Dans un monde idéal, il n'y aurait aucune pancarte «À louer» au centre-ville. Heureusement, les locaux vacants ne représentent qu'une faible minorité des façades de la rue Principale.

En santé, le centre-ville? Un bilan relativement positif

Bien placées pour juger de sa vitalité, les différentes instances qui travaillent aux côtés des détaillants pour faire rayonner le centre-ville de Granby estiment que celui-ci se porte plutôt bien, même si du travail reste à faire pour améliorer la situation.
«Il ne faut pas dramatiser, ni se mettre la tête dans le sable. Notre centre-ville n'est pas à l'agonie, mais on peut toujours le rendre encore plus attrayant», souligne d'emblée le maire Pascal Bonin.
Un avis que partage Isabelle Brochu, directrice générale de Commerce et Tourisme Granby et Région. «Oui, le centre-ville va bien. Quand on regarde ailleurs, souvent, on se compare et on se console. Mais il y a toujours place à l'amélioration», dit-elle.
En fait, le portrait n'est pas différent de celui d'il y a 10 ans, selon Céline Gagnon, directrice générale de la Chambre de commerce Haute-Yamaska et région. «J'ai travaillé au développement du centre-ville en 2003 et 2004, se souvient-elle. Déjà, à l'époque, le message que j'entendais était que le centre-ville était moribond et vide. C'est encore ce que j'entends présentement. J'ai l'impression que c'est cyclique.»
«Un centre-ville, ça ne meurt pas»
Dans un monde idéal, il n'y aurait aucune pancarte «À louer» dans la rue Principale. «Le fait qu'on ait des locaux vacants nous inquiète quand même un peu», reconnaît Mme Brochu.
«Ce n'est pas toujours évident de louer des locaux, surtout quand les grandes surfaces se vident. Avec le déménagement d'Avril, ça a créé un trou. Reste à voir comment ça va se régler. Matelas Bonne nuit a aussi eu cet effet-là, indique le maire Bonin. La revitalisation du centre-ville amène plein de questions et c'est à nous de trouver ensemble des solutions pour garder nos commerces, mais aussi pour en attirer d'autres.»
Céline Gagnon ne croit pas que la fermeture de commerces mette en péril la survie du centre-ville de Granby. «Un centre-ville, ça ne ferme pas, argumente-t-elle. Quand on pense au déménagement de l'épicerie Avril l'an dernier, par exemple, on a paniqué un peu, car le commerce apportait un achalandage important. Mais il y a d'autres commerces dynamiques dans la rue Principale. La partie entre Saint-Charles et Laval s'est beaucoup développée. C'est faux de dire que le centre-ville se détériore alors qu'il y en a au moins une partie qui se revitalise.»
De plus, ajoute la directrice générale, le mouvement d'entrepreneuriat régional, qu'elle qualifie de «dynamique», contribue lui aussi à la vigueur économique de Granby. Et celui-ci est en plein essor, dit-elle.
Efforts continus
Des efforts sont toutefois sans cesse déployés pour maintenir l'intérêt et la pertinence du centre-ville de Granby.
La semaine prochaine, l'organisme tiendra, conjointement avec la Ville, une consultation auprès des commerçants du secteur afin de faire ressortir des idées pour ajouter de la vitalité aux artères commerciales de la municipalité. «On n'attire pas les mouches avec du vinaigre; si on veut attirer de nouveaux commerces, il faut faire en sorte que les commerçants soient fiers de leur centre-ville», indique Isabelle Brochu.
«Il y a toujours de bonnes idées qui ressortent. Je pense par exemple à un projet de rue piétonnière, aux terrasses, renchérit le maire Bonin. Il y a aussi le marché public, à savoir où est son futur. Et il y a aussi plein d'événements au centre-ville qui fonctionnent à plein régime et qui amènent de la clientèle dans les commerces.»
L'élu rappelle sa décision de diminuer le nombre de spectacles extérieurs gratuits présentés au centre-ville. «Ce n'était pas un succès, allègue-t-il. Il faut que l'argent soit investi à la bonne place, pour attirer les gens et les commerçants.»
Le propriétaire de la bijouterie Brouillette et Fils et ancien président de la Société de développement commercial de Granby, Mario Brouillette, croit de son côté que les commerçants eux-mêmes sont la clé de leur succès... ou de leur échec. «Ce sont les commerçants eux-mêmes qui font la vitalité d'un centre-ville, affirme-t-il. Leur grand avantage est qu'ils sont souvent des détaillants locaux, avec chacun leur particularité et cela attire un certain type de clientèle. Ceci étant dit, ils peuvent être leur propre ennemi s'ils ne mettent pas les efforts [pour se mettre en valeur et donner du bon service.] Il faut y mettre son coeur.»
Au final, même si Ville, organisme et commerçants mettent la gomme, les consommateurs ont eu aussi un rôle à jouer dans la vitalité du centre-ville. «Il y a des gens qui ne sont encore jamais allés dans les commerces du centre-ville, ce qui signifie qu'il y a encore plein de boutiques qui restent à découvrir, explique Mme Gagnon. Quand on les fréquente, c'est qu'on connaît les produits particuliers qui y sont vendus et on sait qu'on va être servis de façon exceptionnelle. Au centre-ville, il y a des trésors qu'on ne trouve pas ailleurs.»