CZD.

Ce faisant, la Ville de Saint-Jean offre aux commerçants de son territoire de défrayer leurs coûts d’adhésion au Circuit, soit 15 $, ce qui inclut aussi un autocollant à apposer dans leur vitrine. Celui-ci signale que les contenants réutilisables propres sont acceptés pour le service.

Une poignée d’autres villes, soit Lévis, Pointe-Claire et Vaudreuil-Dorion, ainsi que la MRC de Beauharnois-Salaberry est aussi partenaire du Circuit zéro déchet. Un répertoire en ligne des commerces qui acceptent les contenants de leurs clients est accessible sur le site Internet du CZD. Cette initiative s’adresse par exemple aux commerces de produits en vrac, aux boucheries, boulangeries et restaurants.

Gagnant

« Pour une MRC qui gère les matières résiduelles ou la division environnement d’une Ville, c’est vraiment gagnant de favoriser un mouvement qui va faire que les citoyens vont générer moins de déchets », estime Jean-François Petit.

Selon lui, des membres du regroupement de citoyens Demain Granby seraient prêts à travailler avec la Ville de Granby, si elle se montre favorable à un partenariat, entre autres pour informer et regrouper les commerçants qui pourraient embarquer dans ce mouvement.

Bien que certaines règles, entre autres en matière d’hygiène et de salubrité, doivent être respectées, Jean-François Petit estime qu’il s’agit, pour les consommateurs, d’une habitude à prendre, à l’instar des sacs réutilisables.

« Au début, les sacs n’existaient pas. Après, il y en a eu et on les oubliait dans notre auto. On est maintenant à l’étape où les sacs existent, on en a et on ne les oublie plus dans notre auto. On a fait beaucoup de pas en avant. Pour les plats, c’est la même chose », croit-il.

Déjà possible

Bien qu’ils ne soient pas officiellement membres du Circuit zéro déchet, il est déjà possible d’apporter ses contenants réutilisables dans certains commerces de Granby, dont aux Fours du Roy, qui fait office de pionnier en la matière.

« On a toujours eu du vrac chez nous. On a amené beaucoup de choses à Granby. On vendait même du tofu en vrac dans le temps parce que l’emballage sous vide n’existait pas », lance Marcel Hervieux, copropriétaire du commerce d’aliments et de produits naturels, en opération depuis 1982.

Celui-ci affirme que la réduction des déchets et le recyclage ont toujours été une préoccupation pour lui et celle qui est sa partenaire en affaires comme dans la vie, la naturopathe Christiane Pépin. « On ne suit pas nécessairement un mouvement, on est comme ça, de nature. C’est inné », dit M. Hervieux.

Selon lui, le département de produits en vrac des Fours du Roy ne cesse de gagner en popularité, entre autres depuis quatre ans alors que les savons biodégradables à lessive, les assouplisseurs, les shampoings et autres produits d’entretien ménager ont été ajoutés aux graines, céréales, légumineuses, épices et autres herbes médicinales.

« Les gens amènent leurs contenants. Et ils recherchent ça. Juste pour les savons, le regroupement de 10 magasins dont nous faisons partie a permis d’éviter l’année dernière la fabrication d’environ 156 000 contenants de plastique », note Marcel Hervieux.

La Poissonnerie Cowie permet aussi à ses clients d’apporter ses contenants. Si l’initiative a été lancée l’année dernière, ce n’est que depuis deux ou trois mois que l’engouement se fait davantage sentir, affirme une employée de l’endroit.

Sur sa page Facebook, la poissonnerie précise que ses balances ont une fonction qui leur permet de déduire le poids des contenants.