Lundi, Denis Paradis a coordonné une visite de l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins pour ses collègues de la Chambre des communes.

Une oreille à l’écoute des minorités linguistiques

Le comité permanent des langues officielles a entrepris lundi une tournée de l’est du Canada afin d’aller à la rencontre de communautés linguistiques minoritaires dans leur milieu. Le point de départ de cette virée ? Cowansville.

Un choix qui s’imposait puisque c’est le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, qui préside le comité. « C’est la première fois, depuis que j’ai été élu président (du comité), qu’on sort d’Ottawa pour faire nos travaux, explique l’élu. Tant qu’à venir au Québec, il fallait commencer ça dans Brome-Missisquoi ! »

Outre M. Paradis, le comité est composé de cinq élus libéraux, de trois conservateurs, d’un néo-démocrate et d’un secrétaire parlementaire sans droit de vote. Ils se réunissent dans la capitale deux après-midi par semaine, les mardis et les jeudis. 

Le comité est, entre autres, chargé d’étudier la situation des Canadiens qui se trouvent en situation minoritaire au niveau de la langue. Ainsi, on s’intéresse aux anglophones du Québec de même qu’aux francophones hors Québec. « Notre rôle, c’est de mieux soutenir les gens en situation minoritaire pour s’assurer qu’ils reçoivent les services dans leur langue, indique le député. En allant sur le terrain, on vient constater le taux de satisfaction des gens et voir ce qu’on pourrait suggérer comme améliorations. »

M. Paradis donne en exemple la francisation de certains anglophones de l’Ouest canadien. « Par exemple, beaucoup d’anglophones de Vancouver et de Calgary voudraient suivre des cours de français, mais il n’y a pas assez d’enseignants. Ils sont obligés d’y aller par tirage au sort pour savoir qui pourra suivre les cours ! » s’exclame l’élu.

Des exemples pour s’inspirer

Ce faisant, M. Paradis a notamment coordonné une visite de l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins pour ses collègues de la Chambre des communes. Environ 22 % de la clientèle du centre hospitalier est anglophone, a indiqué en début de rencontre la présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS de l’Estrie - CHUS, Johanne Turgeon. L’établissement « se trouve au sein d’une communauté anglophone très engagée dans l’histoire de son hôpital et de ses services, que ce soit via les bénévoles ou la fondation, a-t-elle indiqué. Il y a une volonté que la communauté soit desservie dans sa langue ».

Les visiteurs ont pu y apprendre que des dépliants explicatifs sont proposés dans les deux langues officielles et que les compétences en anglais de chaque candidat sont évaluées lors des entretiens d’embauche.

De plus, les employés de l’hôpital en contact avec les patients suivent gratuitement des cours d’anglais axés sur le vocabulaire médical, a-t-on fait valoir.

Autant d’initiatives qui inspireront les membres du comité et, qui sait, d’autres établissements au terme de la tournée d’où découleront des recommandations destinées- au gouvernement. 

« Chez nous, les Acadiens (franco-phones) représentent environ 4 % de la population de la province, relève Darrel Samson, député d’une circonscription néo-écossaise. Je ne crois pas qu’on a des personnes ciblées pour s’assurer d’une offre de services, comme c’est le cas ici. Je suis venu pour apprendre. »

Si les élus n’ont pu rencontrer des usagers, ils ont néanmoins eu un son de cloche de la part du président du comité qui les représente, Michel Lafrance. « Ici, on a un gros dilemme. Par exemple, on est en train de revoir notre système de stationnement. Selon l’office (de la langue française), on peut uniquement afficher (les nouvelles consignes) en français. Mais ce sont les anglophones qui ont financé la survie de cet hôpital-là. Pourrait-on avoir une dérogation par respect pour ceux qui ont contribué (à cet établissement) ? » a-t-il soulevé.

Lundi midi, les élus sont allés à la rencontre du conseil d’établissement de la commission scolaire Eastern Townships. Mardi, le comité rencontrera l’Association des Townshippers avant de prendre la route d’Halifax et du Cap-Breton pour y rencontrer des communautés francophones.

Le groupe pourrait également visiter l’ouest du pays au retour des Fêtes.