La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Les maires exigent des partis qu'ils s'engagent à leur verser un point de TVQ

QUÉBEC — Le monde municipal profite de la campagne électorale pour exiger des leaders politiques qu'ils s'engagent à transférer aux municipalités un point de pourcentage de la TVQ, soit plus d'un milliard de dollars par année.

Réunis en congrès à Québec vendredi, les maires semblent plus déterminés que jamais à obtenir la réforme fiscale qu'ils réclament depuis longtemps au gouvernement du Québec, et qui se traduirait essentiellement par le transfert d'un point de la taxe de vente du Québec (TVQ).

Les chefs ou porte-parole des quatre principaux partis (Philippe Couillard, du Parti libéral du Québec, François Legault, de la Coalition avenir Québec, Jean-François Lisée, du Parti québécois, et Gabriel Nadeau-Dubois, pour Québec solidaire) ont confirmé leur présence au Sommet municipal 2018 organisé par l'Union des municipalités du Québec (UMQ), un événement qui devrait réunir vendredi au Centre des congrès de Québec 400 maires impatients d'entendre les promesses électorales de chacun.

Ces quatre leaders politiques s'étaient déjà engagés publiquement, lors des assises annuelles de l'UMQ, en mai dernier, à donner suite aux revendications du monde municipal, s'ils prenaient le pouvoir le 1er octobre, mais les maires demeurent sceptiques. Leur impatience est palpable.

Attentes élevées

En conférence de presse jeudi, à l'hôtel de ville de Québec, les maires n'ont pas caché que leurs attentes étaient très élevées, leur patience limitée, et qu'ils entendaient bien accentuer la pression pour obtenir gain de cause.

Le gouvernement du Québec doit accepter de «partager la richesse», a commenté le maire de Québec, Régis Labeaume, disant vouloir obtenir des «garanties» des chefs de parti vendredi et des échéances précises. Le monde municipal veut savoir «c'est quand le closing», a-t-il observé.

«On ne veut pas de demi-mesures», a renchéri le président de l'UMQ et maire de Drummondville, Alexandre Cusson, réclamant de toute urgence un «transfert inconditionnel» d'une part de la TVQ au monde municipal.

Depuis des années, les municipalités cherchent désespérément de nouvelles sources de revenus pour boucler leur budget.

Le régime fiscal qui régit les municipalités date du 19e siècle et n'est plus du tout adapté aux exigences d'aujourd'hui et au type de services que doivent fournir les municipalités à leurs citoyens, a fait valoir de son côté le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Nouveau pacte fiscal

Les maires veulent avoir conclu un nouveau pacte fiscal avant septembre 2019.

S'ils obtiennent le point de TVQ, les maires ont dit qu'ils avaient la «maturité» nécessaire pour trouver la formule de partage susceptible de ne pas créer de bisbille entre eux, au moment de se partager le gâteau.

Parmi les enjeux qui seront abordés vendredi entre les maires et les chefs de parti, notons l'occupation du territoire, la pénurie de main-d'oeuvre, l'immigration et le transport collectif.

«Où est-ce qu'on s'en va avec le transport collectif?», s'est interrogée la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Elle a dit qu'il fallait cesser en ce domaine de faire des projets à la pièce, disant souhaiter que les chefs de parti vont pouvoir afficher «une vision claire» en matière de transport en commun.