La Mauricie aura encore son ministre sous un gouvernement libéral, a assuré, mardi, Philippe Couillard.

«La Mauricie aura une place très importante»

TROIS-RIVIÈRES — La déclaration de Philippe Couillard avait de quoi faire saliver les quatre députés sortants de la région qui l’accompagnaient mardi dans les bureaux du Nouvelliste: la Mauricie aura encore son ministre sous un gouvernement libéral.

«C’est la moindre des choses», a affirmé le chef libéral qui, contrairement à ses homologues des autres partis, était accompagné de son équipe régionale pour l’entrevue éditoriale, soit Pierre Giguère, Pierre Michel Auger, Marc H. Plante et Jean-Denis Girard.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, était entouré de son équipe de candidats libéraux de la Mauricie lors de sa rencontre avec l’équipe éditoriale du Nouvelliste, soit Pierre Giguère, Pierre Michel Auger, Jean-Denis Girard et Marc H. Plante.

D’ailleurs, il ne cache pas que dans l’éventualité d’une victoire majoritaire, son futur cabinet serait élargi avec, entre autres, la création d’un ministère des Régions et de la Vitalité du territoire dédié notamment à accélérer le développement des infrastructures performantes. L’objectif? Rendre accessibles Internet haute vitesse et très haute vitesse et la téléphonie cellulaire partout sur le territoire québécois d’ici 2020. Car, selon lui, quand un gouvernement restreint le nombre de ministres, «il y a plein de dossiers qui passent dans les craques».

«Je suis très fier de mon équipe et dans un deuxième mandat, la Mauricie aura une place très importante», a-t-il promis.

Quand on lui demande s’il s’ennuie de Julie Boulet, il dit regretter le redécoupage électoral qui aura fait disparaître la circonscription de Laviolette. «On n’a pas de projet de réforme électorale sur notre table à dessin, ce qui serait défavorable pour les régions, avec un nombre moindre de circonscriptions et deux sortes de députés. C’est une question de principe», soutient-il.

Par ailleurs, Philippe Couillard croit que la Mauricie a tout ce qu’il faut au plan de l’innovation pour devenir «une sorte de Silicon Valley au Québec», avec le DigiHub de Shawinigan et l’UQTR, sans négliger pour autant la forêt, l’agriculture et les histoires à succès comme Kruger.

Qu’en est-il du fameux Fonds de diversification économique dans lequel il reste 70 millions de dollars sur une enveloppe initiale de 200 millions de dollars? «Je suis assez favorable de le prolonger», a-t-il fait savoir.

Même si la CAQ domine les sondages régionaux et que certaines rumeurs envoient déjà Sonia LeBel, dans Champlain, comme future vice première ministre d’un gouvernement Legault, Philippe Couillard entend mettre «tous les efforts» pour conserver les quatre comtés de la Mauricie en démontrant «d’où on est parti et où on est rendu» et en misant sur des engagements nationaux qui seront aussi bénéfiques à la région, comme la gratuité du transport collectif pour les aînés et les étudiants ou encore, le stationnement gratuit ou limité à sept dollars par jour dans les établissements de santé.

«Les électeurs ont le choix entre quelqu’un qui a réalisé quatre budgets équilibrés et créé 215 000 emplois et quelqu’un qui n’est pas capable de présenter un cadre financier qui se tient, ni d’expliquer aucune de ses politiques phares», fait remarquer celui pour qui la politique d’immigration de François Legault «ne tient pas debout».

À son avis, son adversaire caquiste échoue le test de la compétence et de la confiance en niant l’existence de la pénurie de main-d’œuvre et en se prononçant très tardivement pour la gestion de l’offre tout en ayant dans son équipe Youri Chassin qui était contre.

Or, Philippe Couillard propose de relever le défi de la main-d’œuvre en agissant sur quatre plans: l’éducation, la participation, l’automatisation et l’immigration.

Ainsi, pour aller encore plus loin en matière d’éducation et de formation de la main-d’œuvre, dans un second mandat, il rendra la formation technique et professionnelle plus accessible et attrayante sur l’ensemble du territoire et l’adaptera aux besoins en main-d’œuvre des régions afin que des travailleurs puissent être formés et qualifiés dans des domaines qui contribueront à la vitalité et au développement économique de ces milieux.

«Pour la formation professionnelle et technique, il faut baisser le nombre minimum d’élèves pour offrir le cours», suggère-t-il tout en prônant une immigration bien ciblée pour répondre aux besoins identifiés dans les sous-régions.

Alors que le Parti québécois propose d’ouvrir des cafés cannabis, Philippe Couillard rappelle que les règlements sont les mêmes que pour le tabac. «Justin Trudeau avait pris comme engagement de légaliser le cannabis, mais on est pris avec l’organisation de tout ça. Il faut aller lentement et être prudent», explique-t-il.

Interrogé sur des dossiers qui touchent le comté caquiste de Nicolet-Bécancour, le chef libéral s’est montré peu loquace. Ainsi, pour le doublement de l’autoroute 55, il s’est contenté de dire que cela devait être fait par étape. «On va travailler ça après l’élection, mais ça prend des années», a-t-il avoué.

Quand on lui souligne que le parc industriel de Bécancour a vu bon nombre de grands projets annoncés ne jamais voir le jour, il a évoqué des «raisons de marché». «Je vois beaucoup de potentiel dans ce parc-là», a-t-il lancé.

Finalement, ce dernier croit toujours que le projet d’un train à grande fréquence à Trois-Rivières «est à faire si le fédéral est sérieux».

Même s’il reconnaît que dans le contexte politique d’aujourd’hui, c’est difficile pour les gouvernements sortants de faire face à ce goût pour le changement, M. Couillard dit convaincre les électeurs en leur posant deux questions: «qu’est-ce qui ne va pas bien? Et changer pour qui?».

Le chef libéral Philippe Couillard a conclu sa visite dans la région en prenant part, en fin de journée mardi, à un rassemblement avec des militants dans le secteur Grand-Mère à Shawinigan. Une centaine de personnes s’étaient déplacées pour rencontrer le premier ministre, qui était notamment accompagné du député sortant et candidat libéral dans la circonscription de Laviolette – Saint-Maurice, Pierre Giguère. Avant de remonter dans son autobus de campagne, le leader a pris la parole devant la foule conquise d’avance. On le voit ici en compagnie de Pierre Giguère et de l’ancienne mairesse de Shawinigan, Lise Landry.