Jeudi, le chef caquiste François Legault a visité les installations de l’entreprise Prévost Car, à Sainte-Claire de Bellechasse.

Legault appuie les taxis... et Uber

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, se dit prêt à appuyer l’industrie du taxi dans ses efforts de modernisation, tout en continuant de plaider fermement en faveur d’Uber et de «l’économie de partage».

Une brève rencontre «informelle» a eu lieu jeudi après-midi entre François Legault et le président de Taxi Coop et du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy, à la demande de ce dernier.

«Je voulais connaître sa vision de l’industrie du taxi», a expliqué au Soleil M. Homsy au sortir de la rencontre, qui s’est déroulée à l’intérieur de l’autobus de campagne de François Legault, stationné dans le secteur de l’avenue des Hôtels, à Sainte-Foy.

La rencontre a été «cordiale», s’est réjoui M. Homsy. «Il s’est dit d’accord avec le principe de l’équité et sur l’importance de moderniser notre industrie», a-t-il brièvement rapporté.

En entrevue téléphonique avec Le Soleil, en fin d’après-midi, le chef de la CAQ s’est dit d’avis que le président de Taxi Coop et du RITQ «comprend qu’on doit moderniser cette industrie-là, et il comprend qu’on doit aussi penser consommateurs».

«Ce n’est pas toujours le cas quand on rencontre les chauffeurs de taxi, mais dans son cas, je pense qu’il comprend bien cette dynamique-là», a commenté François Legault, qui voit «d’un bon œil» la fusion des territoires de taxi de la région de Québec.

«La Priorité : c’est le consommateur»

Le chef de la CAQ a rappelé qu’il était «le premier à l’Assemblée nationale à dire qu’il fallait accepter Uber». «Pour moi, c’est clair qu’on doit garder l’économie de partage et des entreprises comme Uber, tout en s’assurant qu’ils paient leurs impôts, leurs taxes, que ce soit sécuritaire, etc. […] Oui, il faut avoir une équité pour les chauffeurs de taxi, mais il faut aussi s’assurer que les consommateurs ont accès à un produit de qualité au moindre prix. Qu’on le veuille ou non, Uber a révolutionné le transport de passagers, ça a permis d’avoir accès à des tarifs beaucoup plus bas», a souligné François Legault, pour qui «la priorité, c’est le consommateur».

M. Legault a toutefois dit comprendre la situation des chauffeurs de taxi «qui avaient payé des permis très cher et qui se retrouvent dans une situation qui n’est pas toujours équitable». «Eux aussi ont besoin de plus de flexibilité», a-t-il convenu.

Le gouvernement Couillard a accordé un montant de 250 millions $ pour indemniser les propriétaires de permis de taxi, dont la valeur a diminué, notamment en raison de l’arrivée d’Uber dans la province. Les taxis réclamaient une somme de 500 millions $ en compensations.

«L’autre 250 millions $, moi, je suis ouvert à en discuter. Est ce qu’il n’y aurait pas des façons de leur faciliter la vie, de leur donner accès à certains marchés? […] Il faut voir comment il faut la moderniser cette industrie, mais c’est clair qu’il faut la moderniser», a insisté M. Legault.

«J’ai dit à M. Homsy que j’étais prêt, si on est élu le 1er octobre, à m’asseoir et à discuter», a-t-il ajouté. Selon lui, «il y aura urgence de voir ce qu’on fait après la fin [en octobre] du projet-pilote avec Uber, voir ce qui a bien marché, faire une espèce de post-mortem et s’ajuster pour la suite des choses».