En conférence de presse à Mont­réal, la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a affirmé que le Parti libéral du Québec, la Coalition avenir Québec et le Parti québécois s’entendaient au moins sur une chose : que le parti de gauche «est un danger pour la vieille classe politique».

QS dit avoir mené une campagne «ambitieuse»

Québec solidaire dit avoir mené sa campagne électorale «la plus ambitieuse» de son histoire cette année, qui a toutefois été marquée par une multiplication des attaques de la part de ses adversaires, mais la porte-parole Manon Massé croit être sortie indemne de cette joute.

«Les attaques n’ont pas eu gain de cause. Si mes adversaires pensaient utiliser des vieilles techniques de déstabilisation, ça n’a pas beaucoup fonctionné», a-t-elle confié en entrevue téléphonique, dimanche midi.

La porte-parole et candidate au poste de première ministre traçait le bilan de campagne de son parti, dimanche, un jour avant les élections de lundi et elle s’est dite très fière d’avoir «secoué l’establishment». Selon elle, QS est maintenant un parti «incontournable» au Québec.

En conférence de presse à Montréal, Mme Massé a affirmé que le Parti libéral du Québec, la Coalition avenir Québec et le Parti québécois s’entendaient au moins sur une chose: que le parti de gauche «est un danger pour la vieille classe politique».

En fin de campagne, Québec solidaire a été la cible de plusieurs attaques, venant notamment du chef péquiste Jean-François Lisée.

Le chef du PQ accusait les médias d’avoir donné une «partie gratuite» à Québec solidaire et a affirmé que certains des militants du parti étaient marxistes. En entrevue en anglais, Mme Massé avait confirmé que son parti était marxiste, avant de se raviser, évoquant sa mauvaise connaissance de la langue de Shakespeare.

Avec le recul, la porte-parole de QS a catégoriquement nié l’idée que son parti ait été traité différemment, même si les médias n’ont pas suivi la caravane solidaire comme ce fut le cas pour les autres partis.

«J’ai fait la tournée comme les autres chefs, j’ai participé à trois débats, d’ailleurs avec une jambe cassée. J’ai fait toutes les tables éditoriales. Je ne pense pas du tout que j’ai eu une partie facile, au contraire», a-t-elle soutenu.

«Faire campagne avec un fémur qui va pas bien, je peux dire que juste ça, ce n’est pas une partie facile.»

«Tout est une amélioration»

Interrogée sur le nombre de sièges que son parti souhaite remporter, Mme Massé est restée évasive. En entrevue avec l’émission de radio «La Soirée est encore jeune», samedi soir, la porte-parole avait laissé entendre que l’élection de sept députés, par exemple, ne serait pas décevante pour le parti. Dans cette éventualité, QS ne serait toujours pas reconnu comme un parti officiel à l’Assemblée nationale.

«Un député de plus, deux de plus, dix de plus, trente de plus. Tout est de l’amélioration, mais sincèrement je pense que demain, on va vraiment créer des surprises», a-t-elle indiqué.

À la dissolution de l’Assemblée nationale, Québec solidaire détenait trois circonscriptions, toutes situées à Montréal. Le parti espère augmenter ses appuis dans la métropole, mais aussi faire des percées à Québec, Sherbrooke et Rouyn-Noranda.

Manon Massé a écarté la possibilité de former une coalition gouvernementale avec un autre parti advenant l’élection d’un gouvernement minoritaire, lundi. Mais si tel est le cas, le parti va profiter de sa balance du pouvoir pour faire adopter des projets chers à ses yeux.

Et QS n’espère pas nécessairement l’élection d’un gouvernement minoritaire, indique Mme Massé.

«Si je regarde dans la dernière législature, Québec solidaire ne s’est jamais empêché de faire passer ses idées, je pense au projet de loi qu’a déposé Françoise David pour protéger les aînés en logement, je pense à la modification au niveau de la loi pour les personnes trans», a-t-elle illustré.