François Choquette, 71 ans, sans médecin de famille depuis deux ans, compte faire le pied de grue chaque jour durant la campagne électorale devant le CLSC et l’hôpital de Granby.

En campagne pour sa santé

François Choquette en a ras le bol d’attendre pour avoir un médecin de famille. L’homme à la santé précaire a décidé de prendre les grands moyens pour se faire entendre.

« J’ai 71 ans, un cancer, une maladie de cœur. Pas de docteur de famille. Cela égal qualité de vie libéral », peut-on lire sur la pancarte que brandissait le Granbyen devant le CLSC Yvan-Duquette, jeudi après-midi.

François Choquette a confié à La Voix de l’Est avoir besoin de suivis de santé réguliers, se disant en rémission d’un cancer de la prostate, jumelé à des problèmes cardiaques. Il en avait d’ailleurs gros sur le cœur contre le parti actuellement au pouvoir.

« À mon âge et avec la santé que j’ai, ce n’est pas normal de passer plus de 12 heures à l’urgence pour avoir un papier pour des prises de sang ou parce que ça va moins bien. [...] Quand j’entends le slogan “qualité de vie libérale”, ça vient me chercher parce que la mienne n’est pas vraiment bonne. Alors, qu’ils [les libéraux] arrêtent de se péter les bretelles en disant qu’ils ont un bon bilan. C’est la première journée de la campagne électorale. Chaque jour jusqu’à l’élection, j’ai l’intention de venir devant l’hôpital et le CLSC. Quelqu’un va bien finir par m’appeler. »

M. Choquette vit à Granby depuis environ 10 ans. Il résidait auparavant à Mont-Saint-Hilaire, où pratique également son ex-médecin de famille. « Il y a deux ans, je n’en pouvais plus de faire l’aller-retour dans mon ancienne ville pour voir mon médecin. Alors, on m’a dit de le laisser pour être admissible à en avoir un nouveau à Granby. C’est ce que j’ai fait », a expliqué le septuagénaire.

À ce jour, il dit être sans nouvelle de qui que ce soit dans le réseau de la santé concernant son dossier. « Je ne comprends pas qu’en dedans de deux ans, on ne m’ait pas appelé. Vont-ils attendre que je passe le cap des 100 ans avant d’agir? Et le pire, c’est que personne ne veut me dire où j’en suis sur la liste », a-t-il déploré, faisant référence au guichet d’accès à un médecin de famille, le GAMF.

Selon les plus récentes données fournies à La Voix de l’Est par l’Association des médecins omnipraticiens d’Yamaska (AMOY), les taux d’inscription à un médecin de famille dans les Réseaux locaux de services (RLS) de la Haute-Yamaska et La Pommeraie avoisinent 90 %. Notons que la cible émanant de l’entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec [loi 20] est de 85 % pour l’ensemble du Québec.

Les données compilées par l’AMOY en date du 15 juillet indiquent que 3761 patients de la Haute-Yamaska sont inscrits au GAMF. De ce nombre, 31 personnes ont un bilan de santé nécessitant une prise en charge prioritaire (catégorie A). En ce qui concerne le RLS voisin, on compte 1280 patients sans médecin de famille, dont 14 cas de type A.