Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard

Couillard refuse de dévoiler la teneur de sa conversation avec Ouellette

EAST ANGUS — Le chef libéral Philippe Couillard a refusé, jeudi, de dévoiler la teneur de la conversation qu’il a eue avec son candidat dans Chomedey, Guy Ouellette, accusé par la Coalition avenir Québec (CAQ) d’être une taupe.

Au Jour 36 de la campagne électorale, la pression était vive sur M. Couillard pour qu’il confirme l’information véhiculée par la CAQ, selon laquelle M. Ouellette a fourni des informations compromettantes sur le Parti libéral du Québec (PLQ) aux caquistes en 2016.

M. Couillard a d’abord expliqué, en matinée, être incapable de rejoindre son candidat, car il ne retournait pas ses appels.

«Si je compose un numéro de téléphone et qu’il n’y a pas de réponse, je ne vois pas ce que je peux faire de plus, a-t-il lancé. Ce matin de bonne heure on a commencé à lui laisser des messages, hier soir également.»

Devant les journalistes, il a vanté «le dévouement, l’ardeur et la fougue» de M. Ouellette, avant de regagner son autobus de campagne et d’annoncer par le biais de son attachée de presse avoir réussi à rejoindre son candidat.

Relancé par les journalistes lors d’un arrêt à East Angus, en Estrie, M. Couillard a alors refusé de répondre aux questions et a tourné les talons.

M. Ouellette est-il une taupe? A-t-il admis les faits avancés par le chef caquiste François Legault, comme quoi il a trahi son propre parti? Et l’importance de la loyauté?

Pas plus de réponses de la part de M. Couillard à Victoriaville. «Ce qui est important, c’est la conclusion de notre conversation, [...] que M. Ouellette est entièrement tourné vers le succès électoral à Chomedey, à Laval et pour tout le Québec. Pour moi, c’est ce qui compte», s’est-il borné à répéter.

M. Couillard affirme avoir confiance en M. Ouellette, et a assuré, jeudi, que si le PLQ forme le prochain gouvernement et que M. Ouellette est réélu, ce dernier fera partie de son caucus.

Pendant ce temps, M. Legault s’est défendu d’avoir divulgué l’identité de sa source au grand jour. En 2016, M. Ouellette a fourni des renseignements compromettants sur une nomination controversée des libéraux. Il s’agissait de courriels qui faisaient état des liens présumés entre un haut fonctionnaire, Pietro Perrino, et un homme d’affaires, Luigi Coretti.

Jeudi, M. Legault a affirmé qu’il a balancé sa source, M. Ouellette, parce que la question lui a été posée et parce que c’est la vérité.