Un appel d’urgence pour une personne en arrêt cardio-respiratoire a bien failli tourner au drame, la semaine dernière, quand la centrale n’est pas parvenue à joindre les paramédics de Farnham en fonction.

Système RENIR: «C’est un irritant majeur»

Le système de radiocommunication RENIR ne cause pas que des problèmes aux policiers. Les paramédics de la région doivent composer avec des zones de silence ou de l’interférence, qui dans certains cas, auraient pu entraîner des conséquences dramatiques.

« On a la population à cœur et quand on n’est pas capable d’offrir le service qu’elle mérite, c’est un irritant majeur. On ne veut pas d’événement fâcheux qui causerait un décès. On ne veut pas que ça arrive », affirme Gaétan Dutil, président du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie-CSN (SPPM-CSN).

Le système de radiocommunication RENIR, qui est fourni par le Centre de services partagés du Québec (CSPQ), éprouve des difficultés depuis son implantation progressive il y a quelques années.

À certains endroits, la radio portative que possèdent les paramédics n’a plus de connexion avec le module installé dans l’ambulance, qui lui permet de transmettre les conversations à la centrale. Dans certains secteurs, il y a des zones de silence. À certains moments, les paramédics entendent le répartiteur, mais ils sont incapables de répondre. Ces problématiques ont notamment été constatées à Farnham. Les paramédics de Cowansville ont aussi vécu des problèmes semblables. 

Sur la photo, Gaétan Dutil, président du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie-CSN (SPPM-CSN) et Brigitte Croteau, vice-présidente à la prévention et à la défense en santé-sécurité au SPPM-CSN.

Deux drames évités

Un appel d’urgence pour une personne en arrêt cardio-respiratoire a bien failli tourner au drame, la semaine dernière, quand la centrale n’est pas parvenue à joindre les paramédics de Farnham en fonction, ce qui a entraîné des délais d’intervention.

« Ils n’ont jamais été capables de rejoindre l’ambulancier. Il essayait de le rejoindre, mais les ondes radio ne rentraient pas », explique M. Dutil. Une autre équipe dans le secteur s’est libérée et est intervenue auprès du patient qui a survécu. « Heureusement, l’histoire s’est bien terminée. La personne n’est pas décédée, mais ça aurait pu être dramatique », déplore-t-il.

Le lendemain, une autre situation similaire s’est produite. Incapable de joindre par radio un paramédic pour répondre à un appel pour une détresse respiratoire dans le secteur de Farnham, l’employeur est parvenu à le contacter sur son cellulaire. Résultat : l’ambulance s’est mise en route 20 minutes après l’appel logé à la centrale, déplore Brigitte Croteau, vice-présidente à la prévention et à la défense en santé-sécurité au SPPM-CSN. 

« L’outil du radio est déficient et ça crée des délais énormes. Notre travail est de réduire la mortalité et la morbidité, et le radio ne remplit pas les critères auxquels nous-mêmes nous sommes assujettis », déplore-t-elle. 

Bouton panique défectueux

Autre problématique soulevée : la défectuosité du bouton panique. Un paramédic de la région de Saint-Jean-sur-Richelieu l’a découvert à ses dépens lors d’une intervention auprès d’un patient qu’il l’a agressé. « Notre radio est munie d’un bouton qui envoie une alerte pour dire qu’on est en danger et d’envoyer la police. Ce bouton-là n’a pas fonctionné », explique M. Dutil.

Les représentants syndicaux ont indiqué avoir soulevé la problématique à leur employeur à d’innombrables occasions. « Les employeurs disent que ce n’est pas de leur faute, qu’ils se sont fait imposer le système par le ministère. Et le ministère dit qu’il va faire des correctifs », rapporte Mme Croteau, qui affirme que rien n’a changé depuis leurs revendications.

« C’est inacceptable — avec toutes les communications qu’on peut avoir — d’avoir des délais prolongés, de ne pas être capables de rejoindre les paramédics. Pour nous, c’est primordial que la population soit bien servie. La sécurité des paramédics aussi, c’est primordial », renchérit Gaétan Dutil. 

Les policiers de la Sûreté du Québec de certains secteurs ont dû patrouiller en duo au cours des derniers mois puisque le système RENIR n’offrait pas assez de fiabilité. Selon les paramédics rencontrés par La Voix de l’Est, le service de police aurait décidé de cesser l’utilisation de RENIR, une information qu’il n’a pas été possible de confirmer jeudi.