Lucie Jacob, 89 ans, n’a pas pu voter par anticipation dimanche. Sa nièce, Monique Jacob, n’a pas apprécié que personne ne soit en mesure de remédier à la situation.

Vote par anticipation: des électeurs dans des résidences «oubliés»

TROIS-RIVIÈRES — Comme toutes les années électorales, Lucie Jacob tient à exercer son droit de vote. À 89 ans, la dame à mobilité réduite préfère le vote par anticipation pour éviter les longues files d’attente. Mais voilà qu’au bureau de scrutin mis en place dans sa résidence, aux Jardins Laviolette, le personnel électoral lui a indiqué, dimanche, qu’elle n’était pas sur la liste électorale. Une situation incompréhensible, selon Monique Jacob, qui accompagnait sa tante.

«On a eu quatre versions en l’espace de quelques heures», déplore Monique Jacob. «Ils ne pouvaient pas confirmer qu’elle était inscrite sur la liste électorale, sauf que je leur expliquais qu’elle avait reçu son carton à son nom à la bonne adresse, donc qu’elle devait être normalement sur la liste.»

Le personnel électoral leur a alors indiqué que l’octogénaire pourrait voter dans un autre bureau, situé sur le boulevard des Forges. Une fois là-bas, on leur a dit le contraire. On leur a remis un document confirmant que Lucie Jacob se trouvait bel et bien sur la liste électorale en lui disant de retourner aux Jardins Laviolette. «On est retourné au local de votation, et on a encore eu un refus de la part des gens du DGE qui étaient sur place. Elle n’a pas pu voter et ce qu’ils m’ont dit, c’est qu’elle ne pourrait sûrement pas voter par anticipation parce que le problème ne serait probablement pas réglé. On avait tellement de versions différentes d’une personne à l’autre qu’on a décidé de laisser tomber», raconte Mme Jacob.

L’octogénaire est loin d’être la seule dans son cas. En fait, certains résidents de Place Belvédère, des Jardins Laviolette et des Résidences du Manoir n’ont pas pu voter au bureau de scrutin présent dans leur établissement. Le directeur du scrutin de la circonscription de Trois-Rivières, André Carle, estime qu’environ 200 personnes ont été touchées. «Le problème, c’est que dans ces trois résidences, il y a des annexes qui ne sont pas visibles et lorsqu’on a fait le recensement de ces bâtisses-là, ça nous a complètement échappé. Ces gens-là s’attendaient de pouvoir voter en même temps que la résidence et ça n’a pas été le cas», explique M. Carle.

Il a donné comme exemple les Résidences du Manoir, dont l’un des pavillons se trouve sur la rue de Soulanges. Il n’a donc pas la même adresse que la bâtisse principale du Manoir, située sur le boulevard Rigaud. Les résidents vivant dans ce pavillon sont bel et bien sur la liste électorale, mais le personnel électoral ne les a pas inclus sur la liste de la résidence. Ils ne pouvaient donc pas voter à cet endroit. Ils devaient plutôt se rendre dans leur bureau de section de vote.

Devant cette situation, un bureau de vote a été mis en place une deuxième journée dans ces résidences pour ceux qui n’ont pas pu voter la première fois. Cet imbroglio a évidemment suscité bien des insatisfactions. «Ça nous a posé un problème assez important parce que les gens s’attendaient à tous voter la même journée», précise M. Carle. Cela a nécessité toute une logistique. «Il faut recommencer tout le processus parce qu’on doit premièrement les aviser. Il faut leur envoyer une petite carte dans chacun de leur appartement. Ça se peut aussi que la direction [des résidences] communique avec ces gens-là», mentionne M. Carle.

Par exemple, un bureau de vote était à nouveau disponible aux Jardins Laviolette lundi. Monique Jacob n’était pas au courant. «Le problème évidemment, c’est la communication», convient M. Carle.

Et ce n’est pas que ces résidents qui étaient insatisfaits. «Les partis n’aiment pas ça c’est certain», laisse tomber M. Carle.

Monique Jacob n’a pas apprécié qu’on soit incapable de l’informer convenablement de la situation et que sa tante se soit rendue dans un autre bureau absolument pour rien. «J’ai eu l’impression que les gens nous disaient n’importe quoi parce qu’ils ne savaient pas eux-mêmes ce qui s’était passé. C’est un cafouillage, c’est un vrai cafouillage», déplore-t-elle. «Du barouettage comme ça pour une personne âgée, ça n’a pas de bon sens», ajoute-t-elle.

Elle croit que sa tante va voter le 1er octobre finalement. «Elle était très déçue et inquiète aussi parce qu’elle tient beaucoup à voter. Je l’ai rassurée en lui disant que si elle n’était pas capable de voter par anticipation, je vais être là le 1er octobre pour l’amener.»

Un taux de participation élevé

Le vote par anticipation va bon train dans la région et jusqu’à maintenant, c’est la circonscription de Trois-Rivières qui remporte la palme pour ce qui est du taux de participation. De vendredi à dimanche, 11,02 % des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote.

Le directeur de scrutin dans Trois-Rivières, André Carle, peut confirmer que tous les bureaux de vote ont été fort occupés. «Il y a eu une grande affluence. Inespérée même, je dirais. Il y a eu du monde partout», précise-t-il.

Le taux de participation dans les trois autres circonscriptions de la Mauricie est également élevé. Dans Champlain, il est de 10,03 %, dans Laviolette-Saint-Maurice de 10,37 %, et finalement dans Maskinongé, 10,78 % des électeurs sont allés voter.

Sur la rive sud, les gens de Nicolet-Bécancour ont été moins nombreux, pour l’instant, à se rendre aux urnes. Le taux de vote s’élève à 7,92% dans cette circonscription.

Notons que les résultats de lundi ne seront pas disponibles avant mardi matin. Il est toujours possible d’aller voter par anticipation. Les électeurs peuvent se rendre au bureau de leur directeur de scrutin mardi, mercredi et jeudi. Pour savoir où il se trouve, vous pouvez consulter le site internet d’Élections Québec.