Manon Massé, Gabriel Nadeau-Dubois et Alexandre Legault ont visité Pleins Rayons en compagnie du directeur de l’organisme, Stephan Marcoux.

Québec Solidaire en visite dans Brome-Missisquoi

Les deux porte-paroles de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, ont entamé leur tournée électorale des régions du Québec mardi en visitant Brome-Missisquoi. Premier arrêt, les locaux de Pleins Rayons, un organisme de Cowansville qui permet à des adultes autistes ou ayant une déficience intellectuelle de développer leurs compétences et de participer activement à l’économie locale.

Mme Massé et M. Nadeau-Dubois ainsi que leur candidat solidaire dans Brome-Missisquoi, Alexandre Legault, ont rencontré le directeur général de Pleins Rayons, Stephan Marcoux, qui leur a fait visiter les installations et les différentes stations de travail où une douzaine de personnes travaillent quotidiennement.

Après l’âge de 21 ans, les personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme, une déficience intellectuelle ou la Trisomie 21 ne peuvent plus aller à l’école. Depuis trois ans, Pleins Rayons a donc développé sept projets d’économie sociale que ces personnes réalisent avec brio et entrain. 

En plus de la réparation de vélos — 500 vélos ont été distribués gratuitement dans la communauté en trois ans —, les participants fabriquent et installent des nichoirs pour les merles bleus, les hirondelles bicolores ainsi que pour les chauves-souris. 

« Les chauves-souris mangent beaucoup d’insectes. Elles sont importantes pour les producteurs maraîchers et les vignobles parce que les insectes s’attaquent à leur production », a expliqué aux représentants de Québec solidaire Stephan Marcoux. Jusqu’à présent, 14 vignobles et plusieurs producteurs en profitent. Leur effet a permis à un vigneron de Dunham de diminuer de 70% son utilisation d’insecticide. 

« C’est fascinant !, a lancé Manon Massé durant la visite. Ce que je saisis du travail que vous faites, [...] c’est que vous avez du fun, vous leur transférez des habilités, vous développez leur estime de soi. Et en plus, ils font du travail qui est injecté ensuite dans la communauté et qui est bon pour l’environnement. »

Si ce sont douze personnes qui participent quotidiennement aux projets, ils sont plutôt autour de 70 à tirer profit des ateliers de Pleins Rayons. Interrogés par les politiciens en visite, les gens sur place ont expliqué ce que leur apporte l’organisme.

Donner un support financier

Notons que le travail de de Pleins Rayons est effectué sans support gouvernemental. « Ce sont des gens qui ne comptent pas pour la société, a affirmé avec amertume Stephan Marcoux en entrevue. Pour le gouvernement, des personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou le spectre de l’autisme ne rapportent pas à l’État. Alors, pourquoi investir pour quelqu’un qui coûte de quoi ? C’est comme ça qu’on pense, mais ce n’est pas vrai ! Le gouvernement ne valorise pas ce qu’on fait et on refuse même de me reconnaître comme organisme à but non lucratif  [tant à Québec qu’à Ottawa] ».

« Il y a des enveloppes qui existent et on veut les gonfler parce qu’on [croit en] une économie qui ne sert pas seulement aux gens qui sont là, mais aussi aux communautés, a indiqué Mme Massé en mêlée de presse. On va avoir plus d’annonces, comme des fonds de développement régionaux. Je pense qu’ils [Pleins Rayons] ont besoin de reconnaissance. Ils font [leur travail] sans avoir un sou de l’État. Ça ne marche pas. Et collectivement, on a à accueillir la diversité de l’humanité, et ça inclut les gens qui ont du potentiel extraordinaire. L’exemple des nichoirs à chauve-souris est extraordinaire. »

Pleins Rayons emploi trois salariés, dont M. Marcoux, et compte sur l’aide du privé pour financer ses activités. L’organisme aurait pu fermer, en novembre dernier. Une aide obtenue du privé assurera toutefois le fonctionnement de Pleins Rayons pour trois ans encore. La Ville de Cowansville donne aussi un coup de main fort apprécié du directeur général. 

Stephan Marcoux espère que la visite de Québec solidaire fera boule de neige et que son cri du cœur sera entendu des autres partis. Déjà, Isabelle Charest, candidate de la CAQ, a visité les installations vendredi.

Agriculture différente

Questionnée en mêlée de presse sur le vote anglophone dans Brome-Missisquoi, Manon Massé assure que les propositions de QS rejoignent aussi cette portion de l’électorat. « Ce sont des propositions qui touchent l’ensemble des Québécois, qu’ils soient anglophones, allophones ou francophones, a-t-elle plaidé. Prenons par exemple l’assurance dentaire pour tout le monde qui va permettre aussi aux anglophones de mettre des centaines, voire des milliers de dollars, dans leurs poches annuellement pour pouvoir prendre soin de leurs dents. »

Les deux porte-paroles sont assis montrés élogieux envers Alexandre Legault avant de reprendre la route. « On a un jeune candidat qui incarne bien la relève à Québec solidaire. On voit un jeune homme dynamique, très présent sur les réseaux sociaux qui a fait de l’environnement une priorité au cœur de sa campagne. »

La tournée solidaire dans Brome-Missisquoi s’est ensuite arrêtée aux Jardins de la grelinette, à Saint-Armand. « Les Jardins de la grelinette représentent très bien le mouvement vers la transition en agroécologie dans la région, a mentionné Alexandre Legault. C’est né ici. Jean-Martin Fortier et Maude Hélène Desroches ont un projet fort qui a une visibilité internationale. »

La micro-ferme fait en effet parler d’elle depuis sa fondation en 2004. Elle est écologique, fonctionne sans tracteur et rapporte des revenus de plus de 150 000$.

La tournée s’est terminée avec le lancement du local électoral du candidat Legault.