«On ne peut pas toujours l'envoyer (la piste) sur la rue à côté ou en arrière», dit le maire de Granby, Pascal Bonin, au sujet du plan de mobilité active et du déploiement d'un réseau de pistes multifonctionnelles.

Encore de la résistance face au plan de mobilité active

Le déploiement du plan de mobilité active de la Ville de Granby rencontre à nouveau de la résistance. Après la saga de la rue Léger l'an dernier, l'histoire se répète dans le secteur des rues Vittie, Glen et Kent.
Un résidant de la rue Vittie, Francis­ Vincent, a mobilisé une partie de la période de questions de la dernière séance du conseil municipal lundi soir à ce sujet, ce qui a aiguisé la patience du maire, Pascal Bonin. 
« Avec le temps, les aménagements pour la mobilité active, il va falloir se les rentrer dans la tête. Quand on fait des renouvellements de rues, ça fait aussi partie de notre mandat de regarder ça », a affirmé le maire aux médias au terme de la séance du conseil.
La Ville veut profiter des travaux de reconstruction des infrastructures municipales dans les rues Vittie, Kent et Glen pour poursuivre en 2017 son plan de mobilité active avec l'aménagement d'une piste multifonctionnelle. Les détails de ce projet ont été présentés aux citoyens des rues concernées à la mi-février. Mais, visiblement, certaines inquiétudes persistent. 
« Le plan qu'on m'a présenté n'est pas sécuritaire », a affirmé lundi M. Vincent, en soulevant plusieurs arguments, dont la présence d'une pente rue Vittie, la perte d'un trottoir qui inciterait les écoliers à marcher dans la piste multi­fonctionnelle aux côtés des vélos qui peuvent y atteindre des vitesses élevées ainsi que la rue Denison Est à traverser pour joindre la piste cyclable. 
Écoutés
L'intervention du citoyen, qui s'est aussi décrit comme un père de famille préoccupé par la sécurité de ses enfants, a parfois donné lieu à quelques échanges vigoureux avec le maire. Comme lorsque M. Vincent a affirmé que le plan de mobilité active pourrait être un plan de « mortalité active », dont le conseil municipal serait responsable. « J'en shake », a laissé­ tomber Pascal Bonin avec une pointe d'ironie. 
Malgré tout, les discussions se sont terminées sur une bonne note et le maire a qualifié les échanges de « constructifs » et de « sains ». 
Selon Pascal Bonin, les citoyens du secteur ont été « écoutés et entendus » lors de la rencontre d'information de février. Le comité de développement urbain de la Ville a étudié des pistes de solutions et le projet a été modifié afin de rencontrer une « plus grande acceptabilité ». 
Les détails des modifications n'ont cependant pas pu être présentés lundi, car le conseil municipal n'a pas encore eu l'occasion de statuer sur celles-ci, a fait valoir Pascal Bonin. 
Francis Vincent, qui a souligné ne pas être opposé au plan de mobilité active, a notamment suggéré de conserver des trottoirs des deux côtés de rue et d'aménager une piste cyclable bidirectionnelle. La sécurité des piétons et des écoliers serait ainsi plus assurée, dit-il. 
À la lumière du travail du comité de développement urbain, le maire Bonin a affirmé que les deux parties n'étaient pas « à des millénaires ». 
« On ne peut pas toujours l'envoyer (la piste) sur la rue à côté ou en arrière. J'entendais les arguments de pente. On a tout fait ça. On a déjà été là. On dirait que c'est un mauvais rêve qui reprend. Mais je pense que ça a bien fini (lundi soir). (...) Je pense que quand ils vont voir le tout, ça va fonctionner », a affirmé le maire aux représentants des médias en assurant que les erreurs de la rue Léger ont été corrigées.