Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n’a pas encore statué sur l’avenir du CHSLD Horace-Boivin, a indiqué lundi son attachée de presse Catherine W. Audet.

Un projet de centre de thérapie au CHSLD Horace-Boivin

Advenant la fermeture du CHSLD Horace-Boivin de Waterloo, prévue d’ici 2019, l’établissement pourrait avoir une nouvelle vocation. La Voix de l’Est a appris que les dirigeants du centre l’Envolée projettent d’y implanter un centre de thérapie destiné à une clientèle « volontaire et non judiciarisée ».

Les besoins sont criants pour ce type de service à travers la province, a indiqué le directeur général de l’Envolée, Nicolas Bédard. L’ouverture d’une ressource dans la région « tomberait­ à point ».

 « On a une demande depuis longtemps pour la clientèle féminine anglophone. Il n’y a aucun centre du genre au Québec. [...] On a aussi une forte demande pour une clientèle qui n’a pas de dossier judiciaire, qui est souvent couverte par des assurances et qui a besoin d’un séjour de courte durée. »

Plusieurs points ont fait en sorte que les dirigeants du centre de thérapie de l’alcoolisme et des toxicomanies de Shefford ont envisagé d’implanter un nouvel établissement dans le bâtiment qui abrite actuellement le CHSLD Horace-Boivin. « Ce n’est pas trop gros, bien situé et il n’y a pas de bar à côté, a mentionné M. Bédard. On est également près de la nature et c’est desservi par l’aqueduc. La bâtisse est vraiment adaptée à ce qu’on veut faire. [...] Et si on a un problème d’intervenant une journée, on pourrait dépêcher du personnel d’une place à l’autre. »

Le dossier est lié au projet de CHSLD à Granby. Selon le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie, un projet de 198 lits, plutôt que 96 à l’origine, permettrait de répondre aux besoins de la région. La construction du centre d’hébergement devrait se concrétiser d’ici 2019. Ce scénario entraînerait toutefois la fermeture du centre d’hébergement Horace-Boivin (qui compte 41 lits), jugé trop vétuste pour une remise à niveau. Le ministre de la Santé tranchera à propos de l’avenir du CHSLD de Waterloo d’ici décembre, a récemment dévoilé La Voix de l’Est.

De leur côté, les dirigeants du centre d’hébergement Santé Courville, situé juste en face, viennent de présenter un projet au CIUSSS de l’Estrie pour dénouer l’impasse. Ils souhaitent accroître la superficie du bâtiment de la rue Courville pour y ajouter 11 lits. La construction d’un établissement de 32 places de type « ressource intermédiaire » — accueillant des personnes âgées en perte d’autonomie légère à moyenne — est aussi dans les cartons.

Deux options

Le DG de l’Envolée estime que le nouveau centre de thérapie pourrait accueillir une trentaine de personnes. Des espaces de bureau ainsi que des locaux destinés à de la formation y seraient aussi aménagés. « Probablement qu’on serait aussi en mesure de donner notre clinique de dépistage d’hépatite à la population de Waterloo », a précisé celui qui porte le projet. Certains employés du CHSLD pourraient également être embauchés, notamment des cuisiniers et du personnel d’entretien, a-t-il soutenu.

M. Bédard se dit ouvert à deux options pour que l’initiative se concrétise : l’achat de l’immeuble ou une location à long terme, soit de 10 à 15 ans. « On ne voudrait pas se retrouver après deux à trois ans à devoir mettre des énergies pour recommencer ailleurs parce que Québec­ a décidé de vendre la bâtisse, a-t-il fait valoir. En même temps, s’il y a un juste prix pour un organisme communautaire, on serait acheteurs. » Selon le rôle triennal actuel, la valeur de l’immeuble (terrain et bâtiment) est d’un peu plus de 1,5 M $. À lui seul, le terrain d’une superficie avoisinant 57 500 pieds carrés vaut 130 700 $.

Nicolas Bédard a signifié par courriel le 20 septembre au ministre de la Santé, Gaétan Barrette,­ puis à sa collègue à la Santé publique, Lucie Charlebois, son intérêt pour l’immeuble et les grandes lignes du projet.

Le directeur général du centre de thérapie l’Envolée, Nicolas Bédard.

Ouverture

Informé par La Voix de l’Est de la teneur du projet piloté par l’Envolée, le nouveau maire de Waterloo, Jean-Marie Lachapelle, a fait preuve d’une certaine ouverture. 

« À première vue, je n’ai pas beaucoup de négativité par rapport à ça, a-t-il dit. [...] Si on parle de personnes non judiciarisées, c’est [mieux] que des gens envoyés, presque de force, par la cour. [...] Je connais des gens qui sont allés dans des centres comme [celui projeté]. Ça peut être positif si c’est bien géré selon les règles gouvernementales. » Les élus devraient discuter du dossier lors de leur première rencontre à l’hôtel de ville, a indiqué M. Lachapelle. 

Le cabinet du ministre de la Santé a fait savoir par courriel qu’il n’a « pas encore statué sur la fermeture du CHSLD Horace-Boivin de Waterloo ». Et en ce qui concerne le projet de centre de thérapie, le dossier est sous la responsabilité de Mme Charlebois, a mentionné l’attachée de presse de M. Barrette, Catherine W. Audet. Il n’a pas été possible d’obtenir lundi les commentaires de la ministre déléguée à la Santé publique.