Le pénitencier de Cowansville avait imposé un isolement cellulaire complet et une suspension des visites pendant trois jours la semaine dernière.

Des surdoses à l’origine de la fouille à Cowansville

Trois surdoses survenues parmi les détenus seraient à l’origine de la fouille générale menée pendant trois jours au pénitencier de Cowansville­ la semaine dernière.

C’est l’entrée d’une bonne quantité de drogue qui aurait amené l’établissement correctionnel à imposer un isolement cellulaire complet et une suspension des visites du 10 au 12 novembre, selon des informations obtenues par Le Journal de Montréal

Les autorités carcérales auraient notamment trouvé de l’héroïne et du suboxone, un médicament utilisé pour lutter contre la dépendance aux opiacés, entre les murs de la prison. Les gardiens ont aussi mis la main sur plusieurs armes artisanales lors de leurs fouilles.

La gestionnaire régionale des communications pour Service correctionnel Canada, Line Dumais, a indiqué que la valeur institutionnelle de la saisie s’élevait à moins de 2000 $. Des détenus présentant des symptômes d’intoxication auraient aussi été repérés par les agents correctionnels.

Les prisonniers avaient été confinés dans leur cellule et les visites interrompues afin de permettre au personnel de passer les lieux au peigne fin. Le commissaire adjoint intérimaire aux opérations correctionnelles, Claude Duguay, avait noté que ces deux mesures visaient à « assurer la sécurité de l’établissement » fédéral à sécurité moyenne.

Ce dernier avait souligné qu’il était commun de fouiller certaines cellules, mais qu’il était plus rare de ratisser l’ensemble d’un pénitencier dans ses moindres recoins.

« Habituellement, quand on fait un isolement cellulaire, c’est parce qu’on craint pour la sécurité des employés ou des détenus, avait expliqué Line Dumais, à La Voix de l’Est la semaine dernière. Dans ce cas-ci, ce qui est arrivé, c’est qu’il y a eu quelques incidents puis des perquisitions d’objets non autorisés. »

Pas de fentanyl

Le président de la section québécoise du Syndicat des agents correctionnels du Canada, Frédérick­ Lebeau, a confié au Journal de Montréal qu’heureusement, aucun fentanyl n’avait été trouvé. Il a toutefois indiqué que cette drogue faisait son apparition­ dans les pénitenciers.

Cet opioïde ultrapuissant, qui est environ 100 fois plus toxique que la morphine, fait présentement des ravages au pays, notamment dans l’Ouest canadien. Pas moins de 64 surdoses reliées à cette drogue ont été recensées en moins de deux mois cet automne à Montréal.

Un simple contact avec une petite dose de fentanyl peut suffire pour intoxiquer une personne. Une réalité qui inquiète grandement les agents correctionnels­ à travers le pays.

La naloxone, un antidote qui peut inverser temporairement les effets d’une surdose d’opioïdes, est présentement disponible pour les gardiens dans les établissements fédéraux, ce qui n’est pas encore le cas pour les prisons provinciales.