Patricia Gauthier, présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, soutient que les services à la population seront maintenus malgré le déficit accumulé de 17 millions $ au cours des six derniers mois d’activité de l’organisation.

Déficit de 17 millions $ au CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a accumulé un déficit de 17 milions $ au cours des six derniers mois en raison notamment de sa pénurie de main-d’oeuvre. Malgré tout, la direction de l’établissement entend maintenir son niveau d’activité dans tous les services, sans exception.

« Pour arriver à retrouver la santé humaine et financière de notre établissement et remplir notre mission en maintenant l’accessibilité des soins et services, nous concentrerons nos efforts sur les actions et décisions qui permettront de stabiliser les équipes et les opérations », a souligné lors d’un point de presse Patricia Gauthier, présidente-directrice générale.

Soulignons que le budget annuel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS est de 1,4 milliard $. Le déficit de 17 millions $ représente donc 2,5 % du budget.

Le conseil d’administration CIUSSS de l’Estrie – CHUS a adopté mercredi soir un plan de retour à l’équilibre budgétaire, et ses membres entendent déployer tous les efforts pour s’en rapprocher au 31 mars 2018 à la fin de l’année financière en cours, mais « il est réaliste de croire que nous y parviendrons au 31 mars 2019 », ajoute Pierre-Albert Coubat, directeur des ressources financières et de la logistique.

Santé psychologique liée au travail?

Les congés de maladie continuent de s’accroître au CIUSSS de l’Estrie-CHUS à un rythme soutenu, ce qui exige l’emploi de temps supplémentaire et de main-d’oeuvre indépendante.

« Sur notre déficit de 17 millions $, 3,3 millions $ sont liés aux absences maladie et à l’assurance salaire, 6 millions $ au temps supplémentaire et aux primes qui s’y rattachent, et 1,5 M$ concerne l’embauche de main-d’oeuvre indépendante », énumère Pierre-Albert Coubat.
Lors de la fusion des 14 ex-établissements de santé le 1er avril 2015, le tout nouveau CIUSSS de l’Estrie-CHUS avait pour objectif de maintenir ses activités pour l’an 1 et d’améliorer la trajectoire de service de ses patients pendant l’an 2. Pour cette troisième année, la direction du CIUSSS entend revenir au maintien des activités, ni plus ni moins.

Pas de bris de service

« Nous allons mettre de côté certains projets pour nous concentrer uniquement sur notre mission, sur notre raison d’être, celle d’offrir des soins et des services à la population », renchérit M. Coubat.

« Au cours des derniers mois, nous n’avons pas eu de bris de services, mais je vous assure qu’il a parfois fallu faire preuve d’imagination pour réussir à maintenir les services », précise Stéphane Tremblay, directeur général adjoint aux programmes santé physique générale et spécialisée.

Impossible de pointer du doigt quels sont les services ou les secteurs d’activités où la problématique est la plus grande. « Il faut comprendre que les besoins ne sont pas statiques, ils varient en fonction des besoins des patients. Cette semaine, c’est la salle d’urgence de l’hôpital de Granby qui pose problème », image le Dr Tremblay.

Y a-t-il des plans dans les cartables pour diminuer le niveau de service dans certains départements à court ou à moyen terme si la situation finit par devenir intenable? « Non. Nous n’en sommes pas là, pas du tout », répond fermement le Dr Tremblay.
problèmes psychologiques

La difficulté à recruter du personnel s’explique par la situation de plein emploi en Estrie, mais aussi par les absences pour les congés de maladie. En chiffres absolus, on peut dire que 1500 employés sur 17 000 sont absents tous les jours dans les différentes installations en raison d’un congé maladie. Environ 50 % d’entre eux le sont pour des raisons de santé psychologique.

« Nous avons besoin de nos gestionnaires pour savoir si le problème est lié au milieu de travail », explique Gilles Michaud, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques.

En ce sens, certains projets seront mis sur la glace pour que les gestionnaires soient le plus près possible des opérations afin de pouvoir dresser un portrait de la situation et établir les causes qui mènent à autant de départs.

Malgré le déficit budgétaire, le projet tant attendu du Centre femme-jeunesse-famille, ou Pavillon Enfant-Soleil, devrait tout de même commencer à prendre forme dès le printemps prochain alors que commenceront les travaux préparatoires sur les terrains du CHUS Fleurimont.