Le maire Pascal Bonin dit avoir réagi parce que «les idées ne circulent pas assez» dans la campagne électorale.

Élections provinciales: « Le débat n’est pas à la bonne place »

La campagne électorale provinciale « dérape », selon le maire de Granby, Pascal Bonin. Plutôt que d’épiloguer sur le seuil d’immigration, les partis devraient proposer des solutions à la pénurie de main-d’œuvre, à l’origine du débat. Il y va même d’une suggestion : pourquoi ne pas mettre en place des allégements fiscaux pour favoriser le retour au travail des retraités ?

C’est la sortie de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lundi aux côtés du chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, qui a fait réagir son homologue de Granby. « Quand je vois des maires s’associer avec des partis politiques, comme Montréal vient de le faire, je me dis que je vais y aller aussi. Valérie Plante parle quasiment au nom des municipalités, mais je ne pense pas du tout comme elle », a-t-il laissé tomber à La Voix de l’Est.

Selon La Presse +, la mairesse de Montréal aurait émis des réserves au sujet de la proposition de la Coalition avenir Québec (CAQ) d’abaisser le seuil d’immigration au Québec. « J’ai 3 % de postes inoccupés en ce moment à Montréal, je vois très mal comment on pourrait diminuer le nombre d’immigrants », a-t-elle affirmé.

Le maire Bonin croit cependant que le débat autour du « seuil d’immigration est une illusion pour faire mal à un parti ». Ce n’est pas qu’il appuie un parti plus qu’un autre, précise-t-il. « Je ne suis pas d’accord avec le débat comme tel », fait-il plutôt valoir.

Une solution
Pascal Bonin se défend par ailleurs de vouloir « couper en immigration ». Il fait entre autres valoir que Granby est une importante communauté d’accueil pour les immigrants. Il dit avoir lui-même été « famille d’accueil » auprès de nouveaux arrivants.


«  Le débat autour du seuil d’immigration est une illusion pour faire mal à un parti.  »
Pascal Bonin, maire de Granby

Seulement, « le débat n’est pas à la bonne place », lance-t-il. « Le débat, c’est qu’on a un problème de main-d’œuvre. C’est ce qui amène la discussion sur le seuil d’immigration. La réalité, c’est ça. S’il n’y avait pas un problème de main-d’œuvre, je ne suis pas sûr que le seuil d’immigration serait un gros enjeu », dit-il.

Le maire Bonin est convaincu que la mise en place de mesures d’allégements fiscaux, qui permettraient aux retraités de réintégrer le marché du travail sans voir leur rente pénalisée, en inciterait plusieurs à envisager un retour, ne serait-ce qu’à raison de 15, 20 ou 25 heures par semaine.

« Probablement que ça coûterait moins cher que de faire venir des immigrants. Ce n’est pas parce que je ne veux pas en recevoir. Ce n’est pas parce que je trouve qu’ils ne sont pas bons. Mais on s’obstine sur le seuil, alors que ça n’a aucun rapport. Sur les 50 000 [immigrants] qu’on reçoit par année, combien sont prêts à travailler dans 8 ou 10 semaines ? À peu près pas. Moi, je parle d’une mesure qui aurait un effet immédiat sur la pénurie de main-d’œuvre », déclare-t-il.

Expertise
Par exemple, illustre Pascal Bonin, plusieurs ex-fonctionnaires à la retraite, encore en santé, pourraient être prêts à mettre à nouveau leur expertise à profit. « Ces gens-là ont l’expertise et la connaissance. [...] C’est important pour moi de mettre en lumière qu’il y a des gens de cet âge-là qui restent déjà ici et qui sont prêts. Il y en a, mais, actuellement, s’ils retournent [sur le marché du travail], on les pénalise », déplore-t-il.

Le maire fait également valoir que la génération des retraités, qu’ils aient 60 ou 65 ans, est composée de gens « travaillants ». « Le vendredi matin, ils rentrent. Tu ne te casses pas la tête, ils rentrent », dit-il.

Pascal Bonin dit réagir parce que, selon lui, « les idées ne circulent pas » suffisamment. Il s’est ainsi donné le droit de mettre son grain de sel dans la campagne.