L’ambulancier Pierre Brien, qui couvre le territoire de Waterloo au sein de l’équipe de Groupe Radisson, accueille très favorablement l’abolition des horaires de faction.

Fin des horaires de faction pour des ambulanciers d’ici

Après plusieurs décennies à revendiquer l’abolition des horaires de faction, des services ambulanciers de la région ont eu gain de cause. Après Cowansville le mois dernier, voilà que les paramédicaux de Waterloo bénéficieront d’une partie de l’enveloppe de 28,2 M$, annoncée mercredi par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour améliorer les services préhospitaliers d’urgence.

C’est avec enthousiasme que les ambulanciers de Waterloo ont accueilli la nouvelle. « On jubile, a lancé en entrevue Pierre Brien, délégué syndical au sein du Groupe Radisson. Tout le monde est content. On se bat depuis plus de 30 ans pour l’abolition de ce maudit quart de travail. Au départ, ça devait être une mesure temporaire pour stabiliser les employés du préhospitalier. Mais ça nous a été imposé de façon permanente. Vraiment, c’est une très belle victoire. »

Propres aux régions rurales et communément appelés les « 7/14 », les horaires de faction obligent les ambulanciers à demeurer sur le qui-vive à la maison 24 h sur 24 durant une semaine entière. Suivent sept jours de congé. On retrouve notamment ce type d’horaire à Waterloo, Cowansville, Farnham, Bedford et Acton Vale. Dès qu’un appel d’urgence entre, les paramédicaux doivent se rendre le plus rapidement possible au garage pour partir avec un collègue. 

« Travailler sur des horaires de faction, c’est inhumain. Pas moyen d’avoir une vie de famille normale. Tu ne peux jamais rien prévoir parce que tout peut changer en quelques minutes. L’épicerie, un spectacle. Ça affecte toute ta vie », a fait valoir M. Brien, qui compte 31 ans d’expérience dans son domaine. 

Rappelons qu’en mai dernier, des ambulanciers de la région de Brome-Missisquoi s’étaient rendus au bureau du député Pierre Paradis, réclamant son aide pour dénouer l’impasse en ce qui concerne les horaires de faction. 

Négociations

L’homologue de M. Brien à Cowansville, Justin Gauthier, abonde dans le même sens que lui concernant l’injection de sommes dédiées à l’amélioration des services préhospitaliers. Il est par ailleurs d’avis que l’abolition des horaires de faction devrait permettre de relancer les pourparlers à propos du renouvellement de la convention collective des ambulanciers, échue depuis le 31 mars 2015. 

« Les annonces du ministre Barrette tombent à point. La fin des horaires de faction était dans les cahiers de charge [des représentants syndicaux] pour les négociations. Reste à voir si ça aura un effet positif pour la suite des choses », a-t-il mentionné.  

« Au courant des derniers mois, nous avons fait des pas importants dans notre négociation avec les entreprises ambulancières. Nous avons aussi bonifié nos analyses des besoins en termes d’ambulances et de transformation d’horaire de faction en horaire à l’heure. Aujourd’hui, nous ajustons la prestation des services ambulanciers au regard des nouvelles analyses. Nous sommes confiants que ces ajouts permettront aux compagnies ambulancières d’en arriver à des ententes avec leurs employés. [...] Ce conflit a assez duré », a pour sa part indiqué mercredi le ministre de la Santé par voie de communiqué.

Services à la population

En octobre, le ministre Barrette avait octroyé 9,6 M$ pour la conversion d’horaires de faction en quarts réguliers de travail. Cowansville fait alors partie des zones ciblées. Ainsi, quand les nouvelles mesures seront mises en place au cours des semaines à venir, le nombre de postes à temps complet doublera chez Groupe Cambi, passant de quatre à huit. Des ambulanciers seront embauchés pour combler les horaires à temps partiel. 

Le portrait sera similaire du côté de Groupe Radisson à Waterloo. Ce remaniement aura des retombées bien tangibles pour les services à la population, a fait valoir M. Brien. « Au lieu d’avoir des délais de temps de réponse de plus de 10 minutes de soir et de nuit, on vient de gagner énormément en efficacité. C’est majeur. »