La présidente de la FIQ-SPSCE, Sophie­ Séguin
La présidente de la FIQ-SPSCE, Sophie­ Séguin

En première ligne de la COVID-19, les infirmiers « tiennent bon »

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Alors que le nombre de cas de coronavirus s’accroît au Québec, les effectifs du réseau de la santé sont à pied d’œuvre pour endiguer la propagation de la maladie et prendre en charge les gens qui l’ont contractée. Malgré cette pression, le personnel infirmier de première ligne dans les hôpitaux de l’Estrie garde le cap.

« Tout le monde met l’épaule à la roue. On a une équipe en or, a confié une infirmière qui travaille à l’urgence de l’hôpital de Granby, préférant que l’on ne divulgue pas som nom. On fait beaucoup d’heures, mais on tient bon. On a très à cœur la santé du public et on va mettre tous les efforts pour arriver à contenir la pandémie. »

Même son de cloche du côté de la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin. « Les infirmières tiennent le coup. Les professionnels en soins s’adaptent rapidement. Oui, c’est une période difficile, voire inquiétante à plusieurs niveaux. Mais, nos membres se retrouvent au quotidien confrontés à toutes sortes de maladies. Le coronavirus est une situation particulière, mais le personnel a la formation et les outils pour y faire face. »

Sensibilisation

Selon notre source infirmière, le message semble être passé dans la population concernant l’importance de se présenter à l’urgence seulement en cas de problème de santé majeur. Du moins au centre hospitalier de Granby (CHG).

En Estrie, des chapiteaux ont été installés à l’extérieur de l’Hôpital de Granby et de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Des centres de tests ont aussi été aménagés dans les urgences de l’Hôpital du Granit. Idem à l’établissement d’Asbestos. Pour être évaluées, les personnes doivent répondre à trois critères : revenir d’un voyage à l’étranger, présenter un ou plusieurs symptômes du coronavirus, soit la fièvre, la toux puis des difficultés respiratoires. Ceux-ci doivent se manifester dans les 14 jours après le retour de voyage.

Or, bien des gens font fi des consignes de Québec concernant les tests de dépistage de la COVID-19. « Les gens ont de la difficulté à respecter les critères. Des personnes se présentent même au chapiteau avec des demandes de dépistage de leur employeur. Ça augmente inutilement la charge sur le personnel. On travaille donc beaucoup sur le renforcement, sur l’enseignement aux patients. On leur explique ce qu’est une quarantaine, que c’est très important. Il faut une mobilisation sociale pour qu’on puisse amoindrir les impacts de la pandémie et éviter une catastrophe. »

Appui

La présidente de la FIQ-SPSCE lève son chapeau au CIUSSS de l’Estrie qui, jusqu’ici, « respecte les consignes du gouvernement à la lettre ». « Je n’ai rien à reprocher à l’employeur. Dès qu’il y a de l’information, on la reçoit rapidement », a-t-elle mentionné.

L’infirmière qui s’est confiée à La Voix de l’Est salue quant à elle « l’appui » du gouvernement Legault à l’endroit du personnel médical et son « courage » dans le dossier. « Prendre des décisions aussi drastiques, c’est loin d’être facile, a-t-elle dit. Mais il faut le faire pour le bien de toute la population. On sent que le gouvernement prend en compte notre réalité dans le réseau de la santé. On ne se sent pas abandonnés. » Un avis que partage Sophie Séguin.

Mesures

Jusqu’ici, les tentes de dépistage implantées en Estrie fonctionnent sans anicroche, a indiqué la représentante syndicale. De plus, l’ouverture par Québec de places en garderie dédiées aux enfants du personnel travaillant dans des services essentiels, entre autres dans le réseau de la santé, a « fait baisser la pression » sur les effectifs à pied d’œuvre, a souligné Mme Séguin.

D’autres mesures permettront également au personnel hospitalier de faire face à la hausse des cas de coronavirus. En ce sens, Québec a demandé à tous les établissements de libérer le plus de lits possible. Un « plan de délestage » doit être remis au ministère de la Santé pour orchestrer la suite des choses, a indiqué la présidente de la FIQ-SPSCE. « Cette mesure fera en sorte que certaines unités dans les hôpitaux verront leurs activités grandement diminuées au cours des semaines à venir. »

Des infirmiers ont également été déplacés de leur poste habituel pour prêter main-forte dans d’autres secteurs, entre autres pour répondre à la forte hausse d’appels chez Info-Santé. Selon Mme Séguin, plusieurs infirmiers à la retraite ont repris du service temporairement à la ligne 811. « On voit vraiment une grande mobilisation du personnel de la santé. On travaille tous pour traverser la tempête. »