«Il y a beaucoup de [marques] rouge sur le chemin de Gaspé, a reconnu le nouveau maire de Bromont, Louis Villeneuve. Et oui, il y aura des arbres qui vont tomber. »

L’abattage d’arbres par Hydro-Québec inquiète à Bromont

La saga de l’implantation d’une ligne triphasée par Hydro-Québec dans le secteur du lac Bromont a refait surface lors de la période de questions à la séance du conseil, lundi. Plusieurs arbres identifiés le long du chemin panoramique seront abattus au cours des jours à venir, ce qui ravive les inquiétudes­ chez certains citoyens.

« Cet automne, Hydro-Québec a fait des X partout [sur des arbres]. J’imagine que vous êtes au courant ?, a lancé aux élus bromontois Michelle Champagne. [...] C’est assez inquiétant. On parle [entre autres] de gros chênes. »

Le maire Louis Villeneuve, conseiller sortant du quartier Lac Bromont, a repris la balle au bond. « Je me suis débattu comme un diable dans l’eau bénite. [...] Mais je ne peux pas rouvrir ce dossier d’Hydro-Québec­. Une chose est certaine, on les suit de près. Il y a beaucoup de [marques] rouge sur le chemin de Gaspé, a-t-il illustré. Et oui, il y aura des arbres qui vont tomber. »

Rappelons que l’ex-­représentant du district 2 n’avait pas caché sa déception lorsque la société d’État avait tranché, en octobre 2016, concernant le tracé retenu pour la nouvelle ligne électrique, soit en bordure des chemins de Magog et de Gaspé jusqu’à l’intersection de la rue Frontenac.

« Je ne suis vraiment pas d’accord avec cette décision. Je pense qu’on va endommager sérieusement certains de nos derniers grands chemins panoramiques à Bromont, avait-il fait valoir. [...] Jamais les gens d’Hydro-­Québec n’ont fait la preuve hors de tout doute que c’était le seul endroit où ils pouvaient­ passer. »

Le maire de Bromont (au centre), Louis Villeneuve, a tenu à se faire rassurant au sujet du suivi serré par l’ingénieur mandaté par la Ville concernant l’abattage d’arbres le long du tracé de la nouvelle ligne d’Hydro-Québec.

Sous surveillance

Le projet émane de la construction du nouveau poste d’Adamsville. De multiples modifications au réseau de distribution sont prévues, notamment le remplacement du circuit existant par des équipements triphasés (trois fils), érigés en bordure de la route.

Hydro-Québec avait initialement proposé quatre tracés. La société d’État avait également tenu une consultation publique sur le sujet, le 14 juillet à l’hôtel de ville de Bromont. Les citoyens présents avaient manifesté leur mécontentement, principalement en raison du déboisement et de la pollution visuelle qu’engendre l’implantation de telles lignes électriques. 

Puis, lors de la séance du conseil de septembre, les élus ont résolu « que la Ville ne privilégie aucun des tracés, mais qu’elle exige que les considérations liées aux routes champêtres ou composantes biophysiques et aux impacts du lac Bromont soient intégrées dans le tracé retenu ». Au terme de nombreux pourparlers entre les deux parties, Groupe Desfor, une firme spécialisée en foresterie et en environnement a été mandatée par la Ville pour suivre les travaux menés sur le terrain par Hydro-Québec.

En ce sens, Louis Villeneuve et le directeur général de Bromont, Éric Sévigny, ont fait lundi une tournée du chemin de Gaspé avec l’ingénieur embauché par Bromont pour voir où en est rendu le dossier. « Sincèrement, j’ai de la peine chaque fois que je passe là. Mais il va falloir vivre avec, a dit M. Villeneuve. Au moins, il y a quelqu’un qui suit les choses pour [minimiser] les dégâts. »

« On n’est pas plus heureux que Mme Champagne [que des arbres soient abattus]. On est quand même rassurés d’être consultés par Hydro-Québec pour chaque arbre à être coupé, a pour sa part indiqué Caroline Girard, une résidante du chemin de Gaspé où passera la nouvelle ligne électrique. [...] On a quand même été capables de faire modifier certaines choses. »

Dès ce printemps

Un citoyen interpellé par le dossier a questionné les élus à savoir si une ligne souterraine avait été envisagée en bordure du chemin panoramique. « La réponse est simple, a répondu le maire. Il faudrait déboiser quand même. En plus, ça coûterait un million par kilomètre. Hydro-Québec était prête à payer 300 000 $ et nous aurions dû payer [la différence]. »

De son côté, le DG a fait le point sur l’échéancier du projet. « Présentement, on est dans la signature de servitudes avec les citoyens concernés. [...] L’abattage d’arbres devrait se faire cet hiver et la construction de la ligne devrait suivre au printemps puis à l’été. »