L’important écart est essentiellement lié au dossier du Parc des sommets, explique le directeur général de Bromont, Éric Sévigny.

Bromont en queue de peloton

Bromont figure au bas du classement de son groupe de référence sur le plan des dépenses municipales par habitant, révèle le Bilan des administrations municipales sortantes. Sans vouloir contester les chiffres, le directeur général de la localité, Éric Sévigny a remis en contexte certaines données qui, image-t-il, ont « fait pencher la balance ».

Selon le Bilan, les dépenses par habitant s’élevaient à 3160 $ en 2016 à Bromont, comparativement à 1570 $ pour la moyenne du groupe (localités de 5000 à 9999 citoyens), qui comprend notamment Lac-Brome, Farnham, Shefford, Saint-Pie et Saint-Césaire. Cet important écart est essentiellement lié au dossier du Parc des sommets, auquel la Ville a consenti 2,75 M $. 

« C’est une dépense d’un coup qui n’avait pas été budgétée en début d’année, a indiqué le DG. À la fin de 2016, on a dû s’approprier des sommes au surplus pour financer [le projet]. C’est venu s’ajouter comme un engagement. » Celui-ci équivaut à près de 308 $ pour chacun des 8900 Bromontois-, a-t-il précisé.

Autre statistique frappante : au cours du mandat actuel (2014-2016), la croissance annuelle moyenne des dépenses s’élevait à 7,2 % à Bromont, tandis qu’elle était de 0,6 % dans le groupe de référence pour la même période. Le portrait était inversé lors du mandat précédent (2010-2013). La hausse à ce chapitre était plus basse à Bromont en comparaison avec la moyenne du groupe, atteignant 2,6 % comparativement à 3,3 %. « Encore une fois, le montant attribuable au projet du Val 8 a créé un écart disproportionné », a fait valoir Éric Sévigny.

Excédent budgétaire

Bromont se démarque également grâce à ses excédents budgétaires récurrents. Selon le Bilan, 2014 a été particulièrement prolifique, avec un surplus de 1397 $ par habitant, alors que ces données ont varié de 246 $ à 788 $ depuis 2010. Cette situation « particulière » s’explique par le fait que les promoteurs ont cédé à la Ville plusieurs infrastructures routières au cours de cette année, a indiqué Éric Sévigny. « On a comptabilisé pour 9 M $ de rues en 2014, alors que la Ville les recevait pour 1 $, a-t-il dit. C’est venu accroître artificiellement- le surplus. »

Contrôle

L’important appui financier au projet de parc protégé s’est aussi reflété dans l’essor des dépenses par habitant depuis 2013 selon « l’activité » et « l’objet » dans le cadre du Bilan. Dans ces catégories, deux points sortent très distinctement du lot : les montants attribuables à l’hygiène du milieu puis aux biens et services, dont la croissance est respectivement de 354 $ et 298 $ pendant le dernier mandat. « Il s’agit des deux catégories de dépenses où le projet du Parc des sommets a été comptabilisé », a expliqué M. Sévigny. 

« Si on regarde uniquement 2016, on pourrait croire qu’on est en perte de contrôle des dépenses publiques. Mais ce n’est pas le cas. C’est purement contextuel, a réitéré le DG. [...] On a une structure bien dotée en termes de professionnels et de personnel qui permet de soutenir la croissance économique de Bromont. [...] On a un cadre financier rigoureux, une politique de gestion de la dette. Ça nous permet d’allumer des lumières jaunes pour éviter de nous éloigner de nos cibles. »

En ce sens, plusieurs baisses des dépenses ont été enregistrées à Bromont depuis 2013 : la sécurité publique (-20 $), le transport (-11 $), les frais de financement (-31 $) puis les contributions à des organismes (-19 $). Sans être ahurissantes, certaines augmentations retiennent toutefois l’attention : en loisirs et culture (+16 $), en rémunération (+22 $) de même qu’en amortissement (+51 $).

Selon Éric Sévigny, l’ADN de Bromont- rend la municipalité difficile à cataloguer. « Malgré sa taille, Bromont a énormément d’infrastructures touristiques en plus d’un immense parc industriel. Les services suivent la même tangente. En contrepartie, on a une très bonne richesse foncière qui approche deux milliards. Ça nous permet de répartir les dépenses en fonction de cette donnée. »