Les festivités de fin d’année ont pris une tournure plutôt amère en 2017 pour une Waterloise qui, un an et demi après avoir refusé de fournir un échantillon d’haleine, hérite désormais d’un dossier criminel.

Elle finit l'année au poste de police et écope d’un dossier criminel

Les festivités de fin d’année ont pris une tournure plutôt amère en 2017 pour une Waterloise qui, un an et demi après avoir refusé de fournir un échantillon d’haleine, hérite désormais d’un dossier criminel.

C’est vers 4 h 30, dans la nuit du 31 décembre 2017, que deux patrouilleurs de la Sûreté du Québec découvrent un véhicule enlisé à l’intersection de l’avenue des Terrasses et du boulevard de l’Horizon à Waterloo.

Claudette Chabot, qui était seule à l’extérieur de la voiture, indique aux policiers avoir glissé sur une plaque de glace. Comme il faisait très froid cette nuit-là, les agents l’invitent à attendre dans leur autopatrouille.

C’est à ce moment-là qu’ils remarquent une forte odeur d’alcool émanant de l’haleine de la Waterloise, qui échoue un alcootest réalisé sur place avec un appareil de détection approuvé.

Arrestation

Les policiers indiquent avoir lu ses droits à Mme Chabot au moment de son arrestation, puis à son arrivée au poste de la Sûreté du Québec de Waterloo.

La citoyenne réclame ensuite de parler à un avocat, mais les policiers constatent que celui-ci est à la retraite. Un autre procureur a toutefois repris les clients de son étude, et c’est avec celui-ci que Mme Chabot discute ensuite dans une pièce réservée à cet usage.

Quelques instants après la fin de l’appel, l’un des policiers se présente à la dame pour lui faire passer un alcootest. Celle-ci refuse, prétextant ne rien faire sans autorisation préalable de son avocat.

Les policiers lui expliquent alors, et ce, pendant plusieurs minutes, les conséquences d’un refus de souffler. Mme Chabot persiste et signe ; il faudra l’accord de son avocat.

Sceptiques qu’un avocat ait pu ordonner une telle chose, les policiers tentent de le contacter pour qu’il fasse entendre raison à sa cliente, en vain. Celui-ci est injoignable.

Un quart d’heure plus tard, ils tentent donc le tout pour le tout en informant Mme Chabot qu’elle doit décider si elle souffle dans l’alcootest ou si elle maintient son refus, avec les conséquences déjà énoncées.

« Je comprends que je refuse, que mon permis est suspendu, mon char est saisi et que je vais avoir un dossier. Y’a pas de problème pour un dossier, mon permis et mon char. Mon avocat va me dire quoi faire quand je vais l’appeler », leur a-t-elle répondu, signant même une déclaration d’événements à cet effet avant de quitter le poste.

Défense

Lors de son procès, dont l’audience a eu lieu le 17 mai dernier, Mme Chabot a fait valoir que les policiers avaient violé ses droits fondamentaux ; ce faisant, elle réclamait l’exclusion de la preuve et son acquittement sur-le-champ.

L’accusée affirme qu’un des deux policiers a été arrogant à son endroit et que son collègue ne l’a pas laissé parler seule à seul avec son avocat, ce qui l’a mise mal à l’aise.

Au juge Serge Champoux, qui présidait la cause, elle dit avoir mentionné plusieurs fois aux policiers qu’elle ne dirait ou ferait rien sans son avocat, mais qu’elle n’a jamais refusé de souffler dans l’alcootest. Elle souhaitait simplement parler avec son avocat en privé pour savoir quoi faire.

Le magistrat a toutefois retenu du témoignage de l’accusée que celle-ci « sentait qu’elle avait reçu un ordre de souffler et qu’elle savait ne pas avoir le choix d’y obtempérer ». De plus, ajoute-t-il, la déclaration solennelle signée au poste de police contredit le témoignage de Mme Chabot, témoignage qualifié d’« invraisemblable » par sa propre avocate, rapporte le jugement rendu il y a une dizaine de jours.

« Je n’accorde donc pas de crédibilité à l’accusée Chabot », raisonne le juge, qui conclut que les droits de l’accusée n’ont pas été bafoués.

Un verdict de culpabilité à la suite d’un refus de fournir un échantillon d’haleine entraîne une amende minimale de 2000 $ pour une première effraction, assortie d’une interdiction de conduire pour au moins un an.