Elliot Gamache fait sa marque en course automobile à vitesse grand V.
Elliot Gamache fait sa marque en course automobile à vitesse grand V.

Elliot Gamache: le jeune fonceur

Isabelle Gaboriault
Isabelle Gaboriault
Rédactrice en chef de La Voix de l'Est
Lors des journées portes ouvertes dans les écoles secondaires de la région l’automne dernier, une question roulait en boucle dans la tête du jeune Elliot Gamache: à quand une option course automobile? Normal quand on est pilote et qu’à seulement 11 ans on se démarque... parmi les seniors.

On dit que la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre. Longtemps, Frédéric Gamache a été coureur automobile. Aujourd’hui, il travaille comme mécanicien pour une équipe granbyenne de course de voitures modifiées. Une passion qu’il a vite transmise à son fils Elliot. Le garçon n’avait que quatre ans quand il a fait ses premiers petits tours de kart sur terre battue. À cinq ans, il participait à ses premières courses. Tous les week-ends de l’été, qui s’étire pour eux d’avril à novembre, la famille Gamache (Elliot, Frédéric, Annick Blouin et leur fille Anaïs), parcourent le Québec à bord de son Winnabago pour aller aux courses. Parfois, père et fils font un crochet vers les États-Unis pour y tester leur bolide.

«Je gagnais tout!», raconte celui qui fréquente l’école primaire de Sainte-Cécile-de-Milton.

Présentement en sixième année, il espère être admis dans l’Option Plus sport aventure de l’école de la Haute-Ville de Granby l’an prochain. Même s’il rêve de percer dans le grand monde de la course automobile, comme plan B, il envisage de devenir professeur d’éducation physique.

«C’est bien beau la course, mais il faut pouvoir payer la maison, explique-t-il, le plus sérieusement du monde. Je vais donc me trouver un autre travail. Peut-être aussi entraîneur d’une équipe de soccer... J’aime les sports.»

Elliot avait huit ans quand il a quitté le karting pour prendre le volant d’un slingshot. La trentaine de trophées et la ceinture de champion qui ornent les murs de sa chambre où s’étire également une banderole de drapeaux à damier prouvent qu’il a fort bien fait dans la catégorie Slingshot Junior.

Ses exploits des dernières années lui ont d’ailleurs permis d’accéder plus rapidement à la catégorie Senior, normalement destinée aux coureurs de 14 ans et plus.

Des trophées, Elliot en possède toute une collection.

«Ça brasse!», lance Elliot pour illustrer la différence entre les deux catégories. Chez les seniors, le petit bonhomme se bat contre des ados qui ont le couteau entre les dents et des adultes cumulant des années d’expérience.

Qu’à cela ne tienne. Lors de sa première course, à l’Autodrome Drummond de Drummondville cet été, il est arrivé premier.

Dans une entrevue accordée tout de suite après son exploit, Elliot, comme un pro, se disait fier, même après être «parti en queue de peloton», d’être arrivé premier. «On avait une voiture ultrarapide», a-t-il ajouté avant de remercier ses précieux commanditaires et, bien sûr, son père, qui veille à l’entretien de son bolide.

«Je trippe au bout!, lance d’ailleurs Frédéric en parlant de son fils. Il me rend fier. On a développé une belle relation. Il a une belle confiance en lui et il n’a pas peur. Aussi, il ressent de plus en plus l’auto. Tout ce qui lui resterait à faire, c’est de développer un peu de masse musculaire...»

«Il faudrait qu’il s’entraîne les bras!», lance sa mère, Annick Blouin en faisant un clin d’œil à son garçon. «Je le sais. Je le dis souvent, mais je ne le fais jamais...», a-t-il avoué en riant.

La prochaine étape, ce sera de passer chez les professionnels. Mais pour ça, Elliott devra vraiment attendre d’atteindre ses 14 ans. Ce qui rend le coureur et son père... impatients.

«J’ai hâte!», disent-ils en chœur.

Ce à quoi la maman a une réponse fort appropriée.

«Dans le temps comme dans l’temps!, lance-t-elle. Elliot, c’est encore mon petit bébé...»