Les secteurs agricoles où des problèmes d’érosion des sols existent seront identifiés et leurs propriétaires seront encouragés à améliorer leurs pratiques agricoles.

La MRC de la Haute-Yamaska s’attaque à la pollution agricole

Les secteurs agricoles affectés par l’érosion dans l’ensemble du bassin versant du lac Boivin seront identifiés par la MRC de la Haute-Yamaska. L’objectif est d’accompagner les propriétaires concernés pour améliorer leurs pratiques agricoles et du coup, la qualité de l’eau du lac et de ses tributaires.

C’est l’une des principales actions du plan directeur de l’eau 2017-2021 de la MRC adoptée le 11 octobre. La MRC consacrera 121 500 $ sur une période de quatre ans pour atteindre cet objectif bien précis. Le mandat sera confié à l’Organisme de bassin­ versant de la Yamaska.

« C’est un dossier prioritaire pour nous », souligne Valérie-Anne Bachand, inspectrice et chef de projet à la MRC. « On ne peut pas aller trop vite. On doit bien cibler les zones à risques d’érosion et de transport de sédiments. Ça va nous donner un meilleur portrait de la situation. Avec ces résultats, on va être capable d’avancer », a-t-elle expliqué jeudi en entrevue.

L’OBV Yamaska utilisera un outil appelé GEODEP pour localiser les secteurs problématiques en termes d’érosion. L’outil lui permettra aussi de « quantifier les risques d’exportation diffuse de phosphore à l’échelle d’un territoire », souligne l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement qui l’a conçu. Les informations proviendront de données géospatiales, comme les limites des champs ainsi que les données d’élévation. L’instrument permet aussi de produire des « prévisions annuelles de ruissellement, d’écoulement aux drains et d’exportations de sédiments et de phosphore à l’échelle du champ », peut-on lire sur son site internet.

La MRC injectera en outre 32 000 $ au cours des quatre prochaines années pour aider financièrement les producteurs agricoles du bassin versant du lac Boivin qui se trouvent à l’extérieur de la ville de Granby. Les subventions visent la rétention du sol agricole et la réduction de la pollution diffuse provenant des champs agricoles.

La Ville de Granby possède un programme similaire pour les producteurs­ sur son territoire.

Les menaces de pollution agricole diffuse dans le périmètre autour du parc national de la Yamaska sont également dans la mire de la MRC. Les maires étudieront la possibilité d’exiger que les fossés agricoles dans ce secteur, jugé sensible, disposent de bandes riveraines d’un mètre.

La réflexion débutera en 2019, a dit Mme Bachand. Les maires auront alors sous les mains le rapport d’érosion des secteurs agricoles identifiés comme étant problématiques. « Ce n’est pas de notre compétence. C’est le ministère de l’Environnement qui s’en occupe. Mais on veut s’y intéresser­ », a-t-elle indiqué.

Milieux naturels et humides

Le plan directeur de l’eau (PDE) accorde une grande place à l’identification et à la protection des milieux naturels et humides de la MRC. En conformité avec la nouvelle loi 132, la MRC va élaborer un premier plan des milieux humides et hydriques sur son territoire.

L’organisme investira aussi 175 000 $ en cinq ans pour financer des projets d’intendance privée, soit de conservation de propriétés de haute importance écologique. D’emblée, quatre grandes tourbières de la région devront être traitées en priorité : celles de Saint-Joachim-de-Shefford, Saint-Charles (Granby), Mawcook (Granby) et du rang de l’Égypte (Sainte-Cécile-de-Milton).

La Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes de la Haute-Yamaska s’occupera de ces dossiers.

Par ailleurs, la MRC procédera à l’inventaire de ses milieux naturels et identifiera les corridors écologiques (fauniques) potentiels à préserver. La Ville de Granby est en train de réaliser un exercice semblable pour son territoire. Elle planche en même temps sur l’élaboration d’une politique protégeant­ ces milieux naturels.

Le PDE de la MRC contient en tout 61 actions. Un budget de 1,2 million de dollars est consacré à leur réalisation d’ici 2021.