L’ex-président du Parti québécois, Raymond Archambault laisse entendre que la nouvelle époque serait progressivement advenue en partie en raison du manque d’ambition de sa propre formation politique sur le front de l’indépendance.

«On vient de changer d’époque», dit un ex-dirigeant péquiste

«On vient de changer d’époque», affirme au Soleil l’ex-président du Parti québécois (PQ), Raymond Archambault, en analysant les résultats électoraux de lundi au Québec.

Il constate que des électeurs souverainistes du Parti québécois sont passés chez Québec solidaire (QS) durant la campagne électorale. Mais il estime en même temps que le succès du parti de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois dans les urnes va bien au-delà du discours que certains de leurs candidats et ces deux co-porte-parole ont pu tenir sur l’indépendance.

«Chez QS, ils veulent refaire le monde», ce qui correspond «pas mal à ce que pensent ou veulent beaucoup de jeunes», réfléchit tout haut Raymond Archambault pour expliquer plus globalement la poussée enregistrée par les solidaires. La clé de la croissance électorale de QS serait là, dans l’espoir qu’il a donné de contribuer à «refaire le monde».

L’ex-président du PQ constate surtout que la nouvelle Assemblée nationale est et sera dominée par des élus non souverainistes ou fédéralistes. C’est l’illustration la plus éclatante de la nouvelle donne, de la «nouvelle époque», à ses yeux.

«Et ce n’est pas parce que l’indépendance n’est plus nécessaire», s’empresse-t-il d’ajouter.

M. Archambault va au-delà de ces constats. Il établit des responsabilités. Il laisse entendre que cette nouvelle époque serait progressivement advenue en partie en raison du manque d’ambition de sa propre formation politique sur ce front de l’indépendance.

«On a une responsabilité au Parti québécois de ne pas en avoir fait un enjeu électoral depuis le référendum de 1995», pense l’ex-président du parti. Cette absence a rendu «l’option un peu vieillotte» aux yeux de plusieurs, «un peu désuète», dit-il.

«Nous sommes nés dans un contexte politique qui n’a pas changé, alors que la clientèle électorale, elle, a fini par changer.»