Marc Cudia résume sa chance par cette phrase : « J’ai toujours eu autour de moi de bonnes personnes qui m’ont tiré vers le haut. »

L’homme d’affaires Marc Cudia publie son autobiographie

Balloté de famille d’accueil en famille d’accueil toute son enfance, Marc Cudia aurait facilement pu basculer dans la noirceur. Sa formidable soif de vivre et sa volonté l’ont plutôt poussé vers la réussite et le bonheur. L’homme d’affaires publie cette semaine son autobiographie pour se réconcilier avec des pans de son passé... et inspirer ceux qui en ont besoin.

Pour son bouquin Déterminé - Quand la résilience mène au succès, le Sheffordois de 42 ans s’est confié à Patricia Juste, qui a mis sa plume à contribution. On y rencontre le petit Marc, placé à la crèche dès l’âge de quatre mois, puis « prêté » à dix familles et deux centres jeunesse dans les années qui suivent. 

Racontée au « je » sur un ton intimiste et bon enfant, l’histoire aborde entre autres son enfance difficile, ses parents naturels, ses parents adoptifs, ses premiers pas en affaires, son passage remarqué à l’émission Dans l’œil du dragon et ses succès professionnels.

« Ce livre m’a permis d’ordonner mon parcours, de clarifier des choses que j’ai vécues et de mettre des mots sur mes sentiments », confie M. Cudia, qui voulait néanmoins éviter de tomber dans la morale et « la psychopop à cinq sous ».

Malgré les abandons, les déchirements et les nombreux déménagements, le petit garçon a trouvé le moyen de tirer le meilleur de toutes les situations. Car des familles bien intentionnées ont croisé son chemin, assure-t-il. 

« J’ai pris ce qui me convenait et ce que j’aimais dans ces familles. Je suis un mélange de toutes ces personnes. (...) Cette diversité de points de vue et de façons de faire a façonné l’homme que je suis aujourd’hui. Je le dois à ces gens qui m’ont éduqué, peu importe les épreuves que j’ai trouvées sur ma route. (...) Chacun à leur façon et avec les outils qu’ils avaient, ils ont contribué à ma réussite. (...) Je suis l’enfant de plein de familles », raconte-t-il, en précisant n’avoir jamais subi de violences ou d’agressions. « J’ai eu la chance d’être dans des milieux sains. »

Il réalise aujourd’hui que ce qui l’a sauvé de cette jeunesse hors norme, c’est sa joie de vivre naturelle — héritée de son père biologique, croit-il — et son ambition. « Ce qui m’a empêché de sombrer du mauvais côté, c’est le travail. Ça m’occupait et je me sentais apprécié. Je ne sortais pas, je travaillais tout le temps. »

Il résume sa chance par cette phrase : « J’ai toujours eu autour de moi de bonnes personnes qui m’ont tiré vers le haut. »

Les vélos et les dragons

C’est une simple visite touristique, à l’âge de 12 ans, qui a déclenché sa fibre entrepreneuriale. À la vue des quadricycles de location, Marc Cudia est tombé sous le charme. Des années plus tard, à force de côtoyer le propriétaire et de lui donner un coup de main aux installations du Vieux-Port de Montréal, le jeune homme a eu l’occasion d’acquérir l’entreprise. Il avait 23 ans et n’a pas manqué sa chance. 

Certains se rappelleront peut-être le passage de M. Cudia, en 2013, à l’émission Dans l’œil du dragon. À la recherche de financement pour développer son entreprise Écorécréo, il avait ému tous les dragons avec son histoire et était reparti avec non pas une, mais deux offres de financement. 

« Ce passage m’a donné confiance en mes capacités et en mon parcours d’affaires. C’est la première fois que je parlais publiquement de mon passé. Je pense que les gens ont été touchés. J’en entends encore parler ! »

Bon, après analyse et discussions, les dragons Gaétan Frigon- et François Lambert n’ont pas donné suite à leur offre de 100 000 $ pour 25 % de la compagnie... « Mais ils ont accepté de se porter garants pour que j’obtienne du financement », précise-t-il.

Un pas de plus

En 2014, Marc Cudia s’est retrouvé à la croisée des chemins. Il pouvait « garder ce qu’il avait », en travaillant 20 heures par semaine, six mois par année. Il pouvait aussi accepter de s’associer avec deux entrepreneurs qui voulaient pousser l’entreprise plus loin avec lui. « J’ai réfléchi et j’ai dit go au projet Voiles en voiles », lance-t-il en ne semblant pas regretter sa décision le moins du monde. 

Situé dans le Vieux-Port de Montréal, Voiles en voiles est ce parc thématique familial qui propose des parcours aériens, de l’escalade et des jeux gonflables sous le thème des bateaux. 

Aujourd’hui, Voiles en voiles et Écorécréo comptent 220 employés, dont 10 permanents.

Avec ses deux précieux complices, M. Cudia n’a pas l’intention d’en rester là. Ils gardent, dit-il, les oreilles grandes ouvertes. Des projets sont dans l’air pour Toronto et New York. « On ne doit pas se limiter, mais en continuant toujours de focuser sur l’ADN de l’entreprise : les activités pour la famille. Nous, on vend du bonheur ! »

Workhalolic, Marc Cudia ? « Un peu. Je dois faire attention... »

Auprès de sa conjointe Marie-Maude et de leurs deux enfants, il a trouvé la paix et un sens à sa vie. Mais le travail prendra toujours beaucoup de place. « Je ne serai jamais à la retraite. J’ai toujours plein de projets d’affaires ! »

Au-delà des embûches et de la scolarité qu’il aurait voulu plus longue, l’homme se dit fier de son parcours distinctif. « Ça ne m’a pas éteint. J’ai gardé ma capacité de rêver. »

« En fait, à la lumière de tout cela, c’est peut-être moi qui ai pigé le bon numéro ! »