De décembre 2005 à juillet 2012, des inspections du ministère de l'Environnement sur une terre agricole de Sainte-Sabine, appartenant à Ferme Alain et Richard Ostiguy, ont « révélé la présence d'une grande quantité de matières résiduelles de toute sorte déposées et enfouies sur le lot. »

Enfouissement illégal de déchets: le Ministère talonne un récidiviste

Depuis huit ans, Alain Ostiguy a reçu de nombreux avis d'infraction en lien avec l'enfouissement illégal de matières résiduelles sur une terre agricole située à Sainte-Sabine, appartenant à Ferme Alain et Richard Ostiguy, dont il est le principal actionnaire. Le ministère de l'Environnement durcit maintenant le ton, lui ordonnant de nettoyer le site.
De décembre 2005 à juillet 2012, des inspections du ministère de l'Environnement sur le vaste site, bordé notamment du 11e rang, de la piste cyclable La Montérégiade et du rang du Lac, ont « révélé la présence d'une grande quantité de matières résiduelles de toute sorte déposées et enfouies sur le lot », peut-on lire dans l'ordonnance émise le 10 juillet dernier. De fait, des avis d'infraction ont été remis à Alain Ostiguy le 12 janvier 2006, le 19 septembre 2007, le 30 novembre 2009 ainsi que le 18 octobre 2011 afin que cesse cette pratique illicite, en vain.
Le 3 novembre 2011, l'enquêteur du ministère de l'Environnement, Yves Bergeron, s'est rendu sur place, une caméra vidéo à la main pour capter des images du récidiviste en action. « On aperçoit Alain Ostiguy arriver avec un camion à benne rempli de matières résiduelles, les déverser dans un trou creusé sur le lot puis recouvrir ce même trou à l'aide d'une pelle mécanique présente sur le site », stipule l'acte ministériel en lien avec l'article 114 de la Loi sur la qualité de l'environnement. Des excavations subséquentes ont par ailleurs révélé la présence de boîtes électriques, de débris de plastique, de souches, de brique, ainsi que de fortes émanations de biogaz, entre autres. Des résidus d'huile et d'hydrocarbures (essence) jonchaient aussi le sol. Une inspection menée le 28 janvier 2014 et des photos aériennes ultérieures ont démontré « qu'aucune mesure de restauration du lot n'a été mise en oeuvre à ce jour. »
Mea culpa
Bien qu'il ait continué d'enfouir illégalement des rebuts sur sa terre, Alain Ostiguy affirme vouloir se conformer à l'ordonnance qui vient de lui être remise. « Dans la vie, on fait des affaires qu'on regrette, mais qu'est-ce que tu veux. J'ai enfoui des choses où je n'avais pas le droit. Je l'ai fait et maintenant, je vais sortir le stock pour avoir la paix », a-t-il indiqué lors d'un entretien téléphonique, hier. Questionné à propos du fait qu'il a poursuivi ses activités malgré les nombreux avis, l'homme a fait son mea culpa. « C'est vrai que de la pierre et de la brique, j'ai continué d'en domper parce que je croyais que j'avais le droit, a-t-il avoué. Je savais que j'allais devoir nettoyer le site, mais avec le premier avis (12 janvier 2006), ils (le Ministère) disaient que j'avais le droit de toucher à rien. Ils viennent juste de m'autoriser à faire les travaux. »
Tous les détails dans notre édition de vendredi