Le Directeur général des élections du Québec Pierre Reid a annoncé vendredi une campagne publicitaire visant les jeunes.

Le DGE fait appel aux «influenceurs» pour stimuler le vote des jeunes

QUÉBEC — L’indifférence d’une partie croissante de la population envers le processus électoral force le Directeur général des élections (DGEQ) à prendre les grands moyens, notamment en faisant appel à des «influenceurs» québécois.

Au coût de 3,8 millions $, une campagne publicitaire va déferler au cours des prochaines semaines dans les médias traditionnels et les médias sociaux en vue d’inciter les Québécois à se prévaloir de leur droit de vote le 1er octobre.

Un volet de la campagne s’adressera à la population en général, tandis que l’autre, «plus éclaté», visera particulièrement les jeunes âgés de 18 à 24 ans, les citoyens les plus susceptibles de rester chez eux le jour du vote.

Phénomène inquiétant: près de la moitié (45 pour cent) des citoyens faisant partie de ce groupe d’âge ont boudé l’élection générale de 2014.

Dans la population en général, la tendance à l’abstention est aussi en hausse constante depuis une trentaine d’années, mais le phénomène est moins généralisé. En 2014, le taux de participation des électeurs au scrutin général était de 71 pour cent.

N’empêche, un fait demeure: une proportion sans cesse plus importante des Québécois renonce à son pouvoir de choisir le prochain gouvernement en exerçant son droit de vote.

Cela fait en sorte que les gouvernements sont désormais élus avec une fraction de l’électorat.

Le Directeur général des élections, Pierre Reid, espère que ces campagnes publicitaires contribueront à influencer le cours des choses et à inverser cette tendance lourde, peu compatible avec l’esprit démocratique.

Il a rendu publique vendredi la campagne publicitaire bientôt diffusée un peu partout, à la télé, à la radio, sur le web et dans les réseaux sociaux. Les stations de métro ne seront pas oubliées, pas plus que les autobus et même les restaurants Tim Hortons.

Pour toucher les jeunes, on a choisi d’aller les rejoindre là où ils sont: Facebook, YouTube, Spotify, Twitter, Instagram, etc.

Autour du thème «On est prêts à tout pour que tu votes», on tentera de les influencer en faisant appel à des personnalités auxquelles, apparemment, ils s’identifient: Alanis Desilets, ancienne participante d’Occupation double à Bali et très populaire sur Instagram, Gaboom Films (cinéastes amateurs), très populaires sur Facebook et YouTube, Sébastien Toutant, planchiste en vogue sur Instagram, et Yannick De Martino, humoriste apprécié sur Facebook.

«Je considère qu’il est de mon devoir de tout mettre en oeuvre pour tenter de les sensibiliser à cette expression de la démocratie», a dit M. Reid à propos des jeunes électeurs, en conférence de presse, dans ses bureaux.

Or, pour augmenter le taux de participation, ne serait-ce que d’un point de pourcentage, «il faut convaincre 61 000 personnes de plus d’aller voter», a-t-il noté, pour illustrer l’ampleur du défi.

Pas moins 6,1 millions de Québécois auront le droit de voter le 1er octobre.

M. Reid a dit estimer que le budget publicitaire de 3,8 millions $, soit de 600 000 $ supérieur à celui de la dernière élection, paraissait un investissement justifié si on tient compte qu’il vise 6,1 millions d’électeurs. «Le défi qu’on a: on veut que nos messages portent, on veut qu’ils se démarquent des publicités des autres annonceurs», a-t-il fait valoir, conscient qu’il n’a que quelques semaines à sa disposition pour atteindre l’objectif.

M. Reid dit que le Québec vit actuellement une «profonde transformation démographique». Lors du prochain scrutin, dans un mois, les 18-39 ans représenteront le tiers de l’électorat.

Selon M. Reid, le système d’éducation (du secondaire à l’université) devrait aussi faire davantage pour «outiller» les jeunes, dès le début de l’adolescence, à mieux comprendre leur rôle de citoyen et mieux connaître le système politique québécois.

Notamment, «il faut améliorer les outils qui sont déjà en place» dans les écoles, selon lui.