Des acteurs du milieu communautaire dans Brome-Missisquoi ont réclamé une hausse du financement provincial lundi soir, à l’occasion d’une marche symbolique organisée au centre-ville de Cowansville.

Pierre Paradis interpellé par le milieu communautaire

« Où est notre député ? » « M. Paradis, c’est assez­ l’austérité. » Pancartes et lanternes en main, des acteurs du milieu communautaire dans Brome-Missisquoi­ ont lancé un message clair, lundi soir, à l’occasion d’une marche symbolique organisée au centre-ville­ de Cowansville.

Ils réclament notamment une hausse du financement provincial afin de pouvoir accomplir leur mission de façon autonome.

« Il y a des distributions de cadeaux préélectoraux présentement. Mais depuis plusieurs années, les services publics sont tellement coupés que ça déborde sur le milieu communautaire. Ça fait un étau qui se resserre de plus en plus. Les groupes sont à bout de souffle », a affirmé Nicolas­ Gauthier, agent de liaison pour la Corporation de développement communautaire de Brome-Missisquoi.

Lundi, une vingtaine de personnes liées à une dizaine d’organismes se sont réunies devant la bouquinerie Le Sac à mots, avant de converger vers le bureau du député provincial de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis. Elles y ont déposé une « carte de souhaits » rappelant une série de revendications. 

« On cherche le député Paradis­ depuis longtemps, même si on sait qu’il est congé de maladie. On considère que c’est sa responsabilité de faire remonter nos préoccupations au niveau national­ », a expliqué M. Gauthier. 

Des domaines variés

Postés devant le bureau de circonscription, les marcheurs ont entonné une version remaniée du classique Petit papa Noël. « Député Paradis/Quand tu donneras signe de vie/Avec des promesses par milliers/N’oublie pas le communautaire », ont-ils chanté. 

Tenue en marge de la campagne provinciale « Engagez-vous pour le communautaire », l’initiative dans Brome-Missisquoi rassemblait des intervenants provenant de divers domaines.

Représentante du Sac à mots, Gabrielle Laliberté-Auger juge bien insuffisant le réinvestis­sement en éducation entrepris par le gouvernement libéral. « Tout le tort a déjà été fait avec les coupures des dernières années. (...) Les organismes en alphabétisation, oui, on a eu une certaine bonification. Mais ça faisait des années qu’on n’avait absolument rien eu, même pas une indexation au niveau du financement. C’est à peine un rattrapage », a-t-elle mentionné. 

Membre du conseil d’administration de l’organisme L’Éveil, Amanda Davis estime pour sa part que le milieu communautaire permet de « briser des cycles » en matière de santé mentale. « Les gens rentrent et sortent de l’hôpital continuellement, jusqu’à ce qu’ils deviennent séniles. En misant sur le communautaire, on sauverait beaucoup d’argent », a plaidé la résidente d’Abercorn, qui a elle-même dû composer avec des troubles anxieux et dépressifs.

Elle affirme que L’Éveil a eu un impact marqué sur sa vie. « Il y a un temps où je ne pouvais même plus sortir de chez moi. Et aujourd’hui, je me retrouve ici. »

Statu quo pour Paradis

Au bureau du député Pierre Paradis, l’attachée politique Louisette Hébert confirme que l’élu est toujours en congé de maladie. « On est en attente de rapports médicaux », précise-t-elle. 

Mme Hébert souligne néanmoins qu’une rencontre avec les attachées politiques de la circonscription a été proposée aux représentants du communautaire. Ceux-ci préfèrent toutefois s’entretenir directement avec M. Paradis. 

Rappelons que ce dernier a subi une commotion cérébrale lors d’une activité équestre en janvier dernier. 

Dans les jours qui ont suivi, une ancienne employée de M. Paradis a déposé une plainte, affirmant qu’il avait porté des gestes à caractère sexuel à son endroit. Ces allégations ont coûté au député son poste de ministre de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation et mené à son expulsion du caucus libéral. Aucune accusation n’a toutefois été portée dans ce dossier.