Plusieurs garçons (et filles) du Collège Mont-Sacré-Coeur ont pris part au mouvement vendredi.
Plusieurs garçons (et filles) du Collège Mont-Sacré-Coeur ont pris part au mouvement vendredi.

En jupe à l'école pour une bonne cause

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
La journée a pris une tournure particulière, vendredi, au Collège Mont-Sacré-Coeur. Plusieurs élèves masculins de l’établissement granbyen ont joint le mouvement «Moi aussi je porte ma jupe» pour dénoncer le sexisme, notamment.

Devenu populaire au cours des derniers jours dans plusieurs écoles du Québec, le mouvement vise également à attirer l’attention sur l’hypersexualisation et la pression sociale que vivent les femmes.

Sur la page Facebook de l’institution privée, des photos montraient des garçons portant fièrement la jupe, longue ou courte, en signe de solidarité. Plusieurs filles avaient également enfilé cette pièce de vêtement pour l’occasion.

En fait, toutes les raisons étaient bonnes pour participer. Sur l’un des clichés, une demoiselle portait une affiche sur laquelle on pouvait lire «Aujourd’hui, on porte nos jupes pour arrêter l’hypersexualisation des femmes et dénoncer la masculinité toxique».

La directrice du deuxième cycle, Valérie Racine, ne pouvait que saluer cette «initiative d’implication citoyenne».

«Le conseil de vie étudiante a approché la direction en disant que le mouvement était sur les réseaux sociaux et qu’une journée était prévue pour appuyer le mouvement. Ils ont eu la bonne idée de nous demander s’ils pouvaient y participer. On a décidé de le faire, en leur demandant néanmoins d’être conforme à notre code vestimentaire.»

Devenu populaire au cours des derniers jours dans plusieurs écoles du Québec, le mouvement vise également à dénoncer le sexisme et à attirer l’attention sur l’hypersexualisation et la pression sociale que vivent les femmes.

Mme Racine constate que la participation a été importante, surtout parmi les élèves du deuxième cycle. Cette mobilisation a d’ailleurs donné lieu à de beaux moments.

«Les enseignants ont fait beaucoup de sensibilisation dans les classes, ils en ont parlé, ils ont répondu à des questions. Ç’a suscité des débats. On me dit que ç’a été bien agréable et bien drôle aussi!»

Solidaires

Parmi les garçons qui ont laissé tomber le pantalon pour une journée, Antoine Normandin affirme l’avoir fait pour supporter la cause... supportée par sa copine! «Elle a construit mon opinion sur le sujet. Il y a une pression de respecter un modèle et des idées préconçues sur les gars et les filles. Je trouve original de porter la jupe et de briser ces stéréotypes.»

Le fait de prendre position en groupe vient faciliter les choses, croit-il. Et éliminer le malaise d’être en jupe. «Beaucoup de monde a peur de se faire juger et de briser le moule. Vu que c’est un mouvement global, ça aide les gens à mieux s’exprimer.»

«La jupe, c’est étonnamment confortable. Si ce n’était pas du jugement de la société, je la porterais chaque jour!», lance pour sa part Gabriel Vincent. Lui aussi a joint le mouvement sous l’impulsion de sa douce. «La responsabilité va aux gars aussi, presque plus en fait. On se calme les hormones, les gars; les filles ont bien le droit de porter ce qu’elles veulent», fait-il remarquer.

Antoine rêve déjà d’une journée universelle du port de la jupe, qui reviendrait chaque année pour ramener le débat sur la place publique. «Ce serait un bon début!»

Vendredi, cette initiative n’a pas touché que le Collège Mont-Sacré-Coeur. Au même moment, plusieurs élèves de l’école secondaire J.-H.-Leclerc portaient aussi la jupe en appui au mouvement.

D’autres établissements d’enseignement secondaire de Granby pourraient faire de même mardi prochain.