Le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, portera le dossier du CHSLD Horace-Boivin de Waterloo.

La pétition pour le CHSLD Horace-Boivin est «irrecevable»

Alors que le député de Granby, François Bonnardel­, s’apprêtait à dénouer l’impasse concernant la pétition pour le maintien du CHSLD Horace-Boivin­ de Waterloo, un obstacle l’empêche d’aller plus avant. Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ) a indiqué lundi à La Voix de l’Est que le document contestataire n’est pas admissible à l’Assemblée nationale.

Au terme d’une rencontre lundi avec les membres du comité qui milite pour la sauvegarde du centre d’hébergement, François Bonnardel­ a accepté de porter le dossier. La mauvaise nouvelle émanant de Québec est tombée comme une douche froide en après-midi. 

« Malheureusement, la pétition est irrecevable. Le libellé n’est pas sur toutes les feuilles et il est trop long (plus de 250 mots). [...] C’est la première pétition que je ne peux pas déposer à l’Assemblée nationale parce qu’elle ne respecte pas le règlement », a-t-il indiqué en entrevue.

Dans certains cas, des pétitions peuvent être déposées, malgré leur non-conformité, s’il y a consentement des autres partis à l’Assemblée nationale. « S’il manque deux ou trois signatures par exemple, on peut outrepasser le règlement. Mais ce n’est pas du tout le cas ici », a indiqué en substance M. Bonnardel.

Rappelons que le dossier est lié au projet de CHSLD à Granby. La construction du centre d’hébergement de 198 lits, d’ici 2019, entraînerait la fermeture du CHSLD Horace-Boivin (qui compte 41 lits), jugé trop vétuste pour une mise à niveau. M. Barrette doit trancher au sujet de l’avenir du centre d’hébergement­ d’ici la fin décembre. 

François Bonnardel a pour sa part réitéré que le projet d’établissement avoisinant 200 places est « primordial ». « C’est important de ne pas avoir de retard avec le CHSLD­. Il faut que le dossier avance », a-t-il fait valoir. 

La pétition pour le maintien du CHSLD Horace-Boivin, comptant près de 5000 signataires, avait été remise le 19 septembre par le maire sortant de Waterloo­ au ministre de la Santé, Gaétan­ Barrette­.

Plan B

La pétition pour le maintien du CHSLD Horace-Boivin, comptant près de 5000 signataires, avait été remise le 19 septembre par le maire sortant de Waterloo au ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Pascal Russell était accompagné pour l’occasion de Marcel Brien et d’Alain Lafond, respectivement résident et préposé aux bénéficiaires au centre d’hébergement, ainsi que d’Annie Gaudreau, instigatrice de la pétition. Le comité est formé des membres de ce groupe auquel s’ajoute le successeur de M. Russell, Jean-Marie Lachapelle. En l’absence du représentant de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, à l’Assemblée nationale, le groupe cherchait un député pour faire cheminer le dossier. 

Malgré le récent écueil, le député de Granby veut trouver une solution pour faire avancer le dossier. « Je veux le questionner le ministre [de la Santé] à savoir quels sont les coûts pour remettre le CHSLD à niveau. Je vais lui demander qu’il me démontre, chiffres à l’appui, que c’est impossible de continuer avec le centre comme il est aujourd’hui. Je veux m’assurer que l’on soit capables de répondre dans 10 à 20 ans aux besoins qui risquent d’être aussi importants [qu’en ce moment] avec le vieillissement de la population », a-t-il mentionné, précisant qu’il remettra de nouveau la pétition au ministre de la Santé « au cours des jours à venir ».

« Un ministre ne peut pas déposer de pétition. Ça fait partie de la loi », avait récemment indiqué à La Voix de l’Est Anne Simard, attachée politique du ministre de la Famille et député de Sherbrooke Luc Fortin, interpellé par le comité.» Vérifications faites, c’est faux. « Comme les pétitions ont souvent pour objectif de demander au gouvernement de remédier à une situation, un ministre peut préférer que la pétition soit déposée par un député qui n’est pas membre du gouvernement », peut-on lire sur le site de l’institution québécoise.

Un allié

Appelé en avant-midi lundi à commenter le dossier, le maire Jean-Marie Lachapelle s’est dit « satisfait » de la rencontre du comité avec M. Bonnardel, qu’il décrit comme « un allié ». 

« [M. Bonnardel] va aller à la recherche d’informations et de points que le groupe n’a pas pu avoir », a-t-il dit. Une vision que partage Pascal Russell. « M. Bonnardel a compris qu’on demande [au ministre de la Santé] de ne pas avoir seulement une option pour prendre une décision éclairée. [...] Il a été député [pour Waterloo] durant quelques années avant la restructuration de la carte électorale. Il connaît notre réalité », a-t-il soutenu. 

Bien que la pétition ne puisse être déposée à l’Assemblée nationale dans sa forme actuelle, le comité ne veut pas baisser les bras pour autant. « On a mis beaucoup d’efforts dans ce dossier jusqu’ici et on va continuer, a affirmé Annie Gaudreau. S’il faut relancer la pétition, on le fera. Mais pour le moment, la balle est dans le camp de M. Bonnardel et on va le laisser avancer. » Une vision que partagent MM. Russell et Lachapelle. 

Notons qu’outre les 5000 signataires du document contestataire, les municipalités de Bromont, Stukely-Sud, Shefford, Saint-Joachim-de-Shefford, Warden, Saint-Étienne-de-Bolton, Saint-Alphonse-de-Granby, Roxton Pond, Waterloo et tout récemment Valcourt se sont entre autres jointes au mouvement pour éviter la fermeture du centre d’hébergement.