Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, en entrevue éditoriale au Nouvelliste.

Québec solidaire: «On joue dans la même ligue»

TROIS-RIVIÈRES — Alors que les récents sondages accordent à Québec solidaire un niveau d’appui historique, son porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois affirme «qu’on joue dans la même ligue que les autres formations politiques».

«On n’est plus dans la ligue américaine», a-t-il confié, mardi, en entrevue éditoriale au Nouvelliste. Il arrivait d’une rencontre avec les étudiants de l’UQTR où il fut accueilli chaleureusement. Il faut dire que QS obtient la plus grande cote d’amour chez les 18-34 ans. D’ailleurs, une opération campus vient de débuter pour inciter les jeunes à voter.

Comment explique-t-il un certain transfert de vote de la droite vers la gauche? «Il y a une fatigue envers les partis traditionnels. Sauf qu’il faut faire attention à la CAQ qui prétend incarner le changement alors qu’il propose la même recette que les libéraux», fait-il remarquer.

Celui-ci ne manque pas de souligner à quel point Québec solidaire réussit à mobiliser les gens avec des rassemblements qui attirent jusqu’à un millier de personnes.

«On ne fait de croix sur aucune région. En Mauricie, nous n’avons pas de candidats vedettes, mais aucun n’est parachuté», a-t-il soulevé, faisant référence, sans la nommer, à la candidate de la CAQ dans Champlain, Sonia LeBel, qui «sans aucune gêne ne souhaite pas s’établir ici».

Interrogé sur une possible balance du pouvoir dans l’éventualité d’un gouvernement minoritaire, Gabriel Nadeau-Dubois a répondu que «peu importe le rôle de Québec solidaire, on va être utile». «On en a fait la démonstration», a-t-il ajouté.

Par rapport au lock-out à l’Aluminerie de Bécancour, le député de Gouin rendrait les tarifs préférentiels d’électricité conditionnels à une entente avec les travailleurs. «Le gouvernement a une responsabilité», affirme-t-il.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, dévoilant sa mesure sur les CLSC, en compagnie de ses candidats, Valérie Delage, dans Trois-Rivières, Steven Roy-Cullen, dans Champlain, et Simon Piotte, dans Maskinongé.

Selon lui, la création d’un réseau publique de fibres optiques, d’une agence de transport interurbain et d’une filière du lithium seraient bénéfiques à la Mauricie.

Questionné sur l’aide aux médias, Gabriel Nadeau-Dubois se dit favorable, «mais pas à la pièce». «L’État devra jouer son rôle, mais il n’y a pas de solutions parfaites sur la table. Il faut accompagner les médias traditionnels dans leur adaptation», croit celui qui évoque aussi la question de l’équité fiscale.

Plus tôt en journée, il s’était rendu devant le Centre Cloutier-Du Rivage pour y dévoiler un engagement phare de son parti en matière de santé. Ainsi, un gouvernement solidaire réinvestira dans le réseau public de santé et accordera la priorité aux services de première ligne par l’entremise de CLSC qui seront ouverts 24 heures par jour, 7 jours sur 7 sur l’ensemble du territoire québécois.

Depuis 15 ans, dit-il, les réformes successives des libéraux dans le milieu de la santé ont eu des impacts négatifs sur l’accès des Québécoises et des Québécois aux soins de santé. À son avis, les coupes budgétaires ont conduit à une diminution de la qualité et de l’accès aux services de proximité. Quant à la réforme Barrette, «elle a eu pour effet de concentrer l’argent et le pouvoir entre les mains des médecins, au détriment de l’ensemble des autres professionnels de la santé, qui souffrent d’épuisement professionnel».

«Notre système de santé n’est pas sous-financé, il est mal financé. Les services de santé de première ligne et les services sociaux sont complètement sous-financés, alors que les médecins et les compagnies pharmaceutiques sont surfinancés. Les ressources sont là, il suffit juste de mieux les allouer, en particulier vers les services de proximité et la prévention. Nous, on n’a pas peur de prendre l’argent là où il est, et de le réinvestir là où c’est nécessaire», a-t-il déclaré.

Québec solidaire compte donc replacer les CLSC en première ligne du système de santé en les rendant accessibles au public en tout temps, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Cette mesure, qui représente des investissements de 980 millions $, sera financée grâce à la mise en place de Pharma-Québec, le pôle public d’achat et de production de médicaments, qui fera épargner plus de 2,51 milliards $ par année à l’État québécois.

Avec plus de 292 points de service partout sur le territoire québécois, les CLSC constituent les services de proximité les plus étendus au Québec et permettent d’avoir accès rapidement à divers professionnels de la santé comme des infirmières, des travailleuses sociales ou des psychologues, a-t-il signalé.

«Dans les CLSC, on fait de la prévention, de la médecine de famille ou des suivis de grossesse. On y traite aussi des soins mineurs comme l’hygiène des plaies, des prélèvements, des soins dentaires. En fait, les CLSC nous permettent de rapprocher les soins de première ligne du milieu de vie des gens et de limiter l’accès aux urgences des hôpitaux pour les vraies urgences. Les gros bobos resteront dans les urgences et les petits bobos seront traités dans les CLSC», a fait valoir Gabriel Nadeau-Dubois.

«Les CLSC ont toujours été sous-utilisés par rapport à leur potentiel. Ce sont pourtant des points de services accessibles partout au Québec, où les professionnels de la santé travaillent en équipe et en concertation avec les organisations de leurs milieux respectifs. Les structures sont là, il faut les utiliser. Notre programme, il est simple: remettre le financement dans les CLSC, qui sont déjà à notre disposition et qui ont fait leurs preuves», a conclu son candidat dans Champlain, Steven Roy-Cullen.