Une soixante de pompiers de huit municipalités ont combattu le brasier pendant plus de 12 heures.

Violent incendie à l’ancienne usine Consoltex

Une section de l’ancienne usine Consoltex de Cowansville vouée à la démolition a été détruite mardi par un incendie d’origine suspecte. Pendant plus de 12 heures, une soixante de pompiers de huit municipalités de la région ont combattu les flammes. Les locaux occupés par deux entreprises ont été épargnés, grâce à leur travail acharné.

À des kilomètres à la ronde, on pouvait apercevoir l’imposant panache de fumée provenant du vaste bâtiment­ industriel de la rue Léopold. 

Voyant de la fumée s’échapper du complexe, un citoyen a sonné l’alarme à 13 h 10. Pendant ce temps, à l’intérieur, le responsable du bâtiment tentait d’éviter la propagation des flammes qui avaient pris naissance dans le secteur réservé autrefois à la teinturerie. « J’ai essayé d’éteindre le feu avec un extincteur, mais c’est du bois et ça a pris très vite », a brièvement raconté Ghislain Pelletier.

Les pompiers de Cowansville sont rapidement intervenus. Mais à leur arrivée, les flammes avaient déjà gagné beaucoup de terrain. « On a procédé à une attaque agressive, explique Gilles Deschamps, directeur du Service de sécurité incendie de Cowansville. Le feu s’était déjà propagé à la toiture. »

Des pompiers de Dunham, Bromont­, Waterloo, Farnham, Sutton­, Lac-Brome et Bedford sont venus prêter main-forte à leurs collègues de Cowansville. En tout, ils étaient une soixantaine à combattre les flammes. 

Celles-ci étaient particulièrement visibles à l’arrière du bâtiment, près de la voie ferrée. Le transport ferroviaire a d’ailleurs été interrompu pendant plusieurs heures pour permettre aux sapeurs d’effectuer leur travail. 

Trois camions-échelles ont été mis à contribution pour atteindre le toit et éteindre les flammes. « C’est un gros complexe », décrit le directeur Deschamps. Le principal risque, enchaîne-t-il, était que le feu se propage à la section occupée par deux entreprises. ÉnergiPlast, un commerce spécialisé dans le recyclage de plastique qui emploie une dizaine d’employés, et Keltec ont finalement été épargnés. Des dommages pourraient toutefois avoir été causés par la fumée et l’eau utilisée pour éteindre le brasier, mais ce n’est que mercredi que les pompiers pourront en savoir davantage. 

Il a fallu avoir recours à trois pelles mécaniques pour détruire le bâtiment incendié et procéder à l’extinction des foyers secondaires. Mardi en soirée, le chef des pompiers estimait qu’ils avaient encore plusieurs heures de travail devant eux.

Reconstruire la partie rasée par les flammes, d’une superficie approximative de 20 000 pieds carrés, pourrait coûter environ 5 millions de dollars, estime M. Deschamps. 

Enquête policière

Les pompiers de Cowansville connaissent bien l’ancienne usine Consoltex. Ils s’y sont rendus à plusieurs occasions, au cours des dernières années, pour combattre des incendies d’origine suspecte ayant mené à l’ouverture d’enquêtes policières. 

Ils avaient d’ailleurs demandé aux autorités municipales d’exiger que les propriétaires démolissent la section désaffectée de la bâtisse, ce qui devait avoir lieu incessamment. Les pompiers appréhendaient depuis longtemps le scénario qui s’est finalement concrétisé mardi, a indiqué M. Deschamps. 

Encore une fois, l’incendie est considéré comme suspect. Les policiers de la Sûreté du Québec hériteront de l’enquête dès que l’extinction du brasier sera complétée.

Un groupe de personnes décrites comme « des jeunes » auraient été aperçues alors qu’elles quittaient à la course l’usine désaffectée où le feu venait de se déclarer, ont raconté au moins deux sources à La Voix de l’Est. Ces personnes auraient d’ailleurs été rencontrées par les policiers, toujours selon des informations recueillies par le journal. Ces renseignements n’ont toutefois pas été confirmés de source officielle, mardi.