Plusieurs dizaines de représentants de groupes communautaires du Québec occupaient la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch, jeudi.

Des groupes communautaires du Québec interpellent les chefs pour plus de financement

Des représentants des groupes communautaires du Québec sont dans la rue pour se faire entendre des chefs de partis politiques qui participeront à un débat jeudi soir. Ils réclament un meilleur financement et un réinvestissement massif de l’État dans les services sociaux.

Jeudi, ils étaient plusieurs dizaines à bloquer la rue Saint-Joseph dans la capitale. Certains ont également participé à une série de mobilisations éclair («flashmobs») pour diffuser leurs demandes dans la population.

«Il y a des actions un peu partout au Québec», note Caroline Toupin, porte-parole national de la campagne Engagez-vous pour le communautaire. Que ce soit à Montréal, dans l’Outaouais, dans le Bas-Saint-Laurent ou la Côte-Nord, les quelque 4000 organismes espèrent que leurs voix porteront jusqu’aux politiques en quête de votes.

Les réductions budgétaires imposées au réseau de la santé et des services sociaux ont forcé beaucoup de personnes à se tourner vers leurs organismes, ajoute Anne-Valérie Lemieux-Breton, du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (REPAC 03-12). Sauf que les budgets sont gelés. «Il faut faire plus avec moins.»

Faute de fonds, certains groupes doivent refuser d’aider des personnes démunies, affirme Mme Toupin. «On est obligé de couper des heures. On voit même de plus en plus d’organismes fermer.»

C’est le filet social qui s’effiloche, regrette Mme Lemieux-Breton. Elle estime qu’il faudrait au moins 475 millions de nouveaux dollars pour requinquer le réseau communautaire.

«On a été non indexé pendant 10 ans», déplore-t-elle. «Le personnel des organismes communautaires est épuisé. Tu vis dans la pauvreté en travaillant dans beaucoup de groupes communautaires.»

Mme Toupin souhaite maintenant que les candidats aux élections remettront à l’avant-plan des thèmes peu exploités depuis le début de la campagne électorale : l’itinérance, le logement, les femmes, la pauvreté, l’environnement, la santé mentale, par exemple. «C’est comme si ça n’existe pas.»

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