La commission scolaire des Hautes-Rivières et trois employées qui oeuvraient à l’école Micheline-Brodeur de Saint-Paul-d’Abbotsford sont blâmées pour la façon dont elles ont traité le cas d’une élève intimidée.

Élève intimidée: la commission scolaire des Hautes-Rivières devra payer 68 000 $

La commission scolaire des Hautes-Rivières (Montérégie-centre) et trois de ses employées sont condamnées à payer 68 000 $ à une famille dont l’enfant a souffert d’intimidation à l’école Micheline-Brodeur de Saint-Paul-d’Abbotsford.

Dans un jugement récent, la juge Claude Dallaire, de la Cour supérieure, statue que la directrice de l’école ainsi que deux enseignantes avaient failli à leur tâche de protéger la jeune fille qui avait entre 9 et 10 ans au moment des faits, soit durant l’année scolaire 2010-2011.

L’élève, qui portait des orthèses car elle souffrait d’arthrite juvénile, avait reçu un coup de boîte à lunch, des objets lancés sur elle et subi des railleries via internet, où des camarades l’ont qualifiée de « full lette » en plus « d’autres propos disgracieux ».

Dans leur poursuite déposée l’année suivante et amendée par la suite pour atteindre 963 000 $, ses parents reprochaient à l’école de ne pas avoir protégé adéquatement leur fille et d’avoir minimisé ce qu’elle vivait, malgré leurs interventions répétées. 

L’intimidation était quotidienne et l’élève revenait souvent en larmes de l’école qu’elle fréquentait depuis la maternelle, en plus de souffrir d’anxiété, d’insécurité et de faire des cauchemars.

Les employées visées soutenaient pour leur part que la jeune fille le faisait exprès en « recherchant l’attention » et en s’habillant de façon « excentrique ». Elles alléguaient que les « conflits », dont elle a été victime, avaient été bien gérés. 

Biais défavorable 

La juge Dallaire donne partiellement raison à la famille en fixant le dédommagement à verser à 68 000 $. Elle estime que le témoignage de l’élève est « crédible et tout à fait vraisemblable » et reproche aux employées concernées d’avoir eu des « biais » défavorables face à elle, en plus d’avoir tardé à réagir adéquatement.

« L’intervention que les parents de cette enfant ont requise aurait dû être faite avec plus d’ouverture et de réelle collaboration », dit la juge. Les préoccupations de la mère, qui est avocate, étaient « sérieuses et justifiées » et tant l’enfant que les parents ont été « humiliés » par la manière dont la situation a été gérée.

« Les défendeurs ont priorisé leur réputation professionnelle et celle de l’école plutôt que de protéger [l’enfant] », ajoute le tribunal. Ils ont « pratiqué une sorte d’aveuglement volontaire en lien avec les droits fondamentaux de cette enfant-là » et manifesté « peu d’empathie à son égard ».

La juge reconnaît toutefois que la jeune fille, surnommée « princesse » par certaines enseignantes, pouvait avoir un comportement particulier en classe, tel que des propos inadéquats et une attitude hautaine. Son parcours scolaire s’est beaucoup amélioré après son changement d’école à l’année 2011-2012. Elle a aujourd’hui
18 ans.

La cause a été portée en appel par la commission scolaire des Hautes-Rivières, qui n’a pas rappelé La Voix de l’Est.

À propos

Une erreur s’est glissée dans l’article «Élève intimidée: Des Hautes-Rivières devra payer 68 000 $» publié dans l’édition du jeudi 7 novembre de La Voix de l’Est. La phrase «La juge reconnaît toutefois que la jeune fille, surnommée «princesse» par certaines enseignantes, pouvait avoir un comportement particulier en classe, tel que des propos inadéquats et une attitude hautaine» était inappropriée puisqu’il s’agissait en fait de déclarations faites par les défendeurs et non la juge. Nous nous en excusons.